Sexoblogue.fr : Des conseils d’experts pour une sexualité épanouie

Dr Arnaud ZELER

Produits ultra-transformés, métabolisme et santé sexuelle

20 juillet 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité par

En sexologie, l’alimentation mérite d’être abordée pour ce qu’elle peut modifier dans l’organisme : le poids, la glycémie, les lipides sanguins, la santé vasculaire et certains marqueurs de la fonction reproductive. Ces éléments participent à l’évaluation d’une difficulté érectile ou d’un projet de grossesse qui n’aboutit pas. En pratique, l’entretien explore souvent avec précision les traitements, les hormones ou le stress. Les repas, l’activité physique, le sommeil, le tabac et les autres substances ne sont parfois évoqués qu’en quelques mots.1

Les recherches consacrées à la junk food et aux produits ultra-transformés apportent des informations utiles, à condition de regarder ce qu’elles ont réellement mesuré. Les essais portent surtout sur l’apport énergétique, le poids, les paramètres métaboliques, certaines hormones et des marqueurs spermatiques. Le désir, l’excitation, l’orgasme, les douleurs et la satisfaction sexuelle restent très peu étudiés dans ce domaine. La santé sexuelle apparaît donc à la rencontre de données directes, encore limitées, et de facteurs vasculaires, métaboliques ou reproductifs déjà mieux connus.

Junk food, qualité nutritionnelle et ultra-transformation

« Junk food » est une expression courante, sans définition scientifique unique. Elle désigne habituellement des aliments ou des repas recherchés pour leur goût, leur prix ou leur facilité d’accès, souvent riches en énergie, en sel, en sucres ou en graisses et pauvres en fibres. Un hamburger, une pizza ou un dessert peuvent toutefois être préparés avec des ingrédients et des procédés très différents. Le nom du plat ne suffit pas à décrire sa qualité nutritionnelle ni son degré de transformation.

La classification NOVA propose un autre regard. NOVA est un nom propre choisi par ses auteurs ; ses lettres ne développent aucune expression. Elle répartit les aliments en quatre groupes selon la nature, l’ampleur et la finalité de leur transformation. Son groupe 4 réunit les produits ultra-transformés : des formulations industrielles qui associent généralement des substances extraites ou dérivées d’aliments, des additifs et des procédés destinés à modifier le goût, la texture, la conservation ou la facilité d’emploi. La liste des ingrédients et le mode de fabrication déterminent le classement. Une recette biologique, végétale ou vendue sous une image « saine » peut ainsi appartenir au groupe 4.23

Le Nutri-Score renseigne sur le profil nutritionnel ; NOVA décrit le degré de transformation. Une analyse de la base Open Food Facts a retrouvé des produits NOVA 4 dans toutes les catégories du Nutri-Score. Ces outils répondent à des questions différentes et doivent être lus avec l’ensemble de l’alimentation, la fréquence de consommation et la taille des portions.4

Ce que montrent les essais chez l’être humain

En 2019, une équipe des National Institutes of Health américains a accueilli vingt adultes pendant quatre semaines dans une unité de recherche clinique. Chaque personne a suivi successivement deux semaines d’alimentation ultra-transformée et deux semaines d’alimentation non transformée. Les menus proposés étaient comparables pour les calories, les macronutriments, le sucre, le sel et les fibres, et les participants mangeaient à volonté. Pendant la période ultra-transformée, ils ont consommé en moyenne 508 kilocalories supplémentaires par jour et pris 0,9 kg ; pendant l’autre période, ils ont perdu 0,9 kg. Cet essai établit qu’à composition nutritionnelle proposée comparable, la forme ultra-transformée des repas peut favoriser une consommation énergétique plus importante. Il ne comportait aucune mesure de la fonction sexuelle.5

