Dr Arnaud ZELER

Au revoir, Blog d’un sexologue…

17 septembre 2019 dans Annonces

Créé en 2012 initialement pour partager les prises de notes des cours du DIU de Sexologie, puis pour diffuser différentes actualités autour de la sexualité, le Blog d’un sexologue s’est transformé en Blog de deux Sexologues lorsque le Dr ZELER, Médecin généraliste sexologue, a été rejoint par Catherine TROADEC, psychologue clinicienne sexologue, afin d’offrir un apport psychologique au contenu très médical publié alors sur le Blog.

Suite aux retours très enthousiastes des visiteurs du Blog (Etudiants du D.I.U, Sexologues, Professionnels de santé et Patients), nous avons comme projet de l’enrichir et de le développer encore plus, en proposant, à terme, du contenu pour les patients, des outils de formation, un annuaire etc.

C’est pourquoi, aujourd’hui, nous disons :

AU REVOIR, https://www.blogdunsexologue.com

…et BONJOUR, https://sexoblogue.fr (subtil jeu de mot, vous l’aurez compris, entre « Blogue » -version francisée de « Blog »- et « Sexologue » ;) ) !

Le transfert d’un nom de domaine vers un autre entraînant inévitablement quelques bugs, nous nous excusons par avance des désagréments temporaires que cela pourrait causer.

N’hésitez pas à nous faire part dans les commentaires ou par e-mail des anomalies que vous constaterez. D’ailleurs, si tout fonctionne, vous pouvez également nous l’indiquer ;-) !

Enfin, pour fêter ce nouveau nom de domaine, nous lançons un petit sondage auquel vous pouvez répondre dans les commentaires : quels thèmes et/ou fonctionnalités du site souhaiteriez vous voir plus mis en avant ?

Merci d’avance pour vos réponses !

Dr Arnaud ZELER

Sexualité après la grossesse : 5 astuces pour retrouver du désir après l’accouchement

2 septembre 2019 dans Points de repères sexo

Parentalité

La question de la reprise des rapport sexuels après l’arrivée d’un enfant concerne la majorité des couples. En effet, les bouleversements à la fois physiologiques et psychologiques, entrainés par la grossesse et l’accouchement, laissent la place à de nombreuses questions.

C’est pourquoi le post-partum est une période particulièrement sensible pour la femme sur le plan sexuel, du fait de la récupération physique et psychique en cours.

Les études montrent, qu’en moyenne, la reprise des rapports sexuels se fait au bout de deux mois après l’accouchement 1.

Mais pour une femme sur trois, les 3 à 12 premières semaines suivant l’accouchement vont représenter un véritable passage à vide sexuel 2.

Les causes de cette baisse de libido et de ce désintéressement pour la sexualité sont liés, d’une part au préjudice corporel gynécologique et esthétique de la maternité, et d’autre part à la destabilisation psychologique plus ou moins importante de l’accouchement. On peut noter, entre-autres :

  • des séquelles immédiates en rapport avec la fatigue, les lochies, les douleurs de cicatrisation (épisiotomie et/ou éraillures), les poussées hémorroïdaires, les douleurs de contractions utérines (tranchées), etc.
  • un vécu douloureux de l’accouchement à la suite d’une extraction instrumentale du bébé (forceps), d’une délivrance artificielle (césarienne), d’une révision utérine, etc.
  • la neuropathie d’étirement par micro-lésions nerveuses, responsables d’une diminution de la sensibilité vulvo-vaginale, modifiant l’accessibilité à l’orgasme, mal vécue par la femme et souvent source de tensions conjugales 3
  • des éléments physiologiques liés à la chute des hormones, entrainant une sécheresse vaginale, à l’origine de douleurs au moment des rapports.
  • un préjudice esthétique de la maternité lié au changement corporel de la grossesse (excès de poids résiduel, vergetures, relâchement de la sangle abdominale, acnée etc.) qui peut avoir des répercussions sur la vie personnelle et sexuelle de la femme, entrainant une perte de confiance en soi et une image modifiée de son corps qu’elle va devoir petit à petit se réapproprier dans les mois suivants l’accouchement.

Pourquoi est-ce que l’on manque de libido ?

En sexologie, on parle en général de troubles du désir en cas d’absence d’envie de faire l’amour ou de difficulté à jouir de manière durable, c’est-à-dire depuis au moins six mois. Ce délai peut même atteindre un an en ce qui concerne la reprise d’une activité coïtale (c’est-à-dire avec pénétration) dans les suites d’un accouchement, sans que cela ne soit forcement pathologique 4.

