Sexoblogue.fr : Des conseils d’experts pour une sexualité épanouie

Dr Arnaud ZELER

Les troubles du désir masculin

11 octobre 2013 dans par

Note importante

Ce cours a été rédigé par le Dr ZELER comme complément aux enseignements du Diplôme Inter Universitaire de Sexologie.

Des erreurs, des imprécisions ou des évolutions scientifiques peuvent subsister.

Si vous repérez une erreur, une donnée devenue obsolète ou un point qui mérite d’être précisé, vous pouvez nous le signaler dans les commentaires sous le cours.

I – LE MANQUE DE DESIR

Le désir sexuel est une des manifestations du comportement au même titre que la soif, la faim ou le sommeil. Il est le produit d’une interaction complexe entre : 
des processus cognitifs et psychologiques
– et des mécanismes neurophysiologiques et biochimiques

Bancroft

On parle aussi de manque d’intérêt ou de désir sexuel hypoactif.

 A- Définition

Parenthèse sur les groupes « asexuels »

Certaines personnes se définissent comme asexuels. On ne sait presque rien sur eux, et notamment sur leurs taux de testostérone, car on ne leur dose pas puisqu’ils ne consultent pas au cabinet.
On ne peut s’occuper que de patients, c’est à dire de gens qui patientent et donc qui souffrent. Chez ces gens, pourtant, on peut se poser la question de la procréation, car même si la partie récréative du sexe est exclue pour eux, peut être iront-ils consulter un jour pour un problème d’infertilité.

 B – Épidémiologie

Tableau représentant l'épidémiologie des troubles du désir sexuel hypoactif masculin en France
Source : Enquête sur la sexualité en France1, Nathalie Bajos et Michel Bozon
  • Moins de 1% des hommes de 18 à 30 ans ont des troubles souvent.
  • Quand on évolue avec l’âge la diminution de la libido augmente avec une accélération à partir de 50 ans (hommes de 18 à 69 ans ayant eu un rapport au cours de 12 derniers mois).
  • En temps que psychiatre c’est important d’aborder la question de la sexualité même si il consulte pour un autre problème car c’est une porte qu’on ouvre en cas de désir de parler de sexualité plus tard et notamment en cas d’effet indésirable médicamenteux.

 C – Clinique

L’insuffisance de désir sexuel (IDS) ou le désir sexuel hypoactif (DSH), comme tout trouble sexuel, pourra être :

  • primaire ou secondaire
  • récent ou ancien
  • variable ou permanent
  • secondaire à un autre trouble
  • partenaire-dépendant

On observe classiquement 5 étapes de dégradation :

  1. manque d’intérêt simple : indifférence à des objets autrefois investis avec des rapports quand même possibles et qui peuvent être agréables (à ce niveau il faut toujours se poser la question de la dépression)
  2. manque de désir sexuel avec une motivation faible pour l’activité sexuelle, des comportements d’évitement, une anticipation de l’échec et une coloration pessimiste des situations sexuelles.
  3. manque d’excitation lors du rapport avec dysfonctions sexuelles associées : érection faible, insuffisante pénétration, éjaculation prématurée, asthénique, perte d’érection avant l’éjaculation
  4. dyspareunies qui se traduisent par des douleurs, des paresthésies, une pesanteur, une tension, des nausées, des migraines…
  5. aversion sexuelle qui se définit par un refus des contacts corporels y compris toucher l’épaule avec des phénomène agressifs, violences… surtout dans les antécédents

La découverte de l’inhibition du désir sexuel peut être fortuite dans le cadre d’une consultation. En effet le patient ou le couple peut consulter pour un autre problème (fertilité procréation) et si les 2 partenaires sont au même niveau d’inhibition il faut aborder le sujet avec beaucoup de prudence et de réserve, puisque là n’est pas leur demande.

Assez souvent l’homme vient consulter pour un trouble de l’érection mais on se rend compte dès l’interrogatoire qu’en fait ce n’est pas un problème d’érection mais de désir sexuel et il est important de remonter à la source du problème car le désir sexuel est le moteur de l’érection. Parfois le patient consulte pour ce problème d’inhibition du désir sexuel assez tard et sous la pression de la partenaire, elle-même souvent au point d’exaspération.

