Sexoblogue.fr : Des conseils d’experts pour une sexualité épanouie

Dr Arnaud ZELERCatherine TROADEC

Lien entre dépression et dysfonctions sexuelles

27 octobre 2026 dans Maladies et sexualité by et

Le lien entre dépression et dysfonctions sexuelles a été largement démontré123.

Cependant, le dépistage et la prise en charge des troubles de l’humeur, tout comme le dépistage et la prise en charge des troubles sexuels, sont tous les deux des situations complexes pour le soignant, comme pour le patient :

  • Déjà, parce que ces difficultés, que ce soit la dépression ou la dysfonction sexuelle, sont encore taboues et vécues comme honteuses par un grand nombre de patients
  • Ensuite, parce que le diagnostic de ces 2 types de pathologies est uniquement clinique : il n’existe pas d’examen complémentaire (prise de sang ou imagerie) qui permette de confirmer un diagnostic de syndrome dépressif caractérisé ou une dysfonction sexuelle. Il faut donc se fier au ressenti et à l’interrogatoire du patient, souvent chronophage, et à condition que celui-ci se sente suffisamment à l’aise pour se confier.
  • Enfin, la prise en charge de ces difficultés, que ce soit par le biais médicamenteux (antidépresseurs pour la dépression, IPDE-5 pour les troubles de l’érection, etc) ou non médicamenteux (soutien psychologique, psychothérapie ou sexothérapie), fait parfois l’objet de résistances de la part du patient qui redoute (et à juste titre) des effets secondaires, ou qui refuse de se voir comme un malade qui a besoin d’un traitement.

De plus, le lien entre dépression et difficultés sexuelles est tellement étroit qu’il est parfois difficile de distinguer lequel est la cause et lequel est la conséquence de l’autre.

En effet : 

  1. La sexualité est souvent altérée par la dépression elle-même
  2. La dysfonction sexuelle peut être à l’origine ou renforcer un syndrome dépressif
  3. Une dysfonction sexuelle peut être causée par le traitement de la dépression
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Références

  1. Östman, Margareta. 2008. « Severe depression and relationships: the effect of mental illness on sexuality ». Sexual and Relationship Therapy 23 (4): 355‑63. https://doi.org/10.1080/14681990802419266.[↩]
  2. Atmaca M. Selective Serotonin Reuptake Inhibitor-induced Sexual Dysfunction: Current Management Perspectives. Neuropsychiatr Dis Treat. 2020 Apr 20;16:1043-1050. [↩]
  3. Qian Liu et Al, Erectile Dysfunction and Depression: A Systematic Review and Meta-Analysis, The Journal of Sexual Medicine, Volume 15, Issue 8, 2018, Pages 1073-1082, ISSN 1743-6095, https://doi.org/10.1016/j.jsxm.2018.05.016.[↩]
Dr Arnaud ZELERCatherine TROADEC

Ménopause et sexualité

18 octobre 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité by et

Il existe une confusion importante dans l’imaginaire populaire, mais également dans celle des soignants, entre période de procréation et période d’activité génitale.

Un grand nombre de personnes pensent que la ménopause, qui signe l’arrêt de la fonction procréatrice chez la femme, sera également source d’une diminution, voire d’un arrêt, de la fonction sexuelle.

Ce n’est pas le cas, et les études montrent que la sexualité des femmes ménopausées, lorsqu’elles ne présentent pas de pathologies liées à la ménopause, reste le plus souvent stable, voire améliorée, et peut même devenir un élément important de la qualité de vie.

Il existe cependant deux cas sur lesquels les soignants doivent rester vigilants à l’approche de cette période critique dans la vie d’une femme :

  • l’apparition de signes climatériques invalidants, qui auront un retentissement négatif sur la qualité de vie, la sexualité et le couple,
  • la période de remise en question (appelée « crise du milieu de vie » ou « crise de la cinquantaine ») parfois associée, et qui doit être prise en charge pour assurer au mieux le maintien en bonne santé
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Muriel BACCIGALUPO

La polyarthrite rhumatoïde et ses répercussions sur la santé sexuelle

12 octobre 2026 dans Articles invités, Maladies et sexualité by

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie inflammatoire qui touche plusieurs articulations.

