Catherine TROADEC

Trois conseils pour parler de sexualité avec son ado

8 octobre 2019 dans Conseils

Nombreux sont les parents qui se demandent quelle attitude adopter face à leur adolescent pour aborder les questions liées à la sexualité. Comment en parler avec lui ? L’informer des risques ? A quel moment ? Faut-il attendre que le jeune en parle spontanément ou bien au contraire, faire le premier pas ? Quelques questions, parmi d’autres, que les parents redoutent. Pourtant le rôle éducatif de l’adulte est également de pouvoir apporter des éléments de réponses aux jeunes dans ce domaine de la vie.

La sexualité existe et débute dès le début de la vie.

Les diverses manifestations de l’adolescence (puberté, nouvelles découvertes, notamment sexuelles) laissent penser, à tord, que la sexualité commence à cette période là. 

Au contraire, elle évolue depuis la naissance de l’individu, et poursuivra son évolution tout au long de la vie, en fonction de l’âge et des évènements rencontrés par chacun au cours de son histoire personnelle.  

Dès l’âge de trois ans l’enfant manifeste une curiosité sexuelle. Il prend conscience de la différence anatomique des sexes, c’est-à-dire de la présence ou de l’absence du pénis. Il caresse son sexe à l’occasion de jeux, du bain etc. Souvent, d’ailleurs le parent ne veut pas le voir ou sanctionne l’enfant. Pourtant, c’est dès cet âge là que l’adulte a un rôle éducatif à jouer auprès de l’enfant, rôle important pour la suite des apprentissages de ce dernier. 

C’est au moment de l’adolescence que s’opèrent des changements à la fois physiologiques et psychologiques qui vont être nécessaires au jeune pour passer de la sexualité infantile à celle d’adulte. La sexualité infantile est essentiellement auto-érotique, elle n’est pas encore tournée vers l’autre, elle le sera à l’adolescence, à partir de la puberté. Ce passage est une transition, qui peut durer plusieurs années, selon le rythme de chacun.

Il faut toujours garder à l’esprit que la sexualité infantile, et même celle de l’adolescent de 17 ans, est différente de celle de l’adulte. Les questionnements, les besoins affectifs et les désirs ne sont pas les mêmes. 

1 ) Ne pas s’immiscer dans l’intimité de son adolescent

Il ne faut pas provoquer la discussion autour de la sexualité avec son adolescent mais plutôt être attentif, à son écoute et savoir saisir le bon moment. On peut, par exemple, déjà lui demander ce qu’il sait de la sexualité. Il ne faut surtout pas être intrusif cela aurait l’effet inverse escompté et l’adolescent risquerait de se fermer complètement. 

Les adolescents ont besoin, pour se construire, d’avoir leurs secrets et la sexualité en fait partie ; il faut respecter cela en ne demandant pas à connaitre leur sexualité.

Cependant, il est important de ne jamais éluder une question autour de la sexualité posée par un enfant, même très jeune, ce afin de ne pas dramatiser le sujet mais plutôt de signifier à l’enfant qu’il a le droit d’en parler et que ses questions sont légitimes. 

2) Ne jamais évoquer sa propre sexualité

Comme le rappelle le médiatique pédopsychiatre, Marcel Rufo : il est strictement interdit de parler de sa propre sexualité avec son enfant et l’intimité est la clé de la sexualité.
Il est important que les enfants ignorent la sexualité de leurs parents, et ce, à tout âge d’ailleurs ! On ne peut pas partager ses histoires de sexe avec son adolescent, ni le laisser raconter les siennes.

Un jeune découvre la sexualité avec un autre jeune de son âge et pas à travers les histoires de ses parents. Au contraire, la découverte de la sexualité doit être une transgression extra-familiale.

Il faut faire confiance aux adolescents, ils en savent déjà beaucoup sur la sexualité ! Et surtout, il ne faut pas essayer de « flouter » les différences de générations : nos enfants ne sont pas nos amis !

De plus, il faut que les parents soient attentifs à ne pas projeter leurs propres angoisses ou craintes ou mauvaises expériences sur leurs enfants.

3) Ne pas se sentir obligé d’en parler si l’on n’est pas à l’aise

Un parent qui se sent mal à l’aise face à son adolescent à propos des questions liées à la sexualité ne doit pas se sentir dans l’obligation d’en parler avec lui, ce pour plusieurs raisons. 

En premier lieu l’adolescent va ressentir la gêne du parent ce qui pourra avoir des répercussions sur ses représentations de la sexualité (tabou ? quelque chose de dangereux ? etc.). 

