Sexoblogue.fr : Des conseils d’experts pour une sexualité épanouie

Dr Arnaud ZELER

Infertilité, AMP et sexualité

25 juillet 2026 dans by

Avant même de franchir la porte d’un centre d’assistance médicale à la procréation, l’infertilité et sa prise en charge peuvent déjà bousculer la sexualité du couple. Portés par l’espoir d’une grossesse, les rapports sexuels se transforment parfois en rendez-vous programmés, réduits à la pénétration vaginale et à l’éjaculation. Le désir devient alors une obligation à une date précise, tandis que l’excitation, le plaisir ou l’orgasme passent au second plan. Les examens, les injections, les prélèvements, l’attente des résultats et les échecs successifs ajoutent une temporalité médicale à la vie intime.

L’évaluation sexologique recherche les difficultés qui peuvent réduire les chances de conception spontanée, celles qui résultent de l’infertilité et celles qui sont aggravées par le parcours d’AMP. Elle concerne la personne qui reçoit les traitements, le ou les partenaires et, lorsqu’il est distinct, le co-parent. Le vocabulaire s’adapte à la situation : organes présents, gamètes utilisés, personne qui portera la grossesse, identité de genre, pratiques sexuelles et organisation du projet parental. Une femme cisgenre, un homme trans ou une personne non binaire peuvent avoir des ovaires ou un utérus ; une personne qui produit des spermatozoïdes n’est pas nécessairement un homme.

Points clefs

  • L’infertilité est habituellement définie par l’absence de grossesse après douze mois de rapports vaginaux réguliers sans contraception. Un bilan est proposé plus tôt après 35 ans ou en présence d’un facteur de risque.
  • Le terme légal français est « assistance médicale à la procréation » ou AMP. « Procréation médicalement assistée » et PMA restent courants dans le langage usuel.
  • La FIV est une technique d’AMP parmi d’autres. Elle associe stimulation ovarienne, ponction d’ovocytes, fécondation au laboratoire, culture embryonnaire puis transfert d’un embryon frais ou congelé.
  • Les probabilités de naissance varient avec l’âge, la cause de l’infertilité, la technique et le nombre de transferts issus d’une ponction. Un taux par transfert ne correspond pas à la probabilité individuelle d’avoir un enfant.
  • Le bilan explore simultanément les facteurs ovariens, tubaires, utérins, spermatiques et sexuels. Une infertilité inexpliquée reste un diagnostic d’exclusion ; elle ne constitue pas une infertilité « psychologique ».
  • Le parcours peut réduire le désir, le plaisir, la spontanéité et la satisfaction sexuelle chez tous les partenaires. La sexualité doit être abordée avant, pendant et après l’AMP.
  • La programmation des rapports peut susciter pression, évitement, difficulté d’érection ou d’éjaculation, sécheresse, douleur et culpabilité. L’absence de désir au moment imposé par le calendrier ne mesure ni l’amour ni l’investissement dans le projet parental.
  • Certains protocoles hormonaux peuvent modifier directement la libido, l’humeur ou le confort génital. Les injections, la fatigue, les ovaires augmentés de volume, les traitements vaginaux et la peur de compromettre le résultat ont également un effet sur la sexualité.
  • Le soin s’adresse aux femmes cisgenres, aux hommes trans, aux personnes non binaires et à toute personne concernée par son anatomie ou son rôle dans le projet. Le genre, l’orientation sexuelle et la structure relationnelle ne se déduisent jamais des gamètes ou des organes.
  • Un trouble sexuel se traite avec l’accord de la personne. L’accès aux soins de fertilité ne doit jamais être conditionné à une pénétration, à une thérapie de couple ou à une conformité conjugale.
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Dr Arnaud ZELER