Un second essai croisé, publié en 2025, a étudié 43 hommes soumis pendant trois semaines à un régime ultra-transformé puis pendant trois semaines à un régime non transformé, dans un ordre attribué au hasard. Le régime ultra-transformé s’est accompagné d’une évolution défavorable du poids et du rapport entre les fractions LDL et HDL du cholestérol, y compris lorsque l’excès calorique était pris en compte. Les chercheurs ont également observé une diminution de l’hormone folliculo-stimulante, ou FSH, qui participe à la spermatogenèse, ainsi qu’une tendance à la baisse de la motilité totale des spermatozoïdes. Ces variations portent sur des marqueurs biologiques ; l’étude n’était pas conçue pour mesurer la probabilité de concevoir un enfant ni la qualité de la vie sexuelle.6

Dans ce même essai, la concentration sanguine d’un métabolite de phtalate, le cxMINP, avait tendance à augmenter pendant le régime ultra-transformé. Les chercheurs n’ont pas identifié la source exacte de cette exposition et n’ont pas démontré qu’elle expliquait les variations hormonales ou spermatiques observées. Ce résultat constitue une piste de recherche. Il ne permet actuellement d’attribuer un trouble sexuel ou reproductif à un emballage ou à un additif précis.6

Fertilité : des signaux à interpréter avec précision

Les résultats masculins décrits en 2025 complètent les connaissances sur l’influence de l’alimentation et de l’état métabolique sur la reproduction. Une baisse de FSH ou une modification de la motilité spermatique ne suffit pas à diagnostiquer une infertilité. Le bilan d’une infertilité et son retentissement sur la sexualité reposent sur l’histoire du couple ou des partenaires, la durée du projet de grossesse, les cycles, les antécédents, l’examen et, selon la situation, le spermogramme et les explorations gynécologiques.7

Chez les femmes, une analyse transversale de l’enquête américaine NHANES a porté sur 3 601 participantes âgées de 18 à 44 ans. Après appariement statistique, 1 645 dossiers ont été comparés. Les femmes situées dans le quartile de consommation le plus élevé de produits ultra-transformés déclaraient plus souvent un antécédent d’infertilité que celles du quartile le plus faible : l’odds ratio ajusté était de 1,43, avec un intervalle de confiance à 95 % allant de 1,03 à 2,00. L’alimentation avait été estimée par un rappel des consommations des vingt-quatre dernières heures et l’infertilité par questionnaire. Comme l’exposition et l’antécédent étaient recueillis au même moment, cette étude décrit une association et ne permet pas de reconstituer l’ordre des événements ni d’établir un lien causal.8

Fonction érectile et santé métabolique

La dysfonction érectile peut associer des mécanismes vasculaires, métaboliques, hormonaux, neurologiques, médicamenteux et psychosexuels. Son évaluation recherche notamment une hypertension artérielle, une dyslipidémie, un diabète, un excès de poids, une inactivité physique, un tabagisme, des troubles de l’humeur et des difficultés relationnelles. L’alimentation prend place dans ce tableau général par ses liens avec le métabolisme et la santé cardiovasculaire.1

Les recommandations françaises associent l’éducation thérapeutique, l’amélioration du mode de vie et la prise en charge des maladies associées aux traitements spécifiques de la dysfonction érectile. Une méta-analyse publiée en 2026 a réuni seize essais randomisés et 1 477 participants. Les interventions portant sur l’alimentation, l’activité physique ou les deux amélioraient modestement les scores de fonction érectile, avec une différence moyenne de 2,35 points et un niveau de preuve jugé modéré. Les protocoles étaient très divers et aucun résultat n’isole l’effet d’une réduction des seuls produits ultra-transformés.910

Désir, plaisir et vécu corporel

Les études disponibles ne répondent presque pas aux questions que les patients posent en consultation : une alimentation très industrielle modifie-t-elle le désir, l’excitation, la lubrification, l’orgasme, les douleurs ou la satisfaction ? Les essais de Hall et de Preston n’ont pas recueilli ces dimensions, et l’étude NHANES sur l’infertilité ne les a pas davantage explorées.111213

En consultation, l’alimentation conserve une place à travers le diabète, les maladies cardiovasculaires, le surpoids et l’obésité, la fatigue, l’humeur ou l’image corporelle. Chacun de ces facteurs peut intervenir dans une plainte sexuelle et mérite sa propre évaluation. Le récit du patient reste indispensable : évolution du désir, qualité de l’excitation, présence de douleurs, contexte relationnel, médicaments, sommeil et manière dont les repas s’organisent au quotidien. Une prise en charge sérieuse évite d’attribuer toute difficulté au poids ou à l’assiette.