L’adulte pourrait avoir une réaction négative, ce qui pourrait entrainer des difficultés ultérieures chez l’adolescent si un jour il avait besoin de partager avec son parent une situation grave (agression sexuelle notamment) qu’il traverserait.  

Parfois il arrive qu’un des parents se sentent plus à l’aise que l’autre, en fonction du genre aussi (papa/garçon ; maman/fille). C’est une discussion à avoir au niveau du couple pour pouvoir apporter une réponse à son enfant le moment voulu et l’orienter simplement vers le parent le plus enclin à la discussion. 

Proposer à l’adolescent un espace dédié, avec des personnes extérieures au cercle familial et à même de répondre à ses questions, est tout à fait envisageable. L’enfant et les parents se sentiront alors plus à l’aise. L’important étant d’entendre la demande de son enfant et de lui proposer un espace adapté à ses besoins de savoir du moment. 

Cependant, si tout va bien par ailleurs, il n’est pas nécessaire de proposer à l’adolescent une rencontre en consultation privée avec un spécialiste (sexologue ou thérapeute qui, généralement en cabinet, traitent des difficultés sexuelles ou relationnelles) mais de lui proposer une rencontre en planning familial, par exemple. Ce sont des lieux ressources qui se consacrent à l’éducation sexuelle des jeunes et peuvent répondre à leurs questions liées à la sexualité ; ils proposent plusieurs dispositifs de rencontre : en groupe, en individuel ou simplement de l’information avec des plaquettes, des livres, des films etc. Les plannings familiaux sont également habilités à délivrer la contraception.  

A retenir

  • La sexualité humaine est un apprentissage et l’adulte a un rôle éducatif majeur à jouer auprès des jeunes. Il est nécessaire de sensibiliser tôt les enfants à la sexualité, avec un discours adapté en fonction de l’âge. Il s’agit avec les plus jeunes de poser les notions de base de respect de l’autre, de tolérance, de consentement.
  • Concernant les adolescents il faut les mobiliser sur les enjeux de santé sexuelle afin d’éviter les risques de grossesses précoces non désirées aisni que les infections sexuellement transmissibles.
  • L’éducation à la sexualité permet de lutter contre les violences sexuelles.
  • Afin de protéger les enfants contre les violences sexuelles, il est nécessaire de répéter aux enfants que leur corps leur appartient, que personnes n’a le droit d’y toucher, pas même un proche. L’enfant doit également savoir nommer les différentes parties de son anatomie.

Dr Arnaud ZELER

Au revoir, Blog d’un sexologue…

17 septembre 2019 dans Annonces

Créé en 2012 initialement pour partager les prises de notes des cours du DIU de Sexologie, puis pour diffuser différentes actualités autour de la sexualité, le Blog d’un sexologue s’est transformé en Blog de deux Sexologues lorsque le Dr ZELER, Médecin généraliste sexologue, a été rejoint par Catherine TROADEC, psychologue clinicienne sexologue, afin d’offrir un apport psychologique au contenu très médical publié alors sur le Blog.

Suite aux retours très enthousiastes des visiteurs du Blog (Etudiants du D.I.U, Sexologues, Professionnels de santé et Patients), nous avons comme projet de l’enrichir et de le développer encore plus, en proposant, à terme, du contenu pour les patients, des outils de formation, un annuaire etc.

C’est pourquoi, aujourd’hui, nous disons :

AU REVOIR, https://www.blogdunsexologue.com

…et BONJOUR, https://sexoblogue.fr (subtil jeu de mot, vous l’aurez compris, entre « Blogue » -version francisée de « Blog »- et « Sexologue » ;) ) !

Le transfert d’un nom de domaine vers un autre entraînant inévitablement quelques bugs, nous nous excusons par avance des désagréments temporaires que cela pourrait causer.

N’hésitez pas à nous faire part dans les commentaires ou par e-mail des anomalies que vous constaterez. D’ailleurs, si tout fonctionne, vous pouvez également nous l’indiquer ;-) !

Enfin, pour fêter ce nouveau nom de domaine, nous lançons un petit sondage auquel vous pouvez répondre dans les commentaires : quels thèmes et/ou fonctionnalités du site souhaiteriez vous voir plus mis en avant ?

Merci d’avance pour vos réponses !

Dr Arnaud ZELER

Sexualité après la grossesse : 5 astuces pour retrouver du désir après l’accouchement

2 septembre 2019 dans Points de repères sexo

Parentalité

La question de la reprise des rapport sexuels après l’arrivée d’un enfant concerne la majorité des couples. En effet, les bouleversements à la fois physiologiques et psychologiques, entrainés par la grossesse et l’accouchement, laissent la place à de nombreuses questions.

