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Dr Arnaud ZELER

Syndrome de l’intestin irritable et sexualité

29 mai 2026 dans Maladies et sexualité by

Points clefs

  • Le SII peut modifier la sexualité par des contraintes très concrètes : douleur, ballonnements, urgence défécatoire, constipation, fatigue, anticipation anxieuse et gêne corporelle.
  • Les études disponibles retrouvent plus souvent des difficultés sexuelles chez les personnes vivant avec un SII, même si les méthodes et les populations étudiées restent hétérogènes.
  • La consultation précise le profil digestif et le retentissement sexuel : désir, excitation, érection, lubrification, orgasme, douleurs, évitement, humeur et relation.
  • L’évaluation digestive reste le point de départ, puis la prise en charge s’adapte aux symptômes dominants et au vécu sexuel de la personne.
  • Un accompagnement sexologique, psychothérapeutique ou pelvi-périnéal peut être utile lorsque la douleur, la honte, l’anxiété ou l’évitement envahissent la vie intime.

Beaucoup de personnes parlent encore de « colopathie fonctionnelle » ou de « côlon irritable ». Dans les publications médicales récentes, le terme utilisé est syndrome de l’intestin irritable (SII). Il désigne un trouble fonctionnel intestinal chronique. En médecine, « fonctionnel » signifie que le fonctionnement d’un organe ou d’un système est perturbé, sans lésion anatomique visible qui suffise à expliquer les symptômes. Ces symptômes sont réels : douleurs abdominales, ballonnements et troubles du transit, avec des périodes de diarrhée, de constipation ou d’alternance entre les deux. La Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) rappelle que le terme « côlon irritable » est restrictif, car l’intestin grêle peut aussi participer au syndrome.1

Le SII fait partie des troubles de l’interaction intestin-cerveau. Les examens courants ne retrouvent pas de lésion expliquant l’ensemble du tableau clinique. Les symptômes n’en sont pas moins réels. Leur intensité dépend notamment de la douleur, de l’hypersensibilité viscérale, des modifications du transit, de l’alimentation, du sommeil, du stress, de l’anxiété, des antécédents infectieux, des comorbidités douloureuses et de l’histoire personnelle.2

La prévalence dépend fortement des critères diagnostiques utilisés. La SNFGE estime qu’environ 5 % de la population adulte aurait un SII en France, avec une fréquence plus élevée chez les femmes. Les méta-analyses internationales plus anciennes retrouvaient des chiffres plus élevés, souvent autour de 10 à 15 %, parce qu’elles utilisaient des définitions et des questionnaires différents.3

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Références

  1. SNFGE. Syndrome de l’intestin irritable (SII).[↩]
  2. World Gastroenterology Organisation. Irritable bowel syndrome: a global perspective.[↩]
  3. Lovell RM, Ford AC. Global prevalence of and risk factors for irritable bowel syndrome: a meta-analysis. Clin Gastroenterol Hepatol. 2012.[↩]
Dr Arnaud ZELER

23 mai : journée mondiale contre les fistules obstétricales

23 mai 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité by

Sage-femme Afrique Grossesse accouchement

Alors que l’on entend régulièrement des débats concernant la sur-médicalisation de l’accouchement en France (où seules 0,2 % des naissances se font à domicile), il existe dans le reste du monde une complication très grave de l’accouchement qui touche des millions de femmes : la fistule obstétricale.

Qu’est-ce qu’une fistule obstétricale ?

Une fistule obstétricale est une communication qui se créée entre le vagin et un autre organe creux situé à proximité du vagin, liée à un travail trop prolongé lors de l’accouchement et à une absence de soins médicaux.

Cela peut être une communication :

  • Entre le vagin et la vessie : fistule vésico-vaginale (FVV)
  • Entre le vagin et le rectum : fistule recto-vaginale (FRV)

Cette complication entraine bien entendu un retentissement catastrophique sur la sexualité, mais également sur la vie sociale de ces mères, souvent très jeunes et défavorisées.

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Dr Arnaud ZELER

Retentissement des MICI sur la sexualité

19 mai 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité by

La Maladie de Crohn et la Rectocolite Hémorragique sont des Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI) qui se caractérisent par des douleurs abdominales et des troubles du transit qui évoluent par poussées.

La Maladie de Crohn concerne tout le tube digestif, alors que la rectocolite hémorragique (ou colite ulcéreuse) est limitée aux régions du rectum et parfois du côlon.

Ce sont des maladies assez rares (1 personne sur 1000), qui touchent les gens jeunes avec un âge moyen de découverte entre 15 et 35 ans. On estime que 60 000 personnes sont atteintes de la maladie de Crohn en France, 1 million en Europe et 600 000 en Amérique du Nord1.

La cause exacte des MICI n’est pas encore clairement identifiée, mais on pense qu’elles sont dues à l’exposition d’un individu, probablement génétiquement prédisposé, à des facteurs de risque environnementaux qui vont induire une augmentation de la perméabilité intestinale. Cette perméabilité anormale va permettre de faire entrer à l’intérieur de la paroi de l’intestin des molécules étrangères, responsables d’une activation de la réponse inflammatoire et de la production, en excès, de protéines de l’inflammation qui vont donner les douleurs, les troubles du transit et les saignements.