Produits ultra-transformés, métabolisme et santé sexuelle

21 juillet 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité by

Aliments ultra-transformés emballés présentés dans le rayon d’un commerce

Lorsqu’une personne consulte pour une difficulté sexuelle ou des difficultés à concevoir, l’alimentation est rarement explorée de façon approfondie. Pourtant, les antécédents, les traitements, le bilan hormonal, les facteurs vasculaires ou métaboliques, le stress et la relation de couple sont systématiquement abordés. Les habitudes alimentaires, en revanche, ne font souvent l’objet que de quelques questions générales, tout comme le sommeil, le tabac ou les autres substances. Or, la composition de l’alimentation influence directement le poids, la glycémie, le profil lipidique et la santé vasculaire, autant de paramètres déterminants pour la fonction sexuelle. Des travaux récents suggèrent en outre un impact sur certains marqueurs hormonaux et spermatiques.12

Les travaux consacrés à la junk food et aux produits ultra-transformés permettent aujourd’hui de préciser ces liens. Ainsi, dans un essai contrôlé mené en 2019, 20 adultes ont alterné deux semaines d’alimentation ultra-transformée et deux semaines d’alimentation peu ou pas transformée. Résultat : la phase ultra-transformée a entraîné une augmentation moyenne de l’apport énergétique de 500 kcal par jour et une prise de poids de 0,9 kg en seulement deux semaines.3

Une étude croisée publiée en 2025 chez 43 hommes a également observé des modifications du poids et du métabolisme lipidique dans les deux conditions d’apport énergétique prévues. Plus préoccupant : dans certaines conditions expérimentales, l’alimentation ultra-transformée a provoqué une diminution de la concentration en FSH (hormone folliculo-stimulante), impliquée dans la spermatogenèse. La motilité totale des spermatozoïdes a également montré une tendance à la baisse, sans que ce résultat soit formellement démontré.2 Le désir, l’excitation, l’orgasme, les douleurs pendant l’activité sexuelle et la satisfaction restent cependant peu étudiés dans ce contexte. En consultation, ces données biologiques prennent tout leur sens lorsqu’elles sont intégrées à l’histoire sexuelle, au vécu corporel, aux traitements et au contexte relationnel du patient.

Points clés

  • La junk food est une notion courante sans définition scientifique unique. Le groupe 4 de la classification NOVA désigne précisément les produits ultra-transformés selon leur formulation et les procédés de fabrication.
  • Dans un essai contrôlé, une alimentation riche en produits ultra-transformés consommée à volonté a entraîné un apport énergétique supérieur d’environ 500 kilocalories par jour et une prise de poids de 0,9 kg en deux semaines.
  • Un essai publié en 2025 chez 43 hommes a révélé des modifications du poids, du métabolisme lipidique et de certains marqueurs hormonaux (FSH). La diminution de la motilité des spermatozoïdes restait une tendance statistique.
  • Les effets directs sur le désir, l’excitation, l’orgasme, les douleurs pendant l’activité sexuelle et la satisfaction restent peu documentés. En pratique, l’alimentation s’évalue donc avec les autres facteurs médicaux, psychosexuels et relationnels.
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Références

  1. European Association of Urology. Management of erectile dysfunction. EAU Guidelines on Sexual and Reproductive Health, édition 2026. Lire la recommandation[]
  2. Preston JM, Iversen J, Hufnagel A, et al. Effect of ultra-processed food consumption on male reproductive and metabolic health. Cell Metabolism. 2025;37(10):1950-1960.e2. https://doi.org/10.1016/j.cmet.2025.08.004[][]
  3. Hall KD, Ayuketah A, Brychta R, et al. Ultra-processed diets cause excess calorie intake and weight gain: an inpatient randomized controlled trial of ad libitum food intake. Cell Metabolism. 2019;30(1):67-77.e3. https://doi.org/10.1016/j.cmet.2019.05.008[]
Dr Arnaud ZELER

