Sexoblogue.fr : Des conseils d’experts pour une sexualité épanouie

Dr Arnaud ZELER

La lubrification vaginale en questions

17 juin 2026 dans Points de repères sexo by

Qu’est-ce que la lubrification vaginale ?

La lubrification vaginale est un phénomène automatique, qui commence dans les 10 à 30 secondes après le début de l’excitation sexuelle, donc au tout début du rapport sexuel, pendant les préliminaires.

Une femme de 20 ans a en général besoin de 15 secondes pour lubrifier complètement son vagin, alors qu’une femme ménopausée mettra entre 5 et 20 minutes1.

Le lubrifiant physiologique est un liquide transparent, de la consistance du blanc d’oeuf, produit non pas par des glandes, mais par un processus de transsudat vaginal2 par le biais d’une exfiltration de plasma au travers des parois grâce à l’engorgement vasculaire.

A ce transsudat, vient s’ajouter à la fin de la phase d’excitation un liquide sécrété par les glandes de Bartholin, situées légèrement en dessous et de parts et d’autres de l’orifice vaginal, afin de participer plus spécifiquement à la pénétration (et également au maintient d’une humidité naturelle en temps normal).

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Références

  1. Roy J Levin (2003) The ins and outs of vaginal lubrication, Sexual and Relationship Therapy, 18:4, 509-513, DOI: 10.1080/14681990310001609859[]
  2. Masters W, Johnson VE. The physiology of the vaginal reproductive function. West J Surg Obstet Gynecol. 1961.[]
Catherine TROADEC

Les obstacles à la vie intime et sexuelle en EHPAD : maltraitance ou manque d’information ?

15 juin 2026 dans Formation en Santé Sexuelle, Journées de santé by

L’activité sexuelle diminue avec l’âge mais ne disparait pas

Une étude américaine montre que parmi les 75 à 85 ans, 26% déclarent être sexuellement actif1.

Cependant, la proportion de la population sexuellement active en résidence tombe à 8%.

Si l’amour fait partie du quotidien des EHPAD, rythmé par les couples qui se font et se défont, comment laisser les sentiments et la sexualité des personnes âgées s’épanouir librement ?

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Références

  1. Lindau et al. A Study of Sexuality and Health among Older Adults in the United States. N Engl J Med. 23 août 2007;357(8):762‑74. Disponible sur: http://www.nejm.org/doi/abs/10.1056/NEJMoa067423[]
Dr Arnaud ZELER

Comment minimiser l’impact négatif du surpoids et de l’obésité sur la sexualité ?

12 juin 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité by

Dans notre société où le nombre de personnes en surpoids augmente, maintenir une vie sexuelle et affective satisfaisante chez ces personnes devient un vrai challenge. En effet, les études ont démontré l’impact négatif du surpoids sur la sexualité aussi bien chez l’homme (troubles de l’érection, diminution de la taille de la verge) que chez la femme (baisse du désir, baisse de la sensibilité et du plaisir)1.

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Références

  1. Ilaria Lucca et Al. Troubles sexuels masculins et obésité. Rev Med Suisse 2012; volume 8. 2327-2330. https://www.revmed.ch/RMS/2012/RMS-365/Troubles-sexuels-masculins-et-obesite[]
Dr Arnaud ZELER

Tabac, érection et fertilité masculine

31 mai 2026 dans Conseils sexo, Journées de santé by

Le tabac agit sur la sexualité masculine par des mécanismes très concrets : santé vasculaire, fonction endothéliale, tonus sympathique, inflammation, stress oxydatif, respiration, fatigue et fertilité. Une érection pénienne nécessite une arrivée rapide de sang dans les corps caverneux, un relâchement des muscles lisses et un verrouillage veineux suffisant. La fumée de tabac fragilise plusieurs étapes de ce mécanisme.

Tabac, maladies chroniques et érection
Schéma de synthèse : tabac, maladies chroniques et fonction érectile.
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Catherine TROADEC

Sclérose en plaques et sexualité

30 mai 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité by

Points clefs

  • La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire auto-immune chronique du système nerveux central. Les atteintes neurologiques peuvent modifier la sensibilité génitale, l’excitation, l’orgasme, l’érection, la lubrification, la douleur et le confort corporel pendant les rapports.
  • Les troubles sexuels sont fréquents. Les méta-analyses disponibles estiment leur prévalence à environ 62,5 % chez les femmes vivant avec une SEP et 66 % chez les hommes, avec une forte variabilité selon les études.
  • L’évaluation doit distinguer les mécanismes neurologiques directs, les symptômes associés comme la fatigue ou les troubles urinaires, et le retentissement psychique, corporel ou relationnel.
  • La prise en charge peut mobiliser neurologue, médecin traitant, urologue, gynécologue, sage-femme, kinésithérapeute, ergothérapeute, psychologue, sexologue ou équipe de rééducation.
  • L’objectif est de diminuer les symptômes modifiables, d’adapter les pratiques sexuelles et de préserver une sexualité consentie, non douloureuse, compatible avec l’état de fatigue, la mobilité et les préférences de la personne.