Les causes d’une baisse de libido sont multiples (évènements de vie positifs ou négatifs, stress, problèmes somatiques, conflits au sein du couple) mais finissent bien souvent par user le couple et avoir un impact sur le désir et le plaisir de chacun.
Cela se manifeste essentiellement par un manque d’engouement pour la sexualité, un manque de plaisir voire des douleurs pendant les rapports, une difficulté voire l’apparition d’une phobie de la pénétration etc.

On remarques que nombre de ces difficultés surviennent particulièrement après la grossesse ou avec de jeunes enfants, le corps étant chamboulé, l’esprit étant ailleurs… Il est donc fréquent que la nouvelle vie de maman et la fatigue liée à l’arrivée de bébé entraine une baisse de la libido.

Le problème, c’est qu’à partir du moment où l’on fait moins l’amour, le corps s’adapte et en ressent moins l’envie. Plus on diffère la reprise de l’activité sexuelle, plus l’appréhension et le manque de confiance en soi s’installera. Cela pourra se manifester par l’existence de douleurs (dyspareunies) au moment des rapports, par des conduites d’évitements des situations intimes ayant souvent comme conséquence un mal-être au sein du couple.

Des rapports sexuels réguliers quant à eux, entrainent la sécrétion d’ocytocine, hormone de l’attachement et du bien-être qui va stimuler la libido et donner envie d’avoir de nouveau des rapports.

Heureusement ces troubles du désir se traitent pour la plupart, à condition d’avoir envie de les prendre en charge.

Une bonne surveillance clinique générale dans les suites de couches immédiates de la mère sont nécessaires pour détecter les pathologies psychiques (dépressions du post-partum) et physiques susceptibles de retentir sur la mère, son enfant, son couple. Il faut tout mettre en ouvre pour éviter l’apparition ou la persistante de difficultés sexuelles.

5 astuces pour retrouver du désir sexuel après l’accouchement

  1. Se reposer ! Qui a envie de faire l’amour après une journée épuisante à s’occuper du bébé ? Profiter des moments d’accalmie pour relancer les câlins et caresses est un élément indispensable, tout comme prendre soin de soi, se maquiller, se trouver soi-même désirable.
  2. Si l’idée d’une reprise de la relation sexuelle paraît tolérable, il faut la tenter ; même si la libido n’est pas au maximum et que cela représente un petit « effort ». Petit à petit, le désir peut revenir, à condition de multiplier les occasions de se surprendre et de surprendre l’autre (dîners, escapades romantiques, tout ce qui recrée de la complicité…).
    Il ne faut pas hésiter à discuter avec son partenaire pour trouver un terrain d’entente afin que chacun s’y « retrouve ». 
  3. Certaines contraceptions peuvent agir sur le terrain hormonal et participer à la baisse du désir. A la fin de l’allaitement, le type de contraception est quelque chose qu’il faut penser à revoir si besoin avec son gynécologue ou sa sage-femme..
  4. Il est possible d’utiliser certains médicaments ou crèmes qui facilitent la lubrification.
    Replens®, Monasens®, Cicatridine®, etc… sont vendues en pharmacie et sans ordonnance. Ces crèmes ou ovules s’administrent par voie vaginale en dehors des rapports sexuels, deux à trois fois par semaine, permettant une meilleure lubrification et facilitant les rapports sexuels. Cela peut aider lors d’une baisse de plaisir, et surtout lorsqu’il n’y a pas eu de rapports depuis longtemps, afin d’éviter des douleurs lors de l’intromission qui risqueraient ensuite de conduire à des situations d’évitement.
    Il existe également une crème : Zestra® agissant sur la sensation d’excitation génitale, vendue en pharmacie sans ordonnance.
  5. Enfin, les femmes qui fument devraient réduire les doses de tabac, voire ne jamais reprendre la cigarette après la grossesse : celle-ci peut en effet entrainer un dérèglement hormonal responsable d’une moindre sensibilité du clitoris, d’une baisse de lubrification et d’une chute du désir.

Et si on n’y arrive pas tout seul ?

Il est important d’être informé sur les changements potentiels de la sexualité liés au post-partum. Pour cela il ne faut pas hésiter à prendre RDV avec une sage-femme quelques semaines après l’accouchement et lui poser les questions toutes les questions nécessaires pour être rassurée.