Santé sexuelle des personnes trans et non binaires

14 juillet 2026 dans Points de repères sexo by

Aide-mémoire en consultation

  • Demander le prénom, les pronoms et les mots anatomiques utiles à la consultation.
  • Noter le sexe assigné à la naissance seulement lorsqu’il a une utilité médicale ou administrative.
  • Raisonner en organes présents, traitements, chirurgies, pratiques et sites exposés.
  • Proposer les dépistages des infections sexuellement transmissibles, dont celui de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), selon les pratiques sexuelles et les sites concernés.
  • Vérifier la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) et l’hépatite B.
  • Évaluer les expositions au VIH et expliquer les indications de la prophylaxie pré-exposition (PrEP).
  • Après une exposition récente nécessitant une prise en charge urgente, organiser sans délai l’évaluation d’un traitement post-exposition (TPE).
  • Aborder contraception et grossesse possible sans présumer l’identité de genre.
  • Informer sur la fertilité avant les traitements pouvant l’altérer.
  • Rechercher douleurs, sécheresse, gêne à la pénétration, saignements, troubles du désir, difficultés d’orgasme et évitement des rapports.
  • Dépister les violences, les refus de soins antérieurs et les situations de discrimination qui retardent l’accès au soin.

La santé sexuelle des personnes trans et non binaires concerne l’accès au soin, la confidentialité, la prévention des infections sexuellement transmissibles, la contraception lorsqu’une grossesse est possible, la fertilité, les douleurs, le désir, l’image corporelle, les traitements d’affirmation de genre et les conditions de l’examen clinique.

Dans ses recommandations relatives aux adultes trans, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande d’utiliser, sauf souhait contraire de la personne, le terme « personnes trans » comme terme générique. Elle définit les personnes non binaires comme des personnes dont le genre peut associer plusieurs identités de genre simultanément ou à des moments différents, relever d’un genre neutre ou évoluer au cours du temps.1

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Références

  1. Haute Autorité de santé. Transidentité : prise en charge de l’adulte. Recommandation de bonne pratique, juillet 2025. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3636735/fr/transidentite-prise-en-charge-de-l-adulte[]
Dr Arnaud ZELER

Le sexe en extérieur : fantasme, réalité ou déviance ?

20 juin 2026 dans Conseils sexo by

Dans notre pratique de sexologues libéraux nous sommes constamment confrontés à la question du Désir, désir sexuel, désir au sein du couple.

Nous sommes amenés à rencontrer en consultation des individus mis à mal dans leur sexualité car très souvent sous l’influence des idées véhiculées par les médias d’une « bonne conduite sexuelle » qui, la plupart du temps, n’est pas représentative de la sexualité de la majorité d’entre nous. 

Les articles « bien-être » véhiculés par de nombreux médias nous enjoignant à avoir une sexualité toujours plus épanouie peuvent parfois créer l’exact inverse de leur but premier et conduire à des dérives, et à de fausses croyances sur la sexualité. Il est alors facile pour un bon nombre de personnes de s’imaginer que la vie sexuelle des autres est bien plus passionnante que la leur.  

Cette pratique fait le point sur un sujet régulièrement abordé dans les magazines : la pratique du sexe en extérieur ou dans un lieu insolite. C’est en effet un fantasme répandu et souvent réalisé, mais en réalité, la plupart des couples préfère le confort et l’intimité de la chambre à coucher !

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Dr Arnaud ZELER

La lubrification vaginale en questions

17 juin 2026 dans Points de repères sexo by

Qu’est-ce que la lubrification vaginale ?

La lubrification vaginale est un phénomène automatique, qui commence dans les 10 à 30 secondes après le début de l’excitation sexuelle, donc au tout début du rapport sexuel, pendant les préliminaires.

Une femme de 20 ans a en général besoin de 15 secondes pour lubrifier complètement son vagin, alors qu’une femme ménopausée mettra entre 5 et 20 minutes1.

Le lubrifiant physiologique est un liquide transparent, de la consistance du blanc d’oeuf, produit non pas par des glandes, mais par un processus de transsudat vaginal2 par le biais d’une exfiltration de plasma au travers des parois grâce à l’engorgement vasculaire.