La sclérose en plaques est une maladie neurologique chronique qui débute souvent chez l’adulte jeune. Elle accompagne parfois de longues années de vie affective, sexuelle, conjugale ou familiale. Son retentissement sexuel se comprend en décrivant ce qui se passe dans le corps et dans la relation : désir, sensations, douleur, fatigue, traitements, mobilité, troubles urinaires, humeur et vie de couple peuvent s’entremêler.

Une plainte sexuelle dans la SEP peut relever d’une atteinte neurologique directe, d’une fatigue majeure, d’une douleur, d’une spasticité, d’un trouble urinaire ou digestif, d’un traitement, d’un symptôme anxieux ou dépressif, d’une modification de l’image corporelle ou d’une difficulté relationnelle. L’entretien clinique explore ces dimensions une par une, puis précise comment elles se combinent dans la situation de la personne.

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Dr Arnaud ZELER

Syndrome de l’intestin irritable et sexualité

29 mai 2026 dans Maladies et sexualité by

Points clefs

  • Le SII peut modifier la sexualité par des contraintes très concrètes : douleur, ballonnements, urgence défécatoire, constipation, fatigue, anticipation anxieuse et gêne corporelle.
  • Les études disponibles retrouvent plus souvent des difficultés sexuelles chez les personnes vivant avec un SII, même si les méthodes et les populations étudiées restent hétérogènes.
  • La consultation précise le profil digestif et le retentissement sexuel : désir, excitation, érection, lubrification, orgasme, douleurs, évitement, humeur et relation.
  • L’évaluation digestive reste le point de départ, puis la prise en charge s’adapte aux symptômes dominants et au vécu sexuel de la personne.
  • Un accompagnement sexologique, psychothérapeutique ou pelvi-périnéal peut être utile lorsque la douleur, la honte, l’anxiété ou l’évitement envahissent la vie intime.

Beaucoup de personnes parlent encore de « colopathie fonctionnelle » ou de « côlon irritable ». Dans les publications médicales récentes, le terme utilisé est syndrome de l’intestin irritable (SII). Il désigne un trouble fonctionnel intestinal chronique. En médecine, « fonctionnel » signifie que le fonctionnement d’un organe ou d’un système est perturbé, sans lésion anatomique visible qui suffise à expliquer les symptômes. Ces symptômes sont réels : douleurs abdominales, ballonnements et troubles du transit, avec des périodes de diarrhée, de constipation ou d’alternance entre les deux. La Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) rappelle que le terme « côlon irritable » est restrictif, car l’intestin grêle peut aussi participer au syndrome.1

Le SII fait partie des troubles de l’interaction intestin-cerveau. Les examens courants ne retrouvent pas de lésion expliquant l’ensemble du tableau clinique. Les symptômes n’en sont pas moins réels. Leur intensité dépend notamment de la douleur, de l’hypersensibilité viscérale, des modifications du transit, de l’alimentation, du sommeil, du stress, de l’anxiété, des antécédents infectieux, des comorbidités douloureuses et de l’histoire personnelle.2

La prévalence dépend fortement des critères diagnostiques utilisés. La SNFGE estime qu’environ 5 % de la population adulte aurait un SII en France, avec une fréquence plus élevée chez les femmes. Les méta-analyses internationales plus anciennes retrouvaient des chiffres plus élevés, souvent autour de 10 à 15 %, parce qu’elles utilisaient des définitions et des questionnaires différents.3

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Références

  1. SNFGE. Syndrome de l’intestin irritable (SII).[]
  2. World Gastroenterology Organisation. Irritable bowel syndrome: a global perspective.[]
  3. Lovell RM, Ford AC. Global prevalence of and risk factors for irritable bowel syndrome: a meta-analysis. Clin Gastroenterol Hepatol. 2012.[]
Catherine TROADEC

Prise en charge des difficultés sexuelles chez les patients souffrant de troubles psychiatriques

24 mai 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité by

Un certain nombre d’études montrent que les patients souffrant de troubles psychiatriques sont plus fréquemment atteints par des troubles sexuels que dans la population générale.

Cela est d’autant plus important que le nombre total de patients concernés par ces troubles est très certainement sous-estimé, une grande partie des patients ont en effet du mal à aborder le sujet de l’intimité avec leur médecin.

Nombreux sont les professionnels de santé, médecins généralistes, psychiatres ou psychologues qui n’abordent pas suffisamment le sujet de la sexualité avec leurs patients, ou bien qui le font de manière superficielle et expéditive1.

Pourtant, une sexualité épanouie contribue grandement au bienêtre des patients en psychiatrie. Le traitement efficace de leurs troubles sexuels doit donc faire partie intégrante de la prise en charge de leur pathologie mentale. 