Dans certains cas le problème est masqué par une plainte psychosomatique : nausées, diarrhées, palpitations, colites, migraines (qui ne sont que des céphalées en fait…), et derrière ces plaintes multiples et variées il est important d’aller voir ce qu’il se passe du côté de la sexualité. Dans d’autre cas le patient vient se plaindre d’un « désir à éclipses », son désir étant cyclique et cela est souvent lié à des motifs évident de non-désir, souvent d’ordre professionnel.

Comment aborder le sujet ?

Il est important de restituer l’individu dans son contexte de vie : qu’est ce que vous avez fait comme cursus scolaire, professionnel, qu’est ce que vous faites maintenant ?

Le stress est une pression appliquée à une pièce métallique et qui vient de la métallurgie. La réponse au stress est la résilience, et c’est la capacité d’une pièce mécanique à retrouver sa forme originale après avoir été soumis à un stress.

Une fois qu’on a mis le doigt sur le stress on lui demande qu’elles sont les soupapes et notamment les loisirs et la recherche du plaisir. On peut ensuite passer sur « comment ça se passe dans votre vie sexuelle ? ».

Au début de l’entretien on dit qu’on pose beaucoup de question mais qu’on est pas juge d’instruction et que aucune des question n’oblige une réponse et que si on ne veut pas en parler ou si on ne connaît pas la réponse il vaut mieux dire qu’on ne sait pas ou qu’on ne veut pas en parler plutôt que de se sentir obligé de répondre un truc qui nous mettra sur une fausse piste.

Si on ne prend pas son temps on risque de le perdre.

Auteur inconnu

D- Etiologies des troubles du désir

1 – Les causes organiques et iatrogènes

  1. Les déficiences hormonales : testostérone basse, prolactine élevée
  2. Les maladies astheniantes : la différence entre fatigue et asthénie c’est que la fatigue répond au repos alors que l’asthénie c’est une fatigue qui ne s’améliore pas ma,grès le sommeil
    • maladies infectieuses (hépatite virale, MNI, HIV) :
    • maladies endocriniennes (insuffisance surrénale chronique, insuffisance thyroïdienne, insuffisance hypophysaire)
    • dépression
  3. Certains médicaments : bêta-bloquants, antidépresseurs tricycliques, neuroleptiques, anxiolytiques (mais moins que l’anxiété en elle-même), ISRS (prolactine, deroxat=paroxetine, zoloft etc…), œstrogènes, anti-androgènes.
    • Ici se pose le problème de la iatrogénie : est-ce que le trouble est lié au traitement ou est-ce qu’il en est son révélateur ?
    • Exemple : un patient se porte bien et à une sexualité épanouie. Soudain en consultant son médecin il lui diagnostic une hypertension artérielle systolique à 190. Il est arrivé confiant et en bonne santé chez le médecin et repart malade avec une perturbation de l’image de soi. Quand il va rentrer chez lui, il aura moins envie de s’amuser. Le traitement anti-hypertenseur va faire baisser la pression artérielle et peut-être révéler une dysfonction érectile parce que les artères périphériques étaient un peu bouchées par de l’athérome mais vu que la tension artérielle était très élevée, il n’y avait pas de problème d’érection jusque là. ➡︎ Donc attention avant d’accuser le médicament dans ce cas la.
  4. Toxiques : alcool, tabac.
    • L’alcool est le plus ancien antidépresseur et le plus puissant des désinhibiteur à condition de ne pas atteindre le point de sédation. Il y a des gens qui ont l’alcool gai et d’autres qui ont l’alcool triste. Dans le sevrage il est très fréquent d’avoir une perturbation du désir sexuel, qui peut durer un ou deux ans et qui peut motiver le patient à se remettre à boire et pour lequel il va falloir l’accompagner.

2 – L’anxiété sexuelle

L’anxiété sexuelle se manifeste avant ou pendant les rapports sexuels. Si elle est forte elle entraîne l’évitement déguisé assez souvent en « respect ».

  1. Il existe de nombreux fantasmes anxiogènes :
    • crainte de penser à autre chose
    • peur de ne pas donner du plaisir → les encourager à chercher leur propre plaisir car si ils n’ont pas de plaisir leur partenaire n’aura pas de plaisir et vice versa
    • peur des Infections sexuellement transmissibles
    • problème de la dysmorphophobie et notamment le « syndrome du vestiaire » avec image de soi dévalorisée
    • crainte de ne pas être propre ou de sentir mauvais
    • peur d’être vu ou entendu
    • risque de grossesse
    • peur de ne pas avoir d’érection ou d’éjaculation
    • peur de l’éjaculation prématurée
    • comment mettre un préservatif ? Va t il tenir ?
  2. L’anxiété de performance
    • l’érection est-elle bonne ? Va-t-elle durer ? Va-t-elle contenter ma partenaire ?
    • Est-ce qu’elle me sent ? Est-ce qu’elle jouit ?
    • Ma verge est-elle assez longue ? grosse ? rigide ?