Comment en parler en consultation ?

Quelques questions simples donnent davantage d’informations qu’une injonction à « mieux manger ». Combien de repas sont pris dans une journée ? Sont-ils cuisinés, livrés, achetés prêts à consommer ou sautés faute de temps ? Les boissons sucrées ou alcoolisées sont-elles quotidiennes ? Le travail de nuit, la précarité, la solitude, les douleurs ou la fatigue compliquent-ils les courses et la préparation des repas ? Ces réponses permettent de proposer des changements réalisables et de repérer les situations qui nécessitent l’aide d’un médecin traitant ou d’un professionnel de la nutrition.

Le prix des aliments, l’offre disponible à proximité, les horaires de travail, l’insécurité alimentaire et les conditions sociales influencent fortement la consommation de produits ultra-transformés. Une revue systématique de 55 études nationales a retrouvé des écarts selon l’âge, le territoire, le revenu, l’insécurité alimentaire et d’autres caractéristiques sociales, avec des résultats variables d’un pays à l’autre. Le conseil clinique doit tenir compte de ces contraintes et préserver la personne de toute culpabilisation.14

Une difficulté érectile persistante justifie un entretien médical et sexuel, un examen orienté et, selon la situation, un dosage de la glycémie ou de l’hémoglobine glyquée, un bilan lipidique et un dosage matinal de la testostérone totale. Un projet de grossesse sans résultat conduit également à une évaluation adaptée à l’âge, aux antécédents, aux cycles et à la durée des essais. L’étude de l’alimentation s’ajoute à ces bilans, qui restent indispensables.17

Un enjeu clinique et collectif

Les choix individuels se forment dans un environnement où l’industrie agit sur la formulation, le prix, la disponibilité et la publicité des produits. Une série publiée dans The Lancet décrit des leviers de santé publique portant sur le marketing, l’étiquetage, la distribution, l’accessibilité économique et les environnements alimentaires. L’information donnée en consultation peut aider une personne ; la réduction de l’exposition de toute une population dépend aussi de décisions collectives.15

La part des produits ultra-transformés varie selon chaque difficulté sexuelle ou reproductive et selon l’ensemble du contexte clinique. Les essais montrent des effets sur l’apport énergétique, le poids, certains paramètres métaboliques et plusieurs marqueurs reproductifs. Ces résultats donnent une raison solide d’intégrer l’alimentation à l’histoire clinique, avec la même précision que l’activité physique, le sommeil, le tabac, les traitements et le contexte psychosexuel.