Le temps de récupération de chaque femme est très variable, chacune doit prendre le temps de se retrouver et de se réapproprier son corps et ce nouvel état de maternité avant de pouvoir de nouveau aborder sa sexualité.

L’écoute et la bienveillance du partenaire est essentielle à la reprise de confiance de la femme.

Chaque femme est unique, chaque difficulté sexuelle également.
Shere Hite, une sexologue réputée a écrit un livre nommé « Le rapport Hite ». C’est un véritable guide de la sexualité féminine, rédigé grâce à une enquête menée auprès de milliers de femmes, qui permet de mieux comprendre sa propre sexualité, loin des clichés des médias et des fausses croyances. C’est un livre très utile concernant ce type de difficultés.

Si la difficulté paraît insurmontable, alors il faut consulter un thérapeute.
On y va seul ou en couple, sachant qu’à deux c’est mieux.

Attention aux « sexothérapeutes », qui bien souvent n’ont aucun diplôme reconnu et utilisent cette dénomination à la place de sexologue.

Environ deux tiers des sexologues sont des médecins (avec une majorité de généralistes, ou psychiatres, gynécologues, endocrinologues, urologues et sages-femmes). Le tiers restant se compose de psychologues, thérapeutes, kinésithérapeutes, conseillers conjugaux, hypnothérapeutes. Ces professionnels ont un diplôme inter-universitaire de sexologie, reconnu par l’Ordre des Médecins depuis 1996.

Il faut compter quelques séances à quelques mois de thérapie en fonction du problème.

Des adresses utiles : 

Pour approfondir :

Notes:

  1. Pauls, Rachel N., John A. Occhino, et Vicki L. Dryfhout. « Effects of Pregnancy on Female Sexual Function and Body Image: A Prospective Study ». The Journal of Sexual Medicine 5, no 8 (août 2008): 1915‑22. https://doi.org/10.1111/j.1743-6109.2008.00884.x
  2. Waynberg, Jacques. Guide pratique de sexologie médicale. Paris: Editions Masson, 1997.
  3. Lopès, Patrice. « Sexualité et grossesse, sexualité et post-partum ». In Manuel de sexologie, 2e édition., 82‑88. Paris: Elsevier Masson, 2013.
  4. Leuillet, Patrick. « Grossesse et post-partum ». In Médecine sexuelle : Fondements et pratiques, Lavoisier., 201‑2. Médecine Sciences Publications, 2016.
Catherine TROADEC

Les fantasmes contribuent à l’épanouissement sexuel

24 août 2019 dans Points de repères sexo

fatasme

En tant que sexologues, nous rappelons à nos patients que l’imaginaire érotique est une composante bénéfique à une sexualité épanouie tant pour les femmes que pour les hommes, car ils créent et maintiennent le désir et l’excitation tout au long de l’acte sexuel, c’est à dire du désir à l’orgasme.

Interroger les patients sur la présence ou non, ainsi que sur le contexte et la fréquence de leurs fantasmes sexuels, peut ainsi nous aider à la compréhension du fonctionnement de sa sexualité.

Bien souvent, en matière de dysfonctions sexuelles, notamment en ce qui concerne les troubles du désir, nous constatons chez nos patients un échec de l’activité fantasmatique et de ses fonctions.

Qu’entend-on par « fantasmes sexuels » ?

Les fantasmes sexuels sont des scénarios érotiques, très souvent avec le même script, réaliste ou imaginaire, qui peuvent entrainer ou non une excitation sexuelle.
On ne peut pas complètement les contrôler et ils sont le fruits de nos désirs à la fois conscients et inconscients, révélant ainsi une part de qui nous sommes.

De position d’acteur ou de voyeur, en matière de fantasmes, les rôles et interprétations de chacun sont interchangeables et tout est possible en pensée.

Et justement, les fantasmes font partie du domaine de l’intime et la plupart du temps on ne les expriment à personne, parfois même pas à soi-même !

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Dr Arnaud ZELER

Le vaginisme, un trouble méconnu du grand public

17 août 2019 dans Points de repères sexo

Mécanisme du vaginisme

Cette semaine nous poursuivons nos publications d’articles autour des principales dysfonctions sexuelles qui touchent nos patients.

Nous allons nous intéresser plus particulièrement à un trouble de la sexualité chez la femme.

