Comment prendre en charge les comportements sexuels problématiques dans la Maladie de Parkinson ?
11 avril 2026 dans Maladies et sexualité par Dr Arnaud ZELER
![]() La Journée Mondiale de la Maladie de Parkinson a lieu chaque année le 11 avril dans le but d’aider le grand public à mieux comprendre la maladie, son fonctionnement, le rôle des traitements, les aides, les bonnes pratiques qui permettent d’améliorer le parcours de soins et plus largement le parcours de vie. Si les troubles de la fonction sexuelle sont largement reconnus et étudiés dans la Maladie de Parkinson, l’hypersexualité est un effet secondaire de la maladie et de ses traitements qui est moins connue. A l’occasion de cette Journée Mondiale, voici un article sur la prise en charge des comportements sexuels problématiques liés à la maladie de Parkinson : comment les dépister, comment les différencier, comment les prendre en charge ? |
Les dysfonctions sexuelles font partie des symptômes non moteurs fréquents de la maladie de Parkinson1.
La sexualité peut être perturbée de multiples façons : directement par la maladie elle-même ou ses comorbidités, mais aussi indirectement par les traitements médicamenteux, par les conséquences générales liées à toute pathologie chronique (fatigue, faiblesse musculaire, mobilité réduite, troubles de la concentration), ou encore par des facteurs psychosociaux comme la dépression, l’anxiété, une altération de l’estime de soi, de l’image corporelle, ou des difficultés relationnelles234.
De nombreux hommes et femmes atteints de la maladie déclarent ainsi une insatisfaction sexuelle marquée5567. Dans une étude conduite auprès de personnes vivant avec la maladie, les dysfonctions sexuelles ont été classées au 12e rang des 24 symptômes les plus gênants8.
Les difficultés sexuelles rapportées se regroupent autour de deux grands axes : d’une part, une altération de la fonction sexuelle (diminution du désir, troubles de l’érection, difficultés à atteindre l’orgasme), et d’autre part, une augmentation de la préoccupation sexuelle, parfois marquée par des comportements compulsifs ou une hypersexualité910.
Si les troubles de la fonction sexuelle sont aujourd’hui bien identifiés dans le cadre de la maladie de Parkinson, les troubles du contrôle des pulsions, comme l’hypersexualité, restent en revanche moins connus du grand public comme de certains professionnels.
Références
- Chaudhuri et al. (2006) International multicenter pilot study of the first comprehensive self-completed nonmotor symptoms questionnaire for Parkinson’s disease: The NMSQuest study. Mov Disord, 21, 916-923.[↩]
- Kotkova & Weiss (2013) Psychiatric factors related to sexual functioning in patients with Parkinson’s disease. Clin Neurol Neurosurg, 115, 419-424.[↩]
- Kummer et al. (2009) Loss of libido in Parkinson’s disease. J Sex Med, 6, 1024-1031.[↩]
- Bronner et al. (2015) Sexuality in patients with Parkinson’s disease, Alzheimer’s disease, and other dementias. Handb Clin Neurol, 130, 297-323.[↩]
- Bronner et al. (2004) J Sex Marital Ther, 30, 95-105.[↩][↩]
- Wielinski et al. (2010) J Sex Med, 7(4 Pt 1), 1438-1444.[↩]
- Bronner et al. (2014) Parkinsonism Relat Disord, 20, 1085-1088.[↩]
- Politis et al. (2010) Mov Dis, 25, 1646-1651.[↩]
- Sakakibara et al. (2001) Auton Neurosci, 92, 76-85.[↩]
- Solla et al. (2015) Mov Disord, 30, 604-613.[↩]