C’est pourquoi le post-partum est une période particulièrement sensible pour la femme sur le plan sexuel, du fait de la récupération physique et psychique en cours.

Les études montrent, qu’en moyenne, la reprise des rapports sexuels se fait au bout de deux mois après l’accouchement 1.

Mais pour une femme sur trois, les 3 à 12 premières semaines suivant l’accouchement vont représenter un véritable passage à vide sexuel 2.

Les causes de cette baisse de libido et de ce désintéressement pour la sexualité sont liés, d’une part au préjudice corporel gynécologique et esthétique de la maternité, et d’autre part à la destabilisation psychologique plus ou moins importante de l’accouchement. On peut noter, entre-autres :

  • des séquelles immédiates en rapport avec la fatigue, les lochies, les douleurs de cicatrisation (épisiotomie et/ou éraillures), les poussées hémorroïdaires, les douleurs de contractions utérines (tranchées), etc.
  • un vécu douloureux de l’accouchement à la suite d’une extraction instrumentale du bébé (forceps), d’une délivrance artificielle (césarienne), d’une révision utérine, etc.
  • la neuropathie d’étirement par micro-lésions nerveuses, responsables d’une diminution de la sensibilité vulvo-vaginale, modifiant l’accessibilité à l’orgasme, mal vécue par la femme et souvent source de tensions conjugales 3
  • des éléments physiologiques liés à la chute des hormones, entrainant une sécheresse vaginale, à l’origine de douleurs au moment des rapports.
  • un préjudice esthétique de la maternité lié au changement corporel de la grossesse (excès de poids résiduel, vergetures, relâchement de la sangle abdominale, acnée etc.) qui peut avoir des répercussions sur la vie personnelle et sexuelle de la femme, entrainant une perte de confiance en soi et une image modifiée de son corps qu’elle va devoir petit à petit se réapproprier dans les mois suivants l’accouchement.

Pourquoi est-ce que l’on manque de libido ?

En sexologie, on parle en général de troubles du désir en cas d’absence d’envie de faire l’amour ou de difficulté à jouir de manière durable, c’est-à-dire depuis au moins six mois. Ce délai peut même atteindre un an en ce qui concerne la reprise d’une activité coïtale (c’est-à-dire avec pénétration) dans les suites d’un accouchement, sans que cela ne soit forcement pathologique 4.

Les causes d’une baisse de libido sont multiples (évènements de vie positifs ou négatifs, stress, problèmes somatiques, conflits au sein du couple) mais finissent bien souvent par user le couple et avoir un impact sur le désir et le plaisir de chacun.
Cela se manifeste essentiellement par un manque d’engouement pour la sexualité, un manque de plaisir voire des douleurs pendant les rapports, une difficulté voire l’apparition d’une phobie de la pénétration etc.

On remarques que nombre de ces difficultés surviennent particulièrement après la grossesse ou avec de jeunes enfants, le corps étant chamboulé, l’esprit étant ailleurs… Il est donc fréquent que la nouvelle vie de maman et la fatigue liée à l’arrivée de bébé entraine une baisse de la libido.

Le problème, c’est qu’à partir du moment où l’on fait moins l’amour, le corps s’adapte et en ressent moins l’envie. Plus on diffère la reprise de l’activité sexuelle, plus l’appréhension et le manque de confiance en soi s’installera. Cela pourra se manifester par l’existence de douleurs (dyspareunies) au moment des rapports, par des conduites d’évitements des situations intimes ayant souvent comme conséquence un mal-être au sein du couple.

Des rapports sexuels réguliers quant à eux, entrainent la sécrétion d’ocytocine, hormone de l’attachement et du bien-être qui va stimuler la libido et donner envie d’avoir de nouveau des rapports.

Heureusement ces troubles du désir se traitent pour la plupart, à condition d’avoir envie de les prendre en charge.

Une bonne surveillance clinique générale dans les suites de couches immédiates de la mère sont nécessaires pour détecter les pathologies psychiques (dépressions du post-partum) et physiques susceptibles de retentir sur la mère, son enfant, son couple. Il faut tout mettre en ouvre pour éviter l’apparition ou la persistante de difficultés sexuelles.