Références

  1. European Association of Urology. Management of erectile dysfunction. EAU Guidelines on Sexual and Reproductive Health, édition 2026. Lire la recommandation[][][]
  2. Monteiro CA, Cannon G, Moubarac JC, Levy RB, Louzada MLC. The UN Decade of Nutrition, the NOVA food classification and the trouble with ultra-processing. Public Health Nutrition. 2018;21(1):5-17. https://doi.org/10.1017/S1368980017000234[]
  3. Monteiro CA, Cannon G, Levy RB, et al. Ultra-processed foods: what they are and how to identify them. Public Health Nutrition. 2019;22(5):936-941. https://doi.org/10.1017/S1368980018003762[]
  4. Romero Ferreiro C, Lora Pablos D, Gómez de la Cámara A. Two Dimensions of Nutritional Value: Nutri-Score and NOVA. Nutrients. 2021;13(8):2783. https://doi.org/10.3390/nu13082783[]
  5. Hall KD, Ayuketah A, Brychta R, et al. Ultra-processed diets cause excess calorie intake and weight gain: an inpatient randomized controlled trial of ad libitum food intake. Cell Metabolism. 2019;30(1):67-77.e3. https://doi.org/10.1016/j.cmet.2019.05.008[]
  6. Preston JM, Iversen J, Hufnagel A, et al. Effect of ultra-processed food consumption on male reproductive and metabolic health. Cell Metabolism. 2025;37(10):1950-1960.e2. https://doi.org/10.1016/j.cmet.2025.08.004[][]
  7. Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Prise en charge de première intention du couple infertile. Recommandations pour la pratique clinique CNGOF 2022. Journal of Gynecology Obstetrics and Human Reproduction. 2024. Lire la recommandation[][]
  8. Su X, Chen G, Shi S, et al. Association between ultra-processed foods and female infertility: a large cross-sectional study. BMC Public Health. 2025;25:2213. https://doi.org/10.1186/s12889-025-23458-w[]
  9. Huyghe E, Kassab D, Graziana JP, et al. Therapeutic management of erectile dysfunction: the AFU/SFMS guidelines. Progrès en Urologie. 2025;35(3):102842. https://doi.org/10.1016/j.fjurol.2024.102842[]
  10. Li T, He X, Huang W, et al. Efficacy of lifestyle interventions in treating erectile dysfunction: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Sexual Medicine. 2026;23(6):qdag137. https://doi.org/10.1093/jsxmed/qdag137[]
  11. Hall KD, Ayuketah A, Brychta R, et al. Cell Metabolism. 2019;30(1):67-77.e3. Consulter l’étude[]
  12. Preston JM, Iversen J, Hufnagel A, et al. Cell Metabolism. 2025;37(10):1950-1960.e2. Consulter l’étude[]
  13. Su X, Chen G, Shi S, et al. BMC Public Health. 2025;25:2213. Consulter l’étude[]
  14. Dicken SJ, Qamar S, Batterham RL. Who consumes ultra-processed food? A systematic review of sociodemographic determinants of ultra-processed food consumption from nationally representative samples. Nutrition Research Reviews. 2024;37(2):416-456. https://doi.org/10.1017/S0954422423000240[]
  15. Scrinis G, Popkin BM, Corvalan C, et al. Policies to halt and reverse the rise in ultra-processed food production, marketing, and consumption. The Lancet. 2025;406(10520):2685-2702. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(25)01566-1[]
Dr Arnaud ZELER

Santé sexuelle des personnes trans et non binaires

14 juillet 2026 dans Points de repères sexo par

Aide-mémoire en consultation

  • Demander le prénom, les pronoms et les mots anatomiques utiles à la consultation.
  • Noter le sexe assigné à la naissance seulement lorsqu’il a une utilité médicale ou administrative.
  • Raisonner en organes présents, traitements, chirurgies, pratiques et sites exposés.
  • Proposer les dépistages des infections sexuellement transmissibles, dont celui de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), selon les pratiques sexuelles et les sites concernés.
  • Vérifier la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) et l’hépatite B.
  • Évaluer les expositions au VIH et expliquer les indications de la prophylaxie pré-exposition (PrEP).
  • Après une exposition récente nécessitant une prise en charge urgente, organiser sans délai l’évaluation d’un traitement post-exposition (TPE).
  • Aborder contraception et grossesse possible sans présumer l’identité de genre.
  • Informer sur la fertilité avant les traitements pouvant l’altérer.
  • Rechercher douleurs, sécheresse, gêne à la pénétration, saignements, troubles du désir, difficultés d’orgasme et évitement des rapports.
  • Dépister les violences, les refus de soins antérieurs et les situations de discrimination qui retardent l’accès au soin.

La santé sexuelle des personnes trans et non binaires concerne l’accès au soin, la confidentialité, la prévention des infections sexuellement transmissibles, la contraception lorsqu’une grossesse est possible, la fertilité, les douleurs, le désir, l’image corporelle, les traitements d’affirmation de genre et les conditions de l’examen clinique.