A force de se poser des questions cela amènera à l’attitude de spectateur avec un homme qui au lieu de participer va regarder.

3 – Les trouble du désir secondaires à une autre dysfonction sexuelle :

4 – Antécédents de problématique personnelle

  • dans l’enfance (les modèles, blessures)
  • dans l’adolescence (« touche pas ça c’est sale ! »)
  • dans l’apprentissage : masturbation, premier rapport sexuel (l’empreinte), complexe de petit penis, phimosis…

5 – Les syndromes dépressifs

6 – Les psychoses

7 – Le conflit conjugal

8 – L’homosexualité de « révélation » tardive

  • C’est un homme qui en général est amené par sa femme et qui se sent fautif d’avoir ou d’avoir eu des fantasmes homosexuels et si il y a des rapports homosexuels le désir et l’érection sont bien là alors qu’avec leur femme il n’y a plus aucun désir. Souvent gros problème lié au fait qu’il y a des enfants en jeu.

9 – Les paraphilies

  • Fétichisme qui reste secret et si c’est découvert cela pert toute sa valeur érogène,
  • voyeurisme,
  • exhitionisme,
  • pédophilie (dans ce cas la on n’est plus lié par le secret médical et on doit le signaler au procureur de la république)

II – L’EXCES DE DESIR SEXUEL

Il faut chercher un certain nombre de choses très particulières :

A – Causes organiques

  • Lésions tumorales du SNC,
  • AVC et trauma cérébraux,
  • épilepsie temporale,
  • toxiques (amphétamines)

B – Causes psychologiques

États maniaques, état délirants, états d’hypersexualite compulsive, syndrome dépressif sous-jacent

C – Causes iatrogènes

Requip®, DOPA, parlodel® peuvent entraîner des débordements sexuels car ce sont des dopaminergiques (neuromédiateur du système de récompense)

III – PRISE EN CHARGE

Il n’y a pas de traitement spécifique de la dysfonction sexuelle. Ce qui est important c’est de savoir qu’on ne soigne pas un trouble mais une personne et qu’il faut essayer d’éveiller le patient en prenant toutes les précautions nécessaires afin qu’il soit réceptif donc soigner une dépression, un surmenage professionnel etc avant toute chose.

A – Le traitement étiologique

Il y a une dimension étiologique à prendre en charge mais parfois on arrive par à trouver une cause particulière d’autant plus que c’est rarement une dimension de causalité linéaire et qu’on va avoir un certain nombres d’élément qui se mettront en place et qui seront dépendants les un des autres avant que les effets se mettent en place. D’ici là il faudra quand même tenter de mettre en place qqchose pour soigner les patients.

  • Dans l’hypogonadisme, les infections, la dépression et elle les psychoses on arrivera assez facilement à trouver une solution.
  • Dans les maladies de couple il y aura un certain nombre de choses à faire d’un point de vue thérapie de couple sachant que l’objectif n’est pas forcément de recréer un monde idyllique mais simplement de recréer un dialogue dans le couple et faire en sorte qu’ils arrivent à se parler sans se disputer. Si les individus arrivent à se parler ils arriveront ensuite à comprendre une chose fondamentale qui est : est-ce qu’ils veulent continuer ensemble ou est-ce que leurs chemins vont se séparer ? Pour qu’un couple dure il faut que les 2 soient d’accord, pour qu’un couple se sépare un seul suffit.

L’énoncé des étiologies suffit pour comprendre la nécessité d’une approche pluridisciplinaire.

En effet, à chaque niveau étiologique correspond une approche thérapeutique différente.

En outre le traitement étiologique est parfois impossible et souvent insuffisant, surtout quand le trouble est installé depuis longtemps.

Un psychiatre pourra s’occuper d’une femme souffrant de vaginisme uniquement si un gynécologue l’aura examinée auparavant et aura pris un certain nombre de précautions pour orienter la femme vers le psychiatre. Mais si la femme n’est pas adressée par le gynécologue, le psychiatre ne pourra pas faire le diagnostic.