A ce transsudat, vient s’ajouter à la fin de la phase d’excitation un liquide sécrété par les glandes de Bartholin, situées légèrement en dessous et de parts et d’autres de l’orifice vaginal, afin de participer plus spécifiquement à la pénétration (et également au maintient d’une humidité naturelle en temps normal).

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Références

  1. Roy J Levin (2003) The ins and outs of vaginal lubrication, Sexual and Relationship Therapy, 18:4, 509-513, DOI: 10.1080/14681990310001609859[]
  2. Masters W, Johnson VE. The physiology of the vaginal reproductive function. West J Surg Obstet Gynecol. 1961.[]
Catherine TROADEC

Les obstacles à la vie intime et sexuelle en EHPAD : maltraitance ou manque d’information ?

15 juin 2026 dans Formation en Santé Sexuelle, Journées de santé by

L’activité sexuelle diminue avec l’âge mais ne disparait pas

Une étude américaine montre que parmi les 75 à 85 ans, 26% déclarent être sexuellement actif1.

Cependant, la proportion de la population sexuellement active en résidence tombe à 8%.

Si l’amour fait partie du quotidien des EHPAD, rythmé par les couples qui se font et se défont, comment laisser les sentiments et la sexualité des personnes âgées s’épanouir librement ?

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Références

  1. Lindau et al. A Study of Sexuality and Health among Older Adults in the United States. N Engl J Med. 23 août 2007;357(8):762‑74. Disponible sur: http://www.nejm.org/doi/abs/10.1056/NEJMoa067423[]
Dr Arnaud ZELER

Comment minimiser l’impact négatif du surpoids et de l’obésité sur la sexualité ?

12 juin 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité by

Dans notre société où le nombre de personnes en surpoids augmente, maintenir une vie sexuelle et affective satisfaisante chez ces personnes devient un vrai challenge. En effet, les études ont démontré l’impact négatif du surpoids sur la sexualité aussi bien chez l’homme (troubles de l’érection, diminution de la taille de la verge) que chez la femme (baisse du désir, baisse de la sensibilité et du plaisir)1.

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Références

  1. Ilaria Lucca et Al. Troubles sexuels masculins et obésité. Rev Med Suisse 2012; volume 8. 2327-2330. https://www.revmed.ch/RMS/2012/RMS-365/Troubles-sexuels-masculins-et-obesite[]
Dr Arnaud ZELER

Tabac, érection et fertilité masculine

31 mai 2026 dans Conseils sexo, Journées de santé by

Le tabac agit sur la sexualité masculine par des mécanismes très concrets : santé vasculaire, fonction endothéliale, tonus sympathique, inflammation, stress oxydatif, respiration, fatigue et fertilité. Une érection pénienne nécessite une arrivée rapide de sang dans les corps caverneux, un relâchement des muscles lisses et un verrouillage veineux suffisant. La fumée de tabac fragilise plusieurs étapes de ce mécanisme.

Tabac, maladies chroniques et érection
Schéma de synthèse : tabac, maladies chroniques et fonction érectile.
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Catherine TROADEC

Sclérose en plaques et sexualité

30 mai 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité by

Points clefs

  • La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire auto-immune chronique du système nerveux central. Les atteintes neurologiques peuvent modifier la sensibilité génitale, l’excitation, l’orgasme, l’érection, la lubrification, la douleur et le confort corporel pendant les rapports.
  • Les troubles sexuels sont fréquents. Les méta-analyses disponibles estiment leur prévalence à environ 62,5 % chez les femmes vivant avec une SEP et 66 % chez les hommes, avec une forte variabilité selon les études.
  • L’évaluation doit distinguer les mécanismes neurologiques directs, les symptômes associés comme la fatigue ou les troubles urinaires, et le retentissement psychique, corporel ou relationnel.
  • La prise en charge peut mobiliser neurologue, médecin traitant, urologue, gynécologue, sage-femme, kinésithérapeute, ergothérapeute, psychologue, sexologue ou équipe de rééducation.
  • L’objectif est de diminuer les symptômes modifiables, d’adapter les pratiques sexuelles et de préserver une sexualité consentie, non douloureuse, compatible avec l’état de fatigue, la mobilité et les préférences de la personne.