Dans ses recommandations relatives aux adultes trans, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande d’utiliser, sauf souhait contraire de la personne, le terme « personnes trans » comme terme générique. Elle définit les personnes non binaires comme des personnes dont le genre peut associer plusieurs identités de genre simultanément ou à des moments différents, relever d’un genre neutre ou évoluer au cours du temps.1

Références

  1. Haute Autorité de santé. Transidentité : prise en charge de l’adulte. Recommandation de bonne pratique, juillet 2025. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3636735/fr/transidentite-prise-en-charge-de-l-adulte[]
Dr Arnaud ZELER

Le sexe en extérieur : fantasme, réalité ou déviance ?

20 juin 2026 dans Conseils sexo par

Dans notre pratique de sexologues libéraux nous sommes constamment confrontés à la question du Désir, désir sexuel, désir au sein du couple.

Nous sommes amenés à rencontrer en consultation des individus mis à mal dans leur sexualité car très souvent sous l’influence des idées véhiculées par les médias d’une « bonne conduite sexuelle » qui, la plupart du temps, n’est pas représentative de la sexualité de la majorité d’entre nous. 

Les articles « bien-être » véhiculés par de nombreux médias nous enjoignant à avoir une sexualité toujours plus épanouie peuvent parfois créer l’exact inverse de leur but premier et conduire à des dérives, et à de fausses croyances sur la sexualité. Il est alors facile pour un bon nombre de personnes de s’imaginer que la vie sexuelle des autres est bien plus passionnante que la leur.  

Cette pratique fait le point sur un sujet régulièrement abordé dans les magazines : la pratique du sexe en extérieur ou dans un lieu insolite. C’est en effet un fantasme répandu et souvent réalisé, mais en réalité, la plupart des couples préfère le confort et l’intimité de la chambre à coucher !

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Dr Arnaud ZELER

La lubrification vaginale en questions

17 juin 2026 dans Points de repères sexo par

Qu’est-ce que la lubrification vaginale ?

La lubrification vaginale est un phénomène automatique, qui commence dans les 10 à 30 secondes après le début de l’excitation sexuelle, donc au tout début du rapport sexuel, pendant les préliminaires.

Une femme de 20 ans a en général besoin de 15 secondes pour lubrifier complètement son vagin, alors qu’une femme ménopausée mettra entre 5 et 20 minutes1.

Le lubrifiant physiologique est un liquide transparent, de la consistance du blanc d’oeuf, produit non pas par des glandes, mais par un processus de transsudat vaginal2 par le biais d’une exfiltration de plasma au travers des parois grâce à l’engorgement vasculaire.

A ce transsudat, vient s’ajouter à la fin de la phase d’excitation un liquide sécrété par les glandes de Bartholin, situées légèrement en dessous et de parts et d’autres de l’orifice vaginal, afin de participer plus spécifiquement à la pénétration (et également au maintient d’une humidité naturelle en temps normal).

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Références

  1. Roy J Levin (2003) The ins and outs of vaginal lubrication, Sexual and Relationship Therapy, 18:4, 509-513, DOI: 10.1080/14681990310001609859[]
  2. Masters W, Johnson VE. The physiology of the vaginal reproductive function. West J Surg Obstet Gynecol. 1961.[]
Catherine TROADEC

Les obstacles à la vie intime et sexuelle en EHPAD : maltraitance ou manque d’information ?

15 juin 2026 dans Formation en Santé Sexuelle, Journées de santé par

L’activité sexuelle diminue avec l’âge mais ne disparait pas

Une étude américaine montre que parmi les 75 à 85 ans, 26% déclarent être sexuellement actif1.

Cependant, la proportion de la population sexuellement active en résidence tombe à 8%.

Si l’amour fait partie du quotidien des EHPAD, rythmé par les couples qui se font et se défont, comment laisser les sentiments et la sexualité des personnes âgées s’épanouir librement ?

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Références

  1. Lindau et al. A Study of Sexuality and Health among Older Adults in the United States. N Engl J Med. 23 août 2007;357(8):762‑74. Disponible sur: http://www.nejm.org/doi/abs/10.1056/NEJMoa067423[]
Dr Arnaud ZELER

Comment minimiser l’impact négatif du surpoids et de l’obésité sur la sexualité ?

