La lubrification vaginale en questions

Publié le 15 octobre 2019 dans la catégorie Points de repères sexo

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Qu’est-ce que la lubrification vaginale ?

La lubrification vaginale est un phénomène automatique, qui commence dans les 10 à 30 secondes après le début de l’excitation sexuelle, donc au tout début du rapport sexuel, pendant les préliminaires.

Une femme de 20 ans a en général besoin de 15 secondes pour lubrifier complètement son vagin, alors qu’une femme ménopausée mettra entre 5 et 20 minutes 1.

Le lubrifiant physiologique est un liquide transparent, de la consistance du blanc d’oeuf, produit non pas par des glandes, mais par un processus de transsudat vaginal 2 par le biais d’une exfiltration de plasma au travers des parois grâce à l’engorgement vasculaire.

A ce transsudat, vient s’ajouter à la fin de la phase d’excitation un liquide sécrété par les glandes de Bartholin, situées légèrement en dessous et de parts et d’autres de l’orifice vaginal, afin de participer plus spécifiquement à la pénétration (et également au maintient d’une humidité naturelle en temps normal).

Lubrification vaginale
Lubrification vaginale 3

Note importante

On a souvent considéré que la lubrification était un signe du désir.
Pour cette raison, lorsqu’une femme ne lubrifie plus, elle va souvent l’interpréter, à tord, comme le fait qu’elle ne désire plus son partenaire, et donc qu’elle ne l’aime plus…
Alors que la lubrification correspond, en fait, à l’excitation (comme l’érection chez l’homme) et n’a rien à voir avec le désir : on peut très bien avoir très envie de faire l’amour, mais ne pas être en mesure de lubrifier -pour les femmes- ou d’avoir une érection -pour les hommes-. A l’inverse, une femme peut se mettre à lubrifier sans avoir de désir, tout comme un homme peut avoir une érection sans désir.

Qu’est-ce que la sécheresse vaginale ?

La sécheresse vaginale est due à un manque de lubrification vaginale, pouvant entraîner des inconforts lors des relations sexuelles et notamment des douleurs lors de la pénétration, que l’on appelle dyspareunies d’intromission, ainsi que des vulvodynies, qui sont des sensation d’inconfort au niveau de la vulve ressenties même en dehors des rapports.

Cette difficulté touche 20% des femmes jeunes, 30% des femmes ménopausées. Elle peut être ressentie à différentes périodes de la vie.

Les causes de cette sécheresse sont principalement :

  • certains médicaments qui diminuent la lubrification :
    • antihistaminiques,
    • antiparkinsoniens,
    • antidépresseurs et anxiolytiques,
    • certaines pilules contraceptives,
    • certains médicaments pour la tension,
    • l’hormonothérapie  pour traiter le cancer du sein…
  • certaines situations de vie comme :
    • des difficultés dans le couple,
    • le stress,
    • la dépression,
    • l’anxiété,
    • des antécédents de sévices sexuels,
    • la grossesse et le post-partum
  • certaines maladies, notamment l’inflammation des muqueuses qui entourent l’entrée du vagin (vestibulite), les douleurs chroniques et la baisse d’hormones sexuelles liées à la ménopause.

Quelles sont les conséquences de la sécheresse vaginale ?

La lubrification vaginale étant un mécanisme automatique qui ne nécessite pas d’y penser, beaucoup de femmes n’ont pas conscience du niveau de lubrification qu’elles peuvent avoir.

C’est pourquoi, un certain nombre de femmes qui souffrent d’un manque de lubrification, au début ne se rendent pas compte qu’elles sont irritées et pensent qu’elles ont une mycose, car les premiers symptômes de ce manque de lubrification est l’apparition d’une irritation et de démangeaisons après les rapports sexuels. 

Le problème, c’est que si on traite cette sécheresse avec un ovule ou une crème antifongique, cela va encore plus irriter la muqueuse.

En effet, il existe des ovules antifongiques contre les mycoses vaginales qui peuvent s’acheter en pharmacie sans ordonnance, mais nous ne conseillerons jamais assez, lorsque ce genre de symptômes survient, de consulter son médecin, gynécologue ou sage-femme afin de pouvoir bénéficier d’un examen clinique, et éviter d’avoir un traitement inadapté.

Quels traitements pour la sécheresse vaginale ?

Pour diminuer ces symptômes, il est conseillé de mettre un peu de lubrifiant et de rallonger les préliminaires afin de laisser le temps au vagin de bien se lubrifier.

L’utilisation d’un lubrifiant à base d’eau est totalement inoffensif et peut être utilisé sans modération. Il en existe même à différents parfums, des comestibles, des hypoallergéniques etc…

Il est également possible d’utiliser, en dehors des rapports, des gélules et crèmes vaginales qui facilitent la lubrification et sont vendus en pharmacie et sans ordonnance : Replens gélules vaginales hydratantes, Monasens lubrifiant intime, Cicatridine à l’acide hyaluronique disponible sous forme de crême vaginale ou d’ovule. Ces médicaments s’administrent en dehors des rapports sexuels, deux à trois fois par semaine, et permettent une meilleure lubrification et de faciliter les rapports sexuels.

On peut également utiliser des moyens non hormonaux, comme :

  • des injections d’acide hyaluronique dans le vagin
  • des séances de laser (en général 3 séances suffisent)

Le cas particulier de la ménopause

La baisse brutale des taux d’hormones sexuelles (oestrogène et progestérone) liée à la ménopause va agir sur la capacité de lubrification vaginale, mais également, surtout, sur la trophicité des muqueuses, entrainant la vulvo-vaginite atrophique, qui est en fait une atrophie de la muqueuse des vagin et de la vulve entrainant une baisse de la capacité de lubrification.

Le traitement classique est le Traitement Hormonal de la Ménopause (THM), qui consiste à donner, sous forme de comprimé, les mêmes hormones que les ovaires auraient continué à produire si ils ne s’étaient pas arrêtés de fonctionner. Malheureusement, la mode aujourd’hui est de ne pas donner de traitement hormonal substitutif aux femmes, ce qui fait que seulement 6% des femmes ménopausées bénéficient de ce traitement.

Il existe également un traitement hormonal local qui peut aider et qui consiste à appliquer une crème ou des ovules à base d’oestrogènes, tous les jours au début du traitement puis 2 à 3 fois par semaine en traitement d’entretien.

Notes:

  1. Roy J Levin (2003) The ins and outs of vaginal lubrication, Sexual and Relationship Therapy, 18:4, 509-513, DOI: 10.1080/14681990310001609859
  2. Masters W, Johnson VE. The physiology of the vaginal reproductive function. West J Surg Obstet Gynecol. 1961.
  3. COURTOIS, Frédérique. « Neurophysiologie de la réponse sexuelle chez la femme ». In Médecine Sexuelle, fondements et pratique, Lavoisier Médecine, p.59.
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