On sait depuis longtemps déjà que la Maladie de Crohn et la Rectocolite Hémorragique pèsent lourdement sur la qualité de vie des patients à cause des crises douloureuses, des hospitalisations ou des opérations chirurgicales parfois nécessaires, et des effets secondaires des traitements 2. Mais ce que l’on sait moins, c’est que ces pathologies ont un retentissement important sur la sexualité, la fertilité et la vie de couple des personnes qui en sont atteintes.

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Références

  1. Edward V Loftus, « Clinical Epidemiology of Inflammatory Bowel Disease: Incidence, Prevalence, and Environmental Influences », Gastroenterology 126, no 6 (mai 2004): 1504 17, https://doi.org/10.1053/j.gastro.2004.01.063[↩]
  2. Subrata Ghosh et Rod Mitchell, « Impact of Inflammatory Bowel Disease on Quality of Life: Results of the European Federation of Crohn’s and Ulcerative Colitis Associations (EFCCA) Patient Survey », Journal of Crohn’s & Colitis 1, no 1 (septembre 2007): 10 20, https://doi.org/10.1016/j.crohns.2007.06.005[↩]
Dr Arnaud ZELER

Maladie cœliaque, sexualité et fertilité

16 mai 2026 dans Journées de santé, Maladies et sexualité by

Épis de blé illustrant un article sur maladie cœliaque, sexualité et fertilité.

La maladie cœliaque est une maladie immune-médiée déclenchée par le gluten, chez des personnes génétiquement prédisposées. Le gluten concerné provient surtout du blé, du seigle et de l’orge. L’exposition déclenche une réaction inflammatoire de l’intestin grêle, avec atteinte des villosités, anticorps spécifiques et risque de malabsorption. La maladie dépasse donc largement le cadre d’un simple inconfort digestif. 1

La sexualité, la fertilité et la grossesse peuvent être touchées lorsque la maladie reste active, non diagnostiquée ou insuffisamment contrôlée. Les mécanismes possibles associent fatigue, douleurs abdominales, diarrhée, ballonnements, anémie, carences, perte ou prise de poids, anxiété, humeur dépressive, contraintes alimentaires, image corporelle et retentissement relationnel. Le régime sans gluten traite la maladie cœliaque confirmée ; l’amélioration sexuelle ou reproductive dépend ensuite du terrain clinique et des facteurs associés.

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Références

  1. Rubio-Tapia A, et al. ACG Guidelines, American Journal of Gastroenterology, 2023. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36602836/[↩]
Dr Arnaud ZELER

Rôle des infirmier(e)s dans la prise en charge de la santé sexuelle

12 mai 2026 dans Journées de santé by

Tous les soignants ont leur rôle à jouer dans la prise en charge de la santé sexuelle1. Les infirmières doivent particulièrement se protéger de par leur exercice particulier.

Le travail de l’infirmière n’est pas neutre

L’exercice de la profession d’infirmière s’attache au corps du patient. L’infirmière agit sur les chairs, la peau, l’intérieur et l’extérieur du corps et celui-ci est habité par diverses dimensions : affective, émotionnelle et pulsionnelle.

Le toucher professionnel procuré lors des soins reste soumis aux fantasmes tant chez le patient et que chez le soignant.

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Références

  1. Santé sexuelle : les infirmiers ont un rôle à jouer https://www.actusoins.com/336636/sante-sexuelle-les-infirmiers-ont-un-role-a-jouer.html[↩]
Dr Arnaud ZELER

Retentissement de la fibromyalgie sur la sexualité

11 mai 2026 dans Maladies et sexualité by

De nombreuses études montrent que la fibromyalgie est associée à une diminution de la satisfaction sexuelle, à des troubles de l’excitation, à une perturbation de la capacité orgasmique et à une augmentation de la douleur lors des rapports.

Chez les patientes atteintes de fibromyalgie, la lubrification se fait moins bien, et le seuil à partir duquel la douleur est ressentie est plus bas que la normale, ce qui explique les dyspareunies.

En revanche, contrairement une idée souvent répandue, la dépression, qui accompagne la fibromyalgie dans 70% des cas, ne semble pas avoir un rôle majeur sur les troubles de la sexualité.

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Dr Arnaud ZELER

Comment prendre en charge les comportements sexuels problématiques dans la Maladie de Parkinson ?

11 avril 2026 dans Maladies et sexualité by

Les dysfonctions sexuelles font partie des symptômes non moteurs fréquents de la maladie de Parkinson1.

La sexualité peut être perturbée de multiples façons : directement par la maladie elle-même ou ses comorbidités, mais aussi indirectement par les traitements médicamenteux, par les conséquences générales liées à toute pathologie chronique (fatigue, faiblesse musculaire, mobilité réduite, troubles de la concentration), ou encore par des facteurs psychosociaux comme la dépression, l’anxiété, une altération de l’estime de soi, de l’image corporelle, ou des difficultés relationnelles234.