12 juin 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité par

Dans notre société où le nombre de personnes en surpoids augmente, maintenir une vie sexuelle et affective satisfaisante chez ces personnes devient un vrai challenge. En effet, les études ont démontré l’impact négatif du surpoids sur la sexualité aussi bien chez l’homme (troubles de l’érection, diminution de la taille de la verge) que chez la femme (baisse du désir, baisse de la sensibilité et du plaisir)1.

Références

  1. Ilaria Lucca et Al. Troubles sexuels masculins et obésité. Rev Med Suisse 2012; volume 8. 2327-2330. https://www.revmed.ch/RMS/2012/RMS-365/Troubles-sexuels-masculins-et-obesite[]
Dr Arnaud ZELER

Tabac, érection et fertilité masculine

31 mai 2026 dans Conseils sexo, Journées de santé par

Le tabac agit sur la sexualité masculine par des mécanismes très concrets : santé vasculaire, fonction endothéliale, tonus sympathique, inflammation, stress oxydatif, respiration, fatigue et fertilité. Une érection pénienne nécessite une arrivée rapide de sang dans les corps caverneux, un relâchement des muscles lisses et un verrouillage veineux suffisant. La fumée de tabac fragilise plusieurs étapes de ce mécanisme.

Tabac, maladies chroniques et érection
Schéma de synthèse : tabac, maladies chroniques et fonction érectile.
Catherine TROADEC

Sclérose en plaques et sexualité

30 mai 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité par

Points clefs

  • La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire auto-immune chronique du système nerveux central. Les atteintes neurologiques peuvent modifier la sensibilité génitale, l’excitation, l’orgasme, l’érection, la lubrification, la douleur et le confort corporel pendant les rapports.
  • Les troubles sexuels sont fréquents. Les méta-analyses disponibles estiment leur prévalence à environ 62,5 % chez les femmes vivant avec une SEP et 66 % chez les hommes, avec une forte variabilité selon les études.
  • L’évaluation doit distinguer les mécanismes neurologiques directs, les symptômes associés comme la fatigue ou les troubles urinaires, et le retentissement psychique, corporel ou relationnel.
  • La prise en charge peut mobiliser neurologue, médecin traitant, urologue, gynécologue, sage-femme, kinésithérapeute, ergothérapeute, psychologue, sexologue ou équipe de rééducation.
  • L’objectif est de diminuer les symptômes modifiables, d’adapter les pratiques sexuelles et de préserver une sexualité consentie, non douloureuse, compatible avec l’état de fatigue, la mobilité et les préférences de la personne.

La sclérose en plaques est une maladie neurologique chronique qui débute souvent chez l’adulte jeune. Elle accompagne parfois de longues années de vie affective, sexuelle, conjugale ou familiale. Son retentissement sexuel se comprend en décrivant ce qui se passe dans le corps et dans la relation : désir, sensations, douleur, fatigue, traitements, mobilité, troubles urinaires, humeur et vie de couple peuvent s’entremêler.

Une plainte sexuelle dans la SEP peut relever d’une atteinte neurologique directe, d’une fatigue majeure, d’une douleur, d’une spasticité, d’un trouble urinaire ou digestif, d’un traitement, d’un symptôme anxieux ou dépressif, d’une modification de l’image corporelle ou d’une difficulté relationnelle. L’entretien clinique explore ces dimensions une par une, puis précise comment elles se combinent dans la situation de la personne.

Dr Arnaud ZELER

Syndrome de l’intestin irritable et sexualité

29 mai 2026 dans Maladies et sexualité par

Points clefs

  • Le SII peut modifier la sexualité par des contraintes très concrètes : douleur, ballonnements, urgence défécatoire, constipation, fatigue, anticipation anxieuse et gêne corporelle.
  • Les études disponibles retrouvent plus souvent des difficultés sexuelles chez les personnes vivant avec un SII, même si les méthodes et les populations étudiées restent hétérogènes.
  • La consultation précise le profil digestif et le retentissement sexuel : désir, excitation, érection, lubrification, orgasme, douleurs, évitement, humeur et relation.
  • L’évaluation digestive reste le point de départ, puis la prise en charge s’adapte aux symptômes dominants et au vécu sexuel de la personne.
  • Un accompagnement sexologique, psychothérapeutique ou pelvi-périnéal peut être utile lorsque la douleur, la honte, l’anxiété ou l’évitement envahissent la vie intime.