B – L’intervention sexologique

La sexothérapie va prendre en compte les points suivants :

  • Développement de la conscience de son corps
  • Développement d’une image positive de soi (sensualité, perception de soi et de son désir)
  • Développement de la communication du couple
  • Développement de l’intimité dans le couple
  • Intervention sur les pensées négatives face à la sexualité
  • Développement d’une image de soi comme sujet désirable et désirant
  • Développement d’une fantasmatique sexuelle

Par exemple on peut proposer au couple de faire des massages. Évidemment on explique au couple comment ils doivent se masser mais on ne doit pas les masser nous même. On commence déjà par proposer au couple de se libérer 3x par semaine tous les 2 pendant 3/4h, de coucher les enfant, débrancher le téléphone et laisser éteindre la télé puis de parler ensemble. Rien que ça c’est très difficile pour les gens de faire ça. Les gens n’arrivent plus à se défaire de leur pseudo moyens de communication pour entrer dans une vraie communication avec leur partenaire. Rester 3/4h sans télé téléphone et ordinateur est très dur mais c’est une étape indispensable avant de pouvoir passer à l’étape suivante qui est le massage.

Parfois on reçoit des couples qui ne peuvent pas avoir de relations sexuelles parce qu’ils ont des enfants en bas âge et que tout le monde dort dans la même pièce avec le petit dernier qui dors dans le lit parental. Souvent on se rend compte que elle dans ces cas de figure qui paraissent simple si les gens se sont laissé entraîner dans ce genre de situation c’est qui, y a souvent des conduites de sabotage.

Certains patients ont une mauvaise image du sexe, c’est sale etc.
Il faudrait inventer des façons d’érotiser sa vie, le rapport à son corps, les contacts avec l’autre et consacrer du temps à vivre des moments particuliers en couple.
Il y a beaucoup de gens qui vient dans un quotidien difficile et qui ne pensent pas à s’évader.

CITATIONS

On ne peut désirer ce qu’on ne connaît pas.

Voltaire

Le désir qui naît de la joie est plus fort, toutes circonstances égales d’ailleurs, que le désir qui naît de la tristesse

Spinoza

Et le désir s’accroît quand l’effet se recule

Corneille

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Références

  1. Enquête sur la sexualité en France, Nathalie BAJOS, Michel BOZON, 2006 []
Dr Arnaud ZELER

Les troubles du désir chez l’homme vieillissant

11 octobre 2013 dans par

Note importante

Ce cours a été rédigé par le Dr ZELER comme complément aux enseignements du Diplôme Inter Universitaire de Sexologie.

Des erreurs, des imprécisions ou des évolutions scientifiques peuvent subsister.

Si vous repérez une erreur, une donnée devenue obsolète ou un point qui mérite d’être précisé, vous pouvez nous le signaler dans les commentaires sous le cours.

PREAMBULE

On parle de désir sexuel (ou de libido dans le langage habituel) qu’on défini par une pulsion physiobiologique qui conduit un individu à avoir un rapport sexuel, et va le pousser à mettre en œuvre une stratégie qui va aboutir à un comportement sexuel.

Cette pulsion aura une composante biologique qui passe par la testostérone et les récepteurs à la testostérone ainsi que des influences autour bien plus complexes.

I – PHYSIOLOGIE

Concordance chronologique entre la sécretion de testostérone et l’apparition des comportements sexuels (Études observationnelles)

On a observé une concordance biologique entre le taux de testostérone et le comportement sexuel, notamment chez les animaux à reproduction saisonnier, mais également dans l’espèce humaine où bien que les saison ne jouent pas le même rôle, la montée de la testostérone qui a lieu  chez l’adolescent correspond bien avec la montée du désir sexuel.

Rôle des androgènes sur le comportement sexuel animal chez le male
Rôle des androgènes sur le comportement sexuel animal chez le male
Chronologie de l'augmentation de la testosterone et apparition de la libido à la puberté
Chronologie de l’augmentation de la testostérone et apparition de la libido à la puberté

Comme ce n’est pas bien admis par la société actuelle que l’adolescent ai des comportement copulatoires dès l’adolescence, il aura du coup recours à la masturbation pour assouvir ces pulsions, ce qui lui permettra de développer sa sexualité. Dans certaines sociétés plus ouvertes les sujets masculins ont un rapport sexuel dès qu’ils ont leurs premières pulsions (Afrique sub-saharienne) et ces sujets auront dû mal à faire un spermogramme car ils ne savent pas se masturber.

