Asexualité : une réalité toujours incomprise

Publié le 13 mai 2020 dans la catégorie Points de repères sexo

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Si tant de personnes courent vers une sexualité épanouie, d’autres restent totalement indifférents au sexe. Ne relevant d’aucune maladie psychiatrique, l’asexualité touche plus de 1 % de la population qui affirme leur présence et réclame la compréhension de la société.

Une préférence sexuelle parmi d’autres

C’est à la fin des années 70 que l’asexualité a été mise en évidence. En 1977, Myra Johnson, thérapeute à l’hôpital de Houston (Texas), écrivait l’un des premiers articles universitaires sur le sujet : « Femmes asexuées et autoérotiques : deux groupes invisibles ». Elle y évoquait d’une part les femmes qui n’éprouvaient aucun désir sexuel et, d’autre part, celles qui refusaient le rapport mais pratiquaient la masturbation. L’auteure se concentrait principalement sur la façon dont la culture occidentale voyait ces femmes asexuées et comment elles étaient indirectement opprimées.

Des décennies plus tard, les mentalités ont évolué. Il n’est plus question d’oppression, peut-être seulement d’incompréhension.

Déjà, il faut commencer par corriger l’erreur de Myra Johnson qui décrit ces femmes, qui pourtant pratiquent la masturbation, comme asexuées, alors que non : asexué signifie ne pas avoir de sexe… Or les personnes asexuelles ont bel et bien un sexe, et l’utilisent. Elles ne sont juste pas attirées sexuellement par les autres.

Asexualité : explication !

Une personne peut être attirée sexuellement par une autre de sexe différent. On parle d’hétérosexualité. L’attirance entre deux individus du même genre est qualifiée d’homosexualité.

Certaines personnes ressentent une envie sexuelle, mais ne ressentent pas d’attirance sexuelle envers les autres : ce sont les personnes sexuelles.

L’asexualité n’est pas une maladie. Pourtant, il est difficile pour les asexuels de trouver une place dans une communauté où le sexe prime.

Et les raisons de cette tendance sexuelle ?

Les raisons qui poussent une personne à s’adonner à cette orientation sexuelle restent floues à ce jour. Les experts estiment qu’elle varie d’un individu à un autre. Certaines études suspectent la mise en jeu des facteurs génétique dans le mécanisme. Pour d’autres, un phénomène survenant au cours de la vie intra-utérine pourrait être la source de cette orientation.

Asexualité et abstinence : quelle différence ?

Grand nombre de gens confondent abstinence et asexualité, pourtant ce sont deux concepts différents. L’abstinence est un choix volontaire qui repose sur des raisons personnelles ou parfois religieuses comme le cas des prêtres. Ces personnes ressentent le désir d’avoir des relations sexuelles, mais n’y succombent pas pour ne pas aller à l’encontre de leurs convictions.

D’ailleurs, ils optent pour une mode de vie particulière dans le but de fuir les tentations. À l’inverse, un asexuel peut avoir des envies de sexe, mais il ne ressentira pas d’attirance sexuelle envers les autres. Cependant, il faut préciser qu’un asexuel a des sentiments. Il peut tomber amoureux, ressentir une attirance psychique ou avoir besoin d’affections. Aussi, cette orientation ne prive pas les désirs autoérotiques à l’exemple de la masturbation.

L’asexualité est accusée à tort de maladie par la société, qui a en effet du mal à comprendre que deux individus puissent avoir une relation amoureuse sans sexe. Et c’est là que se trouve le vrai problème d’un asexuel : trouver un conjoint qui consent à ne pas avoir de rapport sexuel. Toutefois, il existe des couples asexuels épanouis.

Une communauté qui sort de l’ombre

Ce vécu de la sexualité intrigue dans une société qui voit le sexe comme le « ciment du couple ». Mais l’asexualité est acceptée aujourd’hui, portée sans nul doute par l’activisme des associations et communautés qui militent pour la non-discrimination des différences sexuelles.

Depuis les années 2000, les asexuels ont en effet leurs communautés, forums de discussions et réseaux, comme le réseau « AVEN », « Asexual Visibility and Education Network », initié en 2001 par l’Américain David Jay, ou la Communauté Asexuelle de Montréal fondée par Isabelle Stephen.

Ils ont leur symbole d’appartenance : un anneau noir porté sur le majeur de la main droite. Ils ont leur slogan, « L’asexualité : ce n’est plus seulement pour les amibes », qui s’imprime sur des tee-shirts. Ils ont un drapeau, choisi en août 2010 grâce à un système de vote en ligne : ses couleurs sont noir, gris, blanc et violet. Les asexuels sont intégrés dans des séries télé, sont les héros de romans, au centre de spectacles et de comédies.

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Drapeau de la fierté asexuelle (Asexual Pride Flag)

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