Beaucoup de personnes parlent encore de « colopathie fonctionnelle » ou de « côlon irritable ». Dans les publications médicales récentes, le terme utilisé est syndrome de l’intestin irritable (SII). Il désigne un trouble fonctionnel intestinal chronique. En médecine, « fonctionnel » signifie que le fonctionnement d’un organe ou d’un système est perturbé, sans lésion anatomique visible qui suffise à expliquer les symptômes. Ces symptômes sont réels : douleurs abdominales, ballonnements et troubles du transit, avec des périodes de diarrhée, de constipation ou d’alternance entre les deux. La Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) rappelle que le terme « côlon irritable » est restrictif, car l’intestin grêle peut aussi participer au syndrome.1

Le SII fait partie des troubles de l’interaction intestin-cerveau. Les examens courants ne retrouvent pas de lésion expliquant l’ensemble du tableau clinique. Les symptômes n’en sont pas moins réels. Leur intensité dépend notamment de la douleur, de l’hypersensibilité viscérale, des modifications du transit, de l’alimentation, du sommeil, du stress, de l’anxiété, des antécédents infectieux, des comorbidités douloureuses et de l’histoire personnelle.2

La prévalence dépend fortement des critères diagnostiques utilisés. La SNFGE estime qu’environ 5 % de la population adulte aurait un SII en France, avec une fréquence plus élevée chez les femmes. Les méta-analyses internationales plus anciennes retrouvaient des chiffres plus élevés, souvent autour de 10 à 15 %, parce qu’elles utilisaient des définitions et des questionnaires différents.3

Références

  1. SNFGE. Syndrome de l’intestin irritable (SII).[]
  2. World Gastroenterology Organisation. Irritable bowel syndrome: a global perspective.[]
  3. Lovell RM, Ford AC. Global prevalence of and risk factors for irritable bowel syndrome: a meta-analysis. Clin Gastroenterol Hepatol. 2012.[]
Catherine TROADEC

Prise en charge des difficultés sexuelles chez les patients souffrant de troubles psychiatriques

24 mai 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité par

Un certain nombre d’études montrent que les patients souffrant de troubles psychiatriques sont plus fréquemment atteints par des troubles sexuels que dans la population générale.

Cela est d’autant plus important que le nombre total de patients concernés par ces troubles est très certainement sous-estimé, une grande partie des patients ont en effet du mal à aborder le sujet de l’intimité avec leur médecin.

Nombreux sont les professionnels de santé, médecins généralistes, psychiatres ou psychologues qui n’abordent pas suffisamment le sujet de la sexualité avec leurs patients, ou bien qui le font de manière superficielle et expéditive1.

Pourtant, une sexualité épanouie contribue grandement au bienêtre des patients en psychiatrie. Le traitement efficace de leurs troubles sexuels doit donc faire partie intégrante de la prise en charge de leur pathologie mentale. 

Chez les malades souffrant de troubles psychotiques, les difficultés d’ordre sexuels sont extrêmement fréquentes, surtout chez les patients non-hospitalisés : jusqu’à 50% des femmes et 70% des hommes.

Les répercussions des pathologies psychiatriques sur la sexualité sont généralement induites par les traitements neuroleptiques (médicaments utilisés dans la prise en charge des troubles psychiatriques) et, de ce fait, sont souvent sources d’inobservance médicamenteuse. Ils peuvent donc être responsables d’échec thérapeutique et de rechutes ! C’est pour cela qu’il est primordial d’en tenir compte lors de la prise en charge des patients en psychiatrie.

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Références

  1. Christophe Dallon, Georges Abraham, Rev Med Suisse 2009; volume 5. 635-637, https://www.revmed.ch/RMS/2009/RMS-195/Psychose-et-sexualite[]