Comme toute maladie chronique, celle-ci peut perturber la santé sexuelle et la qualité de vie des patients qui en sont atteints. Cette réalité reste pourtant sous-évaluée en pratique clinique.

Les raisons évoquées par les acteurs de santé en rhumatologie sont la contrainte de temps, le sentiment d’être mal à l’aise avec les problèmes sexuels et les interrogations sur leur rôle et leur compétence dans ce domaine de la santé sexuelle1.

A ce titre, le Ministère de la Santé dans son Plan de Stratégie en Santé Sexuelle 2017/2030 recommande non seulement de prendre en compte l’impact des maladies chroniques sur la vie sexuelle des patients, mais appelle aussi à la formation des intervenants et à la mise en œuvre de soins de support2. 

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Références

  1. Perdriger A, Solano C, Gossec L. Pourquoi les rhumatologues devraient-ils s’intéresser à la sexualité des patients souffrant d’une polyarthrite rhumatoïde ? Revue du rhumatisme 77 (2010) 415-417.[↩]
  2. Ministère de la Santé. Plan de stratégie en santé sexuelle 2017-2030[↩]
Dr Arnaud ZELERCatherine TROADEC

Comment améliorer la santé sexuelle des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ?

11 octobre 2026 dans Points de repères sexo by et

L’orientation sexuelle fait partie de l’identité sexuelle, et aucune orientation sexuelle n’est anormale.

Cependant, les études montrent que les populations qui ont des relations homosexuelles ont des facteurs de vulnérabilité plus importants, qui méritent d’être détaillés et pris en compte pour une meilleure santé sexuelle.

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Catherine TROADEC

Prise en charge des difficultés sexuelles chez les patients souffrant de troubles psychiatriques

10 octobre 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité by

Un certain nombre d’études montrent que les patients souffrant de troubles psychiatriques sont plus fréquemment atteints par des troubles sexuels que dans la population générale.

Cela est d’autant plus important que le nombre total de patients concernés par ces troubles est très certainement sous-estimé, une grande partie des patients ont en effet du mal à aborder le sujet de l’intimité avec leur médecin.

Nombreux sont les professionnels de santé, médecins généralistes, psychiatres ou psychologues qui n’abordent pas suffisamment le sujet de la sexualité avec leurs patients, ou bien qui le font de manière superficielle et expéditive1.

Pourtant, une sexualité épanouie contribue grandement au bien–être des patients en psychiatrie. Le traitement efficace de leurs troubles sexuels doit donc faire partie intégrante de la prise en charge de leur pathologie mentale. 

Chez les malades souffrant de troubles psychotiques, les difficultés d’ordre sexuels sont extrêmement fréquentes, surtout chez les patients non-hospitalisés : jusqu’à 50% des femmes et 70% des hommes.

Les répercussions des pathologies psychiatriques sur la sexualité sont généralement induites par les traitements neuroleptiques (médicaments utilisés dans la prise en charge des troubles psychiatriques) et, de ce fait, sont souvent sources d’inobservance médicamenteuse. Ils peuvent donc être responsables d’échec thérapeutique et de rechutes ! C’est pour cela qu’il est primordial d’en tenir compte lors de la prise en charge des patients en psychiatrie.

Si vous préférez lire cet article sous forme d’une publication Instagram illustrée, suivez ce lien : https://www.instagram.com/p/CMWcAIfIbbk/

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Références

  1. Christophe Dallon, Georges Abraham, Rev Med Suisse 2009; volume 5. 635-637, https://www.revmed.ch/RMS/2009/RMS-195/Psychose-et-sexualite[↩]
Nicolas CESSON

De la honte au plaisir : ce que près de 3 000 témoignages racontent du squirting

1 octobre 2026 dans Articles invités by

En 2021, nous avions relayé l’appel à participation de Nicolas Cesson, qui souhaitait mieux comprendre ce que vivent les femmes fontaines et leurs partenaires. Près de 3 000 personnes ont participé à son enquête. Nous lui redonnons aujourd’hui la parole pour partager ce que leurs témoignages lui ont appris et présenter le livre qu’il en a tiré, Squirting : Au-delà du mystère et du tabou.