De nombreux hommes et femmes atteints de la maladie déclarent ainsi une insatisfaction sexuelle marquée5567. Dans une étude conduite auprès de personnes vivant avec la maladie, les dysfonctions sexuelles ont été classées au 12e rang des 24 symptômes les plus gênants8.

Les difficultés sexuelles rapportées se regroupent autour de deux grands axes : d’une part, une altération de la fonction sexuelle (diminution du désir, troubles de l’érection, difficultés à atteindre l’orgasme), et d’autre part, une augmentation de la préoccupation sexuelle, parfois marquée par des comportements compulsifs ou une hypersexualité910.

Si les troubles de la fonction sexuelle sont aujourd’hui bien identifiés dans le cadre de la maladie de Parkinson, les troubles du contrôle des pulsions, comme l’hypersexualité, restent en revanche moins connus du grand public comme de certains professionnels.

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Références

  1. Chaudhuri et al. (2006) International multicenter pilot study of the first comprehensive self-completed nonmotor symptoms questionnaire for Parkinson’s disease: The NMSQuest study. Mov Disord, 21, 916-923.[↩]
  2. Kotkova & Weiss (2013) Psychiatric factors related to sexual functioning in patients with Parkinson’s disease. Clin Neurol Neurosurg, 115, 419-424.[↩]
  3. Kummer et al. (2009) Loss of libido in Parkinson’s disease. J Sex Med, 6, 1024-1031.[↩]
  4. Bronner et al. (2015) Sexuality in patients with Parkinson’s disease, Alzheimer’s disease, and other dementias. Handb Clin Neurol, 130, 297-323.[↩]
  5. Bronner et al. (2004) J Sex Marital Ther, 30, 95-105.[↩][↩]
  6. Wielinski et al. (2010) J Sex Med, 7(4 Pt 1), 1438-1444.[↩]
  7. Bronner et al. (2014) Parkinsonism Relat Disord, 20, 1085-1088.[↩]
  8. Politis et al. (2010) Mov Dis, 25, 1646-1651.[↩]
  9. Sakakibara et al. (2001) Auton Neurosci, 92, 76-85.[↩]
  10. Solla et al. (2015) Mov Disord, 30, 604-613.[↩]
Dr Arnaud ZELER

Asexualité : une réalité toujours incomprise

6 avril 2026 dans Journées de santé, Points de repères sexo by

Ne relevant d’aucune maladie psychiatrique, l’asexualité touche plus de 1 % de la population qui affirme leur présence et réclame la compréhension de la société.

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Colette Casimir

Fiche repère cancer colorectal : Vie Intime et sexualité

23 mars 2026 dans Maladies et sexualité by

L’association patients en réseau / Mon Réseau Cancer Colorectal a édité, en partenariat avec La Ligue Contre le Cancer, l’AFA Crohn RCH, et le soutien institutionnel de Pierre Fabre, une fiche repère sur la thématique de la vie intime et sexuelle à l’attention des patients souffrant d’un cancer colorectal.

Nous la publions ici avec leur aimable autorisation, dans le but de relayer les informations qu’elle contient.

Le cancer colorectal et ses traitements altèrent souvent la vie intime et la sexualité.
Certaines personnes risquent de se désintéresser des relations sexuelles lors du processus du diagnostic et du traitement. Pour d’autres, la vie intime du couple est fortement impactée. Parfois, les difficultés viennent du partenaire. Si ces bouleversements apparaissent, ils sont le plus souvent temporaires. Il est important d’en parler à son partenaire, son médecin ou son équipe de soins, qui peuvent aider à les gérer.

Attention

Ne jamais prendre de médicament sans l’avis de votre médecin ou pharmacien. Parlez à votre médecin ou votre pharmacien de tout effet indésirable ressenti au cours du traitement.

POURQUOI DES TROUBLES SEXUELS ?

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Catherine TROADEC

Atteindre le bonheur grâce à une vie affective et sexuelle épanouie

20 mars 2026 dans Points de repères sexo by

Être heureux dans son travail et dans la réalisation de ses projets sur le long terme, dépend d’un équilibre subtil entre épanouissement personnel, relationnel et affectif d’une part, et professionnel d’autre part.

S’il est vrai que beaucoup d’entre nous se plongent à corps perdu dans le travail lorsqu’un évènement douloureux survient dans leur vie, force est de constater qu’il ne s’agit là que d’une tentative d’évitement afin de ne pas se confronter à la réalité du problème qui, pourtant, persiste et parfois même, s’aggrave. Cela peut être une bonne stratégie dans un premier temps et permettre une prise de recul de la situation, n’empêchant pas pour autant le fait qu’il faudra bien s’y affronter tôt ou tard.

Ainsi, d’après notre expérience clinique et pratique, il est illusoire de penser que l’on peut être productif à long terme sur le plan professionnel si la vie personnelle est chaotique.

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