5 astuces pour retrouver du désir sexuel après l’accouchement

  1. Se reposer ! Qui a envie de faire l’amour après une journée épuisante à s’occuper du bébé ? Profiter des moments d’accalmie pour relancer les câlins et caresses est un élément indispensable, tout comme prendre soin de soi, se maquiller, se trouver soi-même désirable.
  2. Si l’idée d’une reprise de la relation sexuelle paraît tolérable, il faut la tenter ; même si la libido n’est pas au maximum et que cela représente un petit « effort ». Petit à petit, le désir peut revenir, à condition de multiplier les occasions de se surprendre et de surprendre l’autre (dîners, escapades romantiques, tout ce qui recrée de la complicité…).
    Il ne faut pas hésiter à discuter avec son partenaire pour trouver un terrain d’entente afin que chacun s’y « retrouve ». 
  3. Certaines contraceptions peuvent agir sur le terrain hormonal et participer à la baisse du désir. A la fin de l’allaitement, le type de contraception est quelque chose qu’il faut penser à revoir si besoin avec son gynécologue ou sa sage-femme..
  4. Il est possible d’utiliser certains médicaments ou crèmes qui facilitent la lubrification.
    Replens®, Monasens®, Cicatridine®, etc… sont vendues en pharmacie et sans ordonnance. Ces crèmes ou ovules s’administrent par voie vaginale en dehors des rapports sexuels, deux à trois fois par semaine, permettant une meilleure lubrification et facilitant les rapports sexuels. Cela peut aider lors d’une baisse de plaisir, et surtout lorsqu’il n’y a pas eu de rapports depuis longtemps, afin d’éviter des douleurs lors de l’intromission qui risqueraient ensuite de conduire à des situations d’évitement.
    Il existe également une crème : Zestra® agissant sur la sensation d’excitation génitale, vendue en pharmacie sans ordonnance.
  5. Enfin, les femmes qui fument devraient réduire les doses de tabac, voire ne jamais reprendre la cigarette après la grossesse : celle-ci peut en effet entrainer un dérèglement hormonal responsable d’une moindre sensibilité du clitoris, d’une baisse de lubrification et d’une chute du désir.

Et si on n’y arrive pas tout seul ?

Il est important d’être informé sur les changements potentiels de la sexualité liés au post-partum. Pour cela il ne faut pas hésiter à prendre RDV avec une sage-femme quelques semaines après l’accouchement et lui poser les questions toutes les questions nécessaires pour être rassurée.

Le temps de récupération de chaque femme est très variable, chacune doit prendre le temps de se retrouver et de se réapproprier son corps et ce nouvel état de maternité avant de pouvoir de nouveau aborder sa sexualité.

L’écoute et la bienveillance du partenaire est essentielle à la reprise de confiance de la femme.

Chaque femme est unique, chaque difficulté sexuelle également.
Shere Hite, une sexologue réputée a écrit un livre nommé « Le rapport Hite ». C’est un véritable guide de la sexualité féminine, rédigé grâce à une enquête menée auprès de milliers de femmes, qui permet de mieux comprendre sa propre sexualité, loin des clichés des médias et des fausses croyances. C’est un livre très utile concernant ce type de difficultés.

Si la difficulté paraît insurmontable, alors il faut consulter un thérapeute.
On y va seul ou en couple, sachant qu’à deux c’est mieux.

Attention aux « sexothérapeutes », qui bien souvent n’ont aucun diplôme reconnu et utilisent cette dénomination à la place de sexologue.

Environ deux tiers des sexologues sont des médecins (avec une majorité de généralistes, ou psychiatres, gynécologues, endocrinologues, urologues et sages-femmes). Le tiers restant se compose de psychologues, thérapeutes, kinésithérapeutes, conseillers conjugaux, hypnothérapeutes. Ces professionnels ont un diplôme inter-universitaire de sexologie, reconnu par l’Ordre des Médecins depuis 1996.

Il faut compter quelques séances à quelques mois de thérapie en fonction du problème.

Des adresses utiles : 

Pour approfondir :

Notes:

  1. Pauls, Rachel N., John A. Occhino, et Vicki L. Dryfhout. « Effects of Pregnancy on Female Sexual Function and Body Image: A Prospective Study ». The Journal of Sexual Medicine 5, no 8 (août 2008): 1915‑22. https://doi.org/10.1111/j.1743-6109.2008.00884.x
  2. Waynberg, Jacques. Guide pratique de sexologie médicale. Paris: Editions Masson, 1997.
  3. Lopès, Patrice. « Sexualité et grossesse, sexualité et post-partum ». In Manuel de sexologie, 2e édition., 82‑88. Paris: Elsevier Masson, 2013.
  4. Leuillet, Patrick. « Grossesse et post-partum ». In Médecine sexuelle : Fondements et pratiques, Lavoisier., 201‑2. Médecine Sciences Publications, 2016.
Catherine TROADEC

Les fantasmes contribuent à l’épanouissement sexuel

24 août 2019 dans Points de repères sexo

fatasme

En tant que sexologues, nous rappelons à nos patients que l’imaginaire érotique est une composante bénéfique à une sexualité épanouie tant pour les femmes que pour les hommes, car ils créent et maintiennent le désir et l’excitation tout au long de l’acte sexuel, c’est à dire du désir à l’orgasme.