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Dr Arnaud ZELER

Les spécificités de la prise en charge des troubles sexuels liés au vieillissement

1 octobre 2026 dans Journées de santé, Points de repères sexo by

L’espérance de vie des séniors ne cesse de s’allonger, et le maintien de la sexualité est un sujet qui les préoccupent de plus en plus. En effet, les hommes et les femmes qui étaient âgés de 18 à 28 ans en mai 1968, et qui ont donc participé à la révolution sexuelle, sont aujourd’hui ceux et celles qui sont âgés de 70 à 80 ans, et beaucoup d’entres eux sont en demande d’informations pour pallier aux difficultés qu’ils peuvent rencontrer concernant le maintient de leur sexualité.

Cependant, les praticiens ont souvent tendance à négliger cet aspect de la vie des séniors à cause des tabous et de fausses croyances. Beaucoup pensent en effet que la baisse de l’activité sexuelle est une chose toute à fait normale avec l’âge, et qu’il est inutile de s’y attarder. 

Pourtant, quand on sait qu’une bonne santé sexuelle est l’un des garants d’un bon « état de bien-être physique, émotionnel, mental et social », on peut mettre en doute ce préjugé. En effet, une bonne santé sexuelle peut améliorer considérablement la qualité de vie d’un patient sénior. Pour cela, il est important d’évaluer et de traiter le symptôme sexuel à ses origines. Celui-ci peut en effet être le signe d’appel d’un pathologie organique ou psychiatrique sous-jacentes. 

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Dr Arnaud ZELER

Cancer du sein : quels retentissements sur la sexualité ?

1 octobre 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité by

Le cancer du sein est le cancer féminin le plus fréquent, avec un pronostic vital qui a longtemps été assez sombre. Mais depuis 2008, grâce à un diagnostic et une prise en charge thérapeutique précoce, la Haute Autorité de Santé (HAS) note une diminution du taux de mortalité de 1,3 % par an1.

Malheureusement, même si on survit désormais beaucoup plus à ce cancer, et même si la qualité de vie générale des femmes qui ont survécu au cancer du sein est comparable à celle des groupes de contrôle, la vie sexuelle fait exception2.

De plus, les effets du cancer du sein, ainsi que ses traitements, ne sont pas sans conséquences, avec une répercussion qui n’est pas négligeable sur la sexualité.

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Références

  1. https://www.frm.org/recherches-cancers/cancer-du-sein/les-cancers-du-sein-en-chiffres[↩]
  2. Mattias Neyt et Johan Albrecht, « The Long-Term Evolution of Quality of Life for Disease-Free Breast Cancer Survivors: A Comparative Study in Belgium », Journal of Psychosocial Oncology 24, no 3 (novembre 2006): 89‑123, https://doi.org/10.1300/J077v24n03_05[↩]
Dr Arnaud ZELER

Santé cardiaque et santé sexuelle : un lien indissociable

29 septembre 2026 dans Actualités by

La santé sexuelle et la santé cardiaque sont deux dimensions de la santé souvent perçues comme distinctes, mais elles sont étroitement liées, et les troubles dans l’une peuvent révéler des dysfonctionnements dans l’autre, aussi bien les hommes que les femmes.

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Dr Arnaud ZELER

ScoreContraceptif.info : comparer l’efficacité réelle des méthodes contraceptives

26 septembre 2026 dans Actualités by

ScoreContraceptif.info est une calculatrice destinée à comparer l’efficacité contraceptive des principales méthodes disponibles. Elle met en regard l’efficacité observée lorsque la méthode est utilisée de façon correcte et régulière, et l’efficacité observée en utilisation courante, lorsque des oublis, retards, erreurs de pose ou interruptions peuvent survenir.

Cette distinction change la lecture du risque. Une méthode peut avoir une très bonne efficacité pharmacologique ou mécanique et donner des résultats moins favorables dans la vie quotidienne lorsque son efficacité dépend fortement de l’utilisateur ou de l’utilisatrice. Les données d’efficacité contraceptive sont généralement exprimées en probabilité de grossesse au cours de la première année d’utilisation.1

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Références

  1. Organisation mondiale de la Santé, Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, « Family Planning: A Global Handbook for Providers », édition 2022, https://cdn.who.int/media/docs/default-source/reproductive-health/contraception-family-planning/family-planning-a-global-handbook-for-providers-2022.pdf[↩]