Effets de la suppression et de la supplémentation en androgène (Études expérimentales)

Chez l’animal, la castration supprime le comportement sexuel et le fait d’en injecter ensuite rétablit le comportement sexuel. Pendant la période pré-copulationnel au niveau du cerveau on a une augmentation de NO et de dopamine dans la région pré optique médiane et cela ne marche pas en l’absence de testostérone.

Chez l’Homme, l’administration d’un antagoniste du GnRh chez des hommes normaux vivant en couple provoque en 4 semaines une diminution de la fréquence du désir sexuel, des fantasmes, des rapports, de l’excitation sexuelle et de la masturbation. Lorsque l’on arrête le produit, la testostérone remonte et l’activité sexuelle redevient comme avant.

Suppression de la testostérone et « activité sexuelle »
Suppression de la testostérone et « activité sexuelle »
Traitement substitutif des hypogonadismes et augmentation de la libido
Lorsque l’on donne de la testostérone aux personnes qui ont un hypogonadisme celles-ci présentent alors une augmentation de leur libido

C’est la preuve que chez l’homme le désir et l’activité sexuelle sont testostérone-dépendants.

On connaît chaînes zones impliquées au niveau du cerveau dans l’excitation sexuelle, dont certaines sont androgeno-dépendantes.

regions cerebrales activees par l'excitation sexuelle chez l'homme
Régions cerebrales activées par l’excitation sexuelle chez l’homme

II – EPIDEMIOLOGIE

Dans la population generale on a 19% des hommes de 18 à 69 ans qui ont une diminution du désir sexuelle selon l’enquête ACSF 1993 12.

Le désir sexuel diminue avec l'âge
Le désir sexuel diminue avec l’âge (Massachusetts mâle aging study)3

Cette étude à également cherché à mettre en évidence un lien entre la diminution de la libido et de la testostérone. Pour cela on a mesuré la libido ainsi que la testostérone et on a fait un test statistique pour voir si il y a une corrélation. Il se trouve que l’on trouve une corrélation entre le score de libido, la testostérone totale et la testostérone biodisponible avec une significativité qui n’est pas due au hasard mais avec des taux qui ne sont pas extrêmement importants non plus. Il y a donc d’autres facteurs qui jouent également.

Relation entre libido et taux de testostérone chez les hommes âgés
Relation entre libido et taux de testostérone chez les hommes âgés

Chez le sexologue, les hommes qui consultent pour une libido basse montrent que seuls 23% de ces patients ont une testostérone basse. Chez l’endocrinologue, si on mesure à tout le monde la testostérone et qu’on prend tous les patients qui ont une testostérone inférieure à la normale, seuls 37% ont une libido basse.

Epidémiologie des troubles sexuels en fonction du spécialiste
Epidémiologie des troubles sexuels en fonction du spécialiste

Le désir sexuel n’est donc pas chez l’homme uniquement lié à la testostérone. Par exemple une étude allemande montre une libido variable en fonction de covariances telles que le fait d’habiter à l’est ou à l’ouest, d’avoir ou non de l’argent, d’être au chômage etc…

Epidémiologie du désir sexuel « multifactoriel »
Epidémiologie du désir sexuel « multifactoriel »

III – DIAGNOSTIC CLINIQUE

Consensus d’expert 2008-20094

  • Le diagnostic de déficit androgenique lié à l’âge nécessite la présence de symptômes et de signes suggérant un déficit en testostérone.
  • Le symptôme le plus associé à l’hypogonadisme est une faible «libido».
  • Les autres points qu’on peut retrouver sont la dysfonction érectile, la diminution de la masse musculaire et de la force, augmentation de la masse grasse, ostéoporose, humeur dépressive, diminution de la densité osseuse et diminution de la vitalité bien qu’aucun de ces symptômes ne soit significatif.
  •  Un ou plusieurs de ces symptômes doivent être corroborés avec une concentration basse de testostérone.
  • Les questionnaires (comme AMS ou ADAM) ne sont pas recommandés pour faire le diagnostic d’hypogonadisme en raison de leur faible spécificité.
  • Le bilan initial de tous les hommes présentant une dysfonction érectile et/ou une diminution de la libido devrait comporter une détermination de la testostérone sérique.
  • Les hommes présentant une dysfonction érectile et/ou une diminution de la libido et un déficit en testostérone documentée sont des candidats à un traitement par la testostérone.