Interroger les patients sur la présence ou non, ainsi que sur le contexte et la fréquence de leurs fantasmes sexuels, peut ainsi nous aider à la compréhension du fonctionnement de sa sexualité.

Bien souvent, en matière de dysfonctions sexuelles, notamment en ce qui concerne les troubles du désir, nous constatons chez nos patients un échec de l’activité fantasmatique et de ses fonctions.

Qu’entend-on par « fantasmes sexuels » ?

Les fantasmes sexuels sont des scénarios érotiques, très souvent avec le même script, réaliste ou imaginaire, qui peuvent entrainer ou non une excitation sexuelle.
On ne peut pas complètement les contrôler et ils sont le fruits de nos désirs à la fois conscients et inconscients, révélant ainsi une part de qui nous sommes.

De position d’acteur ou de voyeur, en matière de fantasmes, les rôles et interprétations de chacun sont interchangeables et tout est possible en pensée.

Et justement, les fantasmes font partie du domaine de l’intime et la plupart du temps on ne les expriment à personne, parfois même pas à soi-même !

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Dr Arnaud ZELER

Le vaginisme, un trouble méconnu du grand public

17 août 2019 dans Points de repères sexo

Cette semaine nous poursuivons nos publications d’articles autour des principales dysfonctions sexuelles qui touchent nos patients.

Nous allons nous intéresser plus particulièrement à un trouble de la sexualité chez la femme.

Le vaginisme est une maladie méconnue du grand public et qui fait l’objet de nombreux préjugés. Les femmes qui en souffrent ont, la plupart du temps, des difficultés à en parler soit par honte et/ou culpabilité mais surtout par méconnaissance de leur trouble. Pourtant, le vaginisme est une dysfonction sexuelle féminine pour laquelle il existe des solutions qui donnent de très bons résultats 1 !

La prise en charge du vaginisme nécessite l’intervention de plusieurs professionnels différents (sage-femme et/ou kinésithérapeute, psychologue), et du temps.

C’est quoi le vaginisme ?

Le vaginisme est une contraction involontaire, répétée ou persistante, des muscles du périnée (muscles entourant le vagin), qui survient de manière réflexe au moment de la pénétration et qui perturbe les rapports sexuels.

Mécanisme du vaginisme
La contraction involontaire des muscles releveurs de l’anus, en particulier des faisceaux périvaginaux qui enserrent la partie basse du vagin, rend impossible tout essai de pénétration.

Ce phénomène réflexe peut être engendré lors d’un simple contact de la vulve, lors d’une tentative de pénétration, voire même par la simple idée de la pénétration elle-même.

Il s’agit donc d’une réaction de « protection » contre quelque chose qui est perçu comme menaçant tant sur le plan sexuel que sur le plan de l’intimité en général.

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Notes:

  1. Keith Hawton DM Frcp, Jose Catalan MSc Mrcp. Sex therapy for vaginismus: Characteristics of couples and treatment outcome. Sex Marital Ther. 1990 Jan 1;5(1):39– 48
Dr Arnaud ZELER

Comprendre l’éjaculation prématurée

3 août 2019 dans Points de repères sexo

Cette semaine, nous souhaitons évoquer un trouble sexuel répandu : l’éjaculation prématurée, plus connue auprès du grand public sous le terme éjaculation précoce. Près d’un homme sur cinq est concerné, pourtant le sujet reste difficile à aborder pour bon nombre d’entre eux alors qu’une prise en charge sexologique donne de bons résultats.

L’homme est naturellement programmé pour éjaculer rapidement, d’ailleurs comme tous les mammifères. Mais avec l’expérience, la maîtrise sexuelle, l’envie de prolonger le plaisir et celui de sa partenaire, il apprend en général à faire durer plus longtemps le rapport sexuel. Malheureusement, certaines personnes n’arrivent pas à contrôler leur éjaculation. Cela entraine de multiples répercussions sur leur vie personnelle et sexuelle comme des sentiments de frustration, de honte, d’impuissance vis-à-vis d’eux-même et de leur leur partenaire qui, de son côté, n’arrivera pas à atteindre l’orgasme au cours du rapport sexuel.

Définition de l’éjaculation prématurée

Depuis les années 70, il existe une dizaine de définitions de cette dysfonction sexuelle.
L’éjaculation prématurée, qu’on appelle également éjaculation précoce ou éjaculation rapide, est une difficulté sexuelle caractérisée par :

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