Produits ultra-transformés, métabolisme et santé sexuelle
21 juillet 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité par Dr Arnaud ZELER
Lorsqu’une personne consulte pour une difficulté sexuelle ou des difficultés à concevoir, l’alimentation est rarement explorée de façon approfondie au cours de l’entretien. Les antécédents, les traitements, le bilan hormonal, les facteurs vasculaires ou métaboliques, le stress et la relation de couple sont généralement explorés. Les habitudes alimentaires, l’activité physique, le sommeil, le tabac et les autres substances sont souvent abordés par quelques questions générales. Or, la composition de l’alimentation peut influer sur le poids, la glycémie, le profil lipidique et la santé vasculaire, autant de paramètres qui comptent dans la fonction sexuelle. Des travaux récents suggèrent également un effet sur certains marqueurs hormonaux et spermatiques.12
Les travaux consacrés à la junk food et aux produits ultra-transformés permettent aujourd’hui de préciser certains de ces liens. Dans un essai contrôlé mené en 2019, 20 adultes ont consommé successivement une alimentation ultra-transformée et une alimentation peu ou pas transformée. La phase ultra-transformée a augmenté l’apport énergétique d’environ 500 kcal par jour et le poids de 0,9 kg en deux semaines.3 Une étude croisée publiée en 2025 chez 43 hommes a observé une augmentation du poids et de certains marqueurs du métabolisme lipidique dans les deux conditions d’apport énergétique prévues par le protocole. Dans certaines conditions expérimentales, l’alimentation ultra-transformée a aussi diminué la concentration de l’hormone folliculo-stimulante (FSH), impliquée dans la spermatogenèse. La diminution de la motilité totale des spermatozoïdes restait une tendance et non un résultat démontré.2 Le désir, l’excitation, l’orgasme, les douleurs pendant l’activité sexuelle et la satisfaction sexuelle ont encore été peu étudiés dans ce domaine. En consultation, ces données biologiques prennent leur sens aux côtés de l’histoire sexuelle, du vécu corporel, des traitements et du contexte relationnel.
Points clés
- La junk food est une notion courante sans définition scientifique unique. Le groupe 4 de la classification NOVA désigne les produits ultra-transformés selon leur formulation et les procédés employés pour les fabriquer.
- Dans un essai contrôlé, une alimentation riche en produits ultra-transformés consommée à volonté a entraîné un apport énergétique supérieur d’environ 500 kilocalories par jour et une prise de poids de 0,9 kg en deux semaines.
- Un essai publié en 2025 chez 43 hommes a observé des modifications du poids, du métabolisme lipidique et de certains marqueurs hormonaux. La diminution de la motilité totale des spermatozoïdes restait une tendance statistique.
- Les effets directs sur le désir, l’excitation, l’orgasme, les douleurs pendant l’activité sexuelle et la satisfaction restent peu étudiés. En consultation, l’alimentation s’évalue avec les autres facteurs médicaux, psychosexuels et relationnels.
Références
- European Association of Urology. Management of erectile dysfunction. EAU Guidelines on Sexual and Reproductive Health, édition 2026. Lire la recommandation[↩]
- Preston JM, Iversen J, Hufnagel A, et al. Effect of ultra-processed food consumption on male reproductive and metabolic health. Cell Metabolism. 2025;37(10):1950-1960.e2. https://doi.org/10.1016/j.cmet.2025.08.004[↩][↩]
- Hall KD, Ayuketah A, Brychta R, et al. Ultra-processed diets cause excess calorie intake and weight gain: an inpatient randomized controlled trial of ad libitum food intake. Cell Metabolism. 2019;30(1):67-77.e3. https://doi.org/10.1016/j.cmet.2019.05.008[↩]
