Lorsqu’un patient vient avec une dysfonction érectile et une baisse de la libido, il faut lui doser la testostérone et si la testostérone totale est basse le patient sera candidat à un traitement substitutif. L’interprétation du taux de testostérone totale est bonne si le taux est supérieur à 3,5 (là il n’y a pas de carence) ou inférieur à 2,3 (le patient est en hypogonadisme).

Valeurs limites de la testosterone totale
Valeurs limites de la testosterone totale

Entre les deux on ne peut pas interpréter donc on se basera sur la testostérone biodisponible. La testostérone totale ne sera pas fiable si : la SHBG est élevée (déficit pondéral, âge, hepathopathie, HIV, hyperthyroïdie) ou au contraire basse (obésité, diabète, hypothyroïdie etc) et dans ces cas la on fait directement la testostérone biodisponible.

Évaluation de l’effet du traitement

Pendant 3 à 6 mois et décision ou non de renouvellement (Consensus d’Experts 2008-2009)

  • C’est un « test à la testostérone« 
  • L’amélioration des signes et symptômes de déficit en testostérone doit être recherchée.
  • L’absence de bénéfice clinique après une durée de traitement raisonnable doit conduire à arrêter le traitement.
  • trois à six mois pour la libido et les fonctions sexuelles, les fonctions musculaires et la graisse corporelle.
  • l’amélioration de la densité osseuse nécessite un délai plus long.
  • Il faut alors rechercher d’autres causes aux symptômes.

Résumé des recommandations5

  • si un patient se plaint d’une baisse de libido il faut doser testostérone
  • si la testostérone basse (en dessous de la limite des hommes jeunes) on fait un traitement d’épreuve de courte durée (trois mois) à la testostérone
  • Une absence de réponse plaide en faveur d’un arrêt de l’administration testostérone.
  • Une réponse satisfaisante peut-être un effet placebo et la surveillance de l’effet thérapeutique doit être poursuivie avant d’instaurer un traitement de longue durée.

IV – TRAITEMENT

Traitement substitutif des hypogonadismes

Traitement substitutif des hypogonadismes - Effet sur la libido
Traitement substitutif des hypogonadismes – Effet sur la libido

Après 2 ans de traitement par la testostérone chez des hypogonadiques on voit que 80% ont une amélioration de la libido.

Traitement androgenique en dehors des hypogonadismes

  • Si on donne de la testostérone à doses physiologiques cela produit une baisse de LH et de la production de testostérone endogène et il ne se passera rien.
  • Si on donne des grosses doses (ce que les bodybuilders font) cela peut améliorer de manière transitoire la libido et l’érection mais au long cours on aura une mise au repos des hormones hypophysaires et un hypogonadisme réactionnel.

Cela n’est pas recommandé.

Traitement anti-androgénique des délinquants sexuels

On donne de la triptoreline en injection, un analogue de la gonadoréline, l’hormone naturelle de libération des gonadotrophines (GnRH, Gonadotrophine Releasing Hormone), conduisant à une diminution du taux de testostérone dans le sang.

Suppression de la testostérone et désir sexuel chez les délinquants sexuels
Suppression de la testostérone et désir sexuel chez les délinquants sexuels
  • Le freinage androgénique induit une diminution progressive du désir sexuel.
  • MAIS comme une stimulation sexuelle forte est capable de permettre une érection en l’absence d’androgène,
    • les mesures d’évitement des situations « à risque »
    • et la prise en charge psychothérapique

sont nécessairement associées au traitement anti-hormonal

erections et hypogonadisme
Erections et hypogonadisme

CONCLUSION

  • Les androgènes sont impliqués dans l’apparition du désir sexuel.
  • La privation d’androgène induit une diminution du désir sexuel.
  • Une diminution du désir sexuel fait rechercher un hypogonadisme.
  • Dans les hypogonadismes, la substitution androgénique restaure le désir sexuel.
  • Il faut tenir compte des facteurs associés.
  • Le déficit androgénique (CF cours Andropause et sexualité) est l’un des facteurs d’altération de la sexualité de l’homme vieillissant
  • Il est mieux apprécié par les dosages de testostérone biodisponible et de LH
  • L’effet de l’androgénothérapie sera meilleur sur les symptômes les plus spécifiques de la carrence androgénique (désir > érection) et s’il n’est associé qu’à peu de co-morbidité
  • Le fait d’avoir des rapports sexuels fait remonter physiologiquement la testostérone et parfois le fait de rétablir une activité sexuelle avec un IPDE5 fait remonter la testostérone.