La sclérose en plaques est une maladie neurologique chronique qui débute souvent chez l’adulte jeune. Elle accompagne parfois de longues années de vie affective, sexuelle, conjugale ou familiale. Son retentissement sexuel se comprend en décrivant ce qui se passe dans le corps et dans la relation : désir, sensations, douleur, fatigue, traitements, mobilité, troubles urinaires, humeur et vie de couple peuvent s’entremêler.

Une plainte sexuelle dans la SEP peut relever d’une atteinte neurologique directe, d’une fatigue majeure, d’une douleur, d’une spasticité, d’un trouble urinaire ou digestif, d’un traitement, d’un symptôme anxieux ou dépressif, d’une modification de l’image corporelle ou d’une difficulté relationnelle. L’entretien clinique explore ces dimensions une par une, puis précise comment elles se combinent dans la situation de la personne.

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Dr Arnaud ZELER

Syndrome de l’intestin irritable et sexualité

29 mai 2026 dans Maladies et sexualité by

Points clefs

  • Le SII peut modifier la sexualité par des contraintes très concrètes : douleur, ballonnements, urgence défécatoire, constipation, fatigue, anticipation anxieuse et gêne corporelle.
  • Les études disponibles retrouvent plus souvent des difficultés sexuelles chez les personnes vivant avec un SII, même si les méthodes et les populations étudiées restent hétérogènes.
  • La consultation précise le profil digestif et le retentissement sexuel : désir, excitation, érection, lubrification, orgasme, douleurs, évitement, humeur et relation.
  • L’évaluation digestive reste le point de départ, puis la prise en charge s’adapte aux symptômes dominants et au vécu sexuel de la personne.
  • Un accompagnement sexologique, psychothérapeutique ou pelvi-périnéal peut être utile lorsque la douleur, la honte, l’anxiété ou l’évitement envahissent la vie intime.

Beaucoup de personnes parlent encore de « colopathie fonctionnelle » ou de « côlon irritable ». Dans les publications médicales récentes, le terme utilisé est syndrome de l’intestin irritable (SII). Il désigne un trouble fonctionnel intestinal chronique. En médecine, « fonctionnel » signifie que le fonctionnement d’un organe ou d’un système est perturbé, sans lésion anatomique visible qui suffise à expliquer les symptômes. Ces symptômes sont réels : douleurs abdominales, ballonnements et troubles du transit, avec des périodes de diarrhée, de constipation ou d’alternance entre les deux. La Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) rappelle que le terme « côlon irritable » est restrictif, car l’intestin grêle peut aussi participer au syndrome.1

Le SII fait partie des troubles de l’interaction intestin-cerveau. Les examens courants ne retrouvent pas de lésion expliquant l’ensemble du tableau clinique. Les symptômes n’en sont pas moins réels. Leur intensité dépend notamment de la douleur, de l’hypersensibilité viscérale, des modifications du transit, de l’alimentation, du sommeil, du stress, de l’anxiété, des antécédents infectieux, des comorbidités douloureuses et de l’histoire personnelle.2

La prévalence dépend fortement des critères diagnostiques utilisés. La SNFGE estime qu’environ 5 % de la population adulte aurait un SII en France, avec une fréquence plus élevée chez les femmes. Les méta-analyses internationales plus anciennes retrouvaient des chiffres plus élevés, souvent autour de 10 à 15 %, parce qu’elles utilisaient des définitions et des questionnaires différents.3

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Références

  1. SNFGE. Syndrome de l’intestin irritable (SII).[]
  2. World Gastroenterology Organisation. Irritable bowel syndrome: a global perspective.[]
  3. Lovell RM, Ford AC. Global prevalence of and risk factors for irritable bowel syndrome: a meta-analysis. Clin Gastroenterol Hepatol. 2012.[]