Chez les malades souffrant de troubles psychotiques, les difficultés d’ordre sexuels sont extrêmement fréquentes, surtout chez les patients non-hospitalisés : jusqu’à 50% des femmes et 70% des hommes.

Les répercussions des pathologies psychiatriques sur la sexualité sont généralement induites par les traitements neuroleptiques (médicaments utilisés dans la prise en charge des troubles psychiatriques) et, de ce fait, sont souvent sources d’inobservance médicamenteuse. Ils peuvent donc être responsables d’échec thérapeutique et de rechutes ! C’est pour cela qu’il est primordial d’en tenir compte lors de la prise en charge des patients en psychiatrie.

Si vous préférez lire cet article sous forme d’une publication Instagram illustrée, suivez ce lien : https://www.instagram.com/p/CMWcAIfIbbk/

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Références

  1. Christophe Dallon, Georges Abraham, Rev Med Suisse 2009; volume 5. 635-637, https://www.revmed.ch/RMS/2009/RMS-195/Psychose-et-sexualite[]
Dr Arnaud ZELER

23 mai : journée mondiale contre les fistules obstétricales

23 mai 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité by

Sage-femme Afrique Grossesse accouchement

Alors que l’on entend régulièrement des débats concernant la sur-médicalisation de l’accouchement en France (où seules 0,2 % des naissances se font à domicile), il existe dans le reste du monde une complication très grave de l’accouchement qui touche des millions de femmes : la fistule obstétricale.

Qu’est-ce qu’une fistule obstétricale ?

Une fistule obstétricale est une communication qui se créée entre le vagin et un autre organe creux situé à proximité du vagin, liée à un travail trop prolongé lors de l’accouchement et à une absence de soins médicaux.

Cela peut être une communication :

  • Entre le vagin et la vessie : fistule vésico-vaginale (FVV)
  • Entre le vagin et le rectum : fistule recto-vaginale (FRV)

Cette complication entraine bien entendu un retentissement catastrophique sur la sexualité, mais également sur la vie sociale de ces mères, souvent très jeunes et défavorisées.

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Dr Arnaud ZELER

Retentissement des MICI sur la sexualité

19 mai 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité by

La Maladie de Crohn et la Rectocolite Hémorragique sont des Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI) qui se caractérisent par des douleurs abdominales et des troubles du transit qui évoluent par poussées.

La Maladie de Crohn concerne tout le tube digestif, alors que la rectocolite hémorragique (ou colite ulcéreuse) est limitée aux régions du rectum et parfois du côlon.

Ce sont des maladies assez rares (1 personne sur 1000), qui touchent les gens jeunes avec un âge moyen de découverte entre 15 et 35 ans. On estime que 60 000 personnes sont atteintes de la maladie de Crohn en France, 1 million en Europe et 600 000 en Amérique du Nord1.

La cause exacte des MICI n’est pas encore clairement identifiée, mais on pense qu’elles sont dues à l’exposition d’un individu, probablement génétiquement prédisposé, à des facteurs de risque environnementaux qui vont induire une augmentation de la perméabilité intestinale. Cette perméabilité anormale va permettre de faire entrer à l’intérieur de la paroi de l’intestin des molécules étrangères, responsables d’une activation de la réponse inflammatoire et de la production, en excès, de protéines de l’inflammation qui vont donner les douleurs, les troubles du transit et les saignements.

On sait depuis longtemps déjà que la Maladie de Crohn et la Rectocolite Hémorragique pèsent lourdement sur la qualité de vie des patients à cause des crises douloureuses, des hospitalisations ou des opérations chirurgicales parfois nécessaires, et des effets secondaires des traitements 2. Mais ce que l’on sait moins, c’est que ces pathologies ont un retentissement important sur la sexualité, la fertilité et la vie de couple des personnes qui en sont atteintes.

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Références

  1. Edward V Loftus, « Clinical Epidemiology of Inflammatory Bowel Disease: Incidence, Prevalence, and Environmental Influences », Gastroenterology 126, no 6 (mai 2004): 1504 17, https://doi.org/10.1053/j.gastro.2004.01.063[]
  2. Subrata Ghosh et Rod Mitchell, « Impact of Inflammatory Bowel Disease on Quality of Life: Results of the European Federation of Crohn’s and Ulcerative Colitis Associations (EFCCA) Patient Survey », Journal of Crohn’s & Colitis 1, no 1 (septembre 2007): 10 20, https://doi.org/10.1016/j.crohns.2007.06.005[]
Dr Arnaud ZELERCatherine TROADEC

Comment améliorer la santé sexuelle des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ?

17 mai 2026 dans Points de repères sexo by et

L’orientation sexuelle fait partie de l’identité sexuelle, et aucune orientation sexuelle n’est anormale.

Cependant, les études montrent que les populations qui ont des relations homosexuelles ont des facteurs de vulnérabilité plus importants, qui méritent d’être détaillés et pris en compte pour une meilleure santé sexuelle.

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