Le vaginisme est une maladie méconnue du grand public et qui fait l’objet de nombreux préjugés. Les femmes qui en souffrent ont, la plupart du temps, des difficultés à en parler soit par honte et/ou culpabilité mais surtout par méconnaissance de leur trouble. Pourtant, le vaginisme est une dysfonction sexuelle féminine pour laquelle il existe des solutions qui donnent de très bons résultats 1 !

La prise en charge du vaginisme nécessite l’intervention de plusieurs professionnels différents (sage-femme et/ou kinésithérapeute, psychologue), et du temps.

C’est quoi le vaginisme ?

Le vaginisme est une contraction involontaire, répétée ou persistante, des muscles du périnée (muscles entourant le vagin), qui survient de manière réflexe au moment de la pénétration et qui perturbe les rapports sexuels.

Ce phénomène réflexe peut être engendré lors d’un simple contact de la vulve, lors d’une tentative de pénétration, voire même par la simple idée de la pénétration elle-même.

Il s’agit donc d’une réaction de « protection » contre quelque chose qui est perçu comme menaçant tant sur le plan sexuel que sur le plan de l’intimité en général.

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Notes:

  1. Keith Hawton DM Frcp, Jose Catalan MSc Mrcp. Sex therapy for vaginismus: Characteristics of couples and treatment outcome. Sex Marital Ther. 1990 Jan 1;5(1):39– 48
Dr Arnaud ZELER

Comprendre l’éjaculation prématurée

3 août 2019 dans Points de repères sexo

Cette semaine, nous souhaitons évoquer un trouble sexuel répandu : l’éjaculation prématurée, plus connue auprès du grand public sous le terme éjaculation précoce. Près d’un homme sur cinq est concerné, pourtant le sujet reste difficile à aborder pour bon nombre d’entre eux alors qu’une prise en charge sexologique donne de bons résultats.

L’homme est naturellement programmé pour éjaculer rapidement, d’ailleurs comme tous les mammifères. Mais avec l’expérience, la maîtrise sexuelle, l’envie de prolonger le plaisir et celui de sa partenaire, il apprend en général à faire durer plus longtemps le rapport sexuel. Malheureusement, certaines personnes n’arrivent pas à contrôler leur éjaculation. Cela entraine de multiples répercussions sur leur vie personnelle et sexuelle comme des sentiments de frustration, de honte, d’impuissance vis-à-vis d’eux-même et de leur leur partenaire qui, de son côté, n’arrivera pas à atteindre l’orgasme au cours du rapport sexuel.

Définition de l’éjaculation prématurée

Depuis les années 70, il existe une dizaine de définitions de cette dysfonction sexuelle.
L’éjaculation prématurée, qu’on appelle également éjaculation précoce ou éjaculation rapide, est une difficulté sexuelle caractérisée par :

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Catherine TROADEC

Les quatre grandes étapes du couple : comment gérer les crises

27 juillet 2019 dans Points de repères sexo

Tous les couples traversent un certain nombre d’étapes durant leur existence. Ces étapes sont souvent ponctuées d’obstacles responsables de ce qu’on appelle les crises du couple. Le fait de surmonter ces crises permettra au couple de se construire et de parvenir à la maturité.

Les 4 étapes du couple

Classiquement, on peut décrire 4 principales étapes dans les couples

La première étape du couple : la fusion

Survenant au tout premier temps du couple, c’est la phase de complicité totale. On a l’impression d’avoir trouvé son double, son alter ego. On partage tout, on pense à l’autre tout le temps et on a l’impression de ne pas pouvoir vivre sans lui. La représentation de l’autre est idéalisée. L’amour est alors synonyme d’euphorie et d’exaltation.

Cette étape est transitoire et correspond à une période où biologiquement le corps sécrète un grand nombre d’endorphines. Cette sécrétion va naturellement se tarir, plus ou moins rapidement, ce qui permettra au couple de passer à l’étape d’après.

Certaines personnes sont en recherche permanente de cet état émotionnel et vont se séparer souvent, afin de pouvoir retrouver ces états de plaisir lies aux libérations d’endorphines initiales dans une autre relation.

Les pièges à surmonter durant cette première étape vont être le doute, la jalousie, la possessivité… qui peuvent alors détruire le couple.

Un risque existe également que le couple reste bloqué à cette étape dans une fascination extrême vis-à-vis de l’autre (psychiquement et sexuellement). Certains sexologues parlent alors de « trouble amoureux compulsif » dans un parallèle entre passion amoureuse et passion obsessive.

La deuxième étape du couple : la différenciation

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