Références

  1. Spira A et al.,Les comportements sexuels en France, La documentation Française, Paris, 1993, 352p.[]
  2. Bejin A. Andrologie 1997;7:336-342[]
  3. al, Gray A., et. « Age, Disease, and Changing Sex Hormone Levels in Middle-Aged Men: Results of the Massachusetts Male Aging Study. – PubMed – NCBI ». https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1719016.[]
  4. Wang et Al. Investigation, treatment and monitoring of late-onset hypogonadism in males: ISA, ISSAM, EAU, EAA and ASA recommendations. Eur J Endocrinol 2008 ; 159 : 507-14. Eur Urol 2009 ; 55 : 121-30. Int J Impot Res 2009 ; 21 : 1-8. J Androl 2009 ; 30 : 1-9. Int J Androl 2009 ; 32 : 1-10. Aging Male 2009 ;12 : 5-12.[]
  5. Diminution du désir sexuel et déficit en testostérone chez l’homme. Progrès en Urologie, Volume 23, Issue 9, July 2013, Pages 621-628H. Lejeune, É. Huyghe, S. Droupy. http://dx.doi.org/10.1016/j.purol.2013.01.019[]
Dr Arnaud ZELER

Programme DIU du sexologie 2e année 2013/2014 Lyon

7 octobre 2013 dans DIU de sexologie par

Année Universitaire 2013-2014

2e Année D.I.U. de SEXOLOGIE
et
D.I.U. d’ETUDES DE LA SEXUALITE HUMAINE
Connaissances cliniques et Thérapeutiques
Prévention en Sexologie

1er Week-end

Vendredi 11 octobre 2013    

Salle 1085 à Laënnec

08h30-10h30             Troubles du désir masculin                                       H. LEJEUNE, G. LHOSTE

11h00-13h00              Troubles du plaisir masculin                                     H. LEJEUNE, G. LHOSTE

14h30-16h30              Troubles de l’érection                                                          H. LEJEUNE,

14h30-16h30              Troubles de l’érection                                                          S. ICETA

17h00-19h00              Troubles de l’éjaculation                                          C. BERTHELOT, H. LEJEUNE

Dr Arnaud ZELER

Y a-t-il un gène de la fidélité ?

7 juillet 2013 dans Recherche en santé sexuelle par

Des neuroscientifiques américains ont tenté de comprendre pourquoi le rongeur appelé campagnol des prairies n’a qu’un seul partenaire toute sa vie. Ils ont découvert qu’après le premier accouplement, l’ADN de chacun des deux alter ego évolue.

Dr Arnaud ZELER

Pourquoi les médecins doivent-ils parler de sexualité ?

1 juin 2013 dans Recommandations par

Photo by Online Marketing on Unsplash

Intervention du Dr Marie CHEVRET lors des 5èmes Assises de Sexologie à Montpellier, avec son aimable autorisation.

Parler de sexualité : une nouvelle obligation pour le médecin ?

Même si on ne demandera pas a un médecin généraliste d’être forcément un spécialiste en sexologie (sauf si il le désire), tout médecin de famille (mais cela est valable également pour les psychiatres, les cardiologues, les urologues, les endocrinologues, les gynécologues -liste non exhaustive-), devrait avoir en tête un certain nombre de choses qu’il n’apprend hélas pas à la Faculté de Médecine :

  • La sexualité est un élément important du bien-être et les dysfonctions sexuelles seront à l’origine d’un mal-être qui pourra avoir un retentissement psychique, physique et social sur l’individu et son partenaire.
  • Il existe une médiatisation de la sexualité qui va tendre à vouloir normaliser les comportements sexuels (et forcément donner un sentiment de marginalisation à tous ceux qui ne se retrouveront pas dans les statistiques). L’émergence des réseaux sociaux et des forums sont une source d’angoisse très importante pour ceux qui y recherchent des informations !
  • Les troubles de la sexualité quelles soient féminines ou masculines sont bien plus fréquentes que ce que l’on peut croire et lorsqu’un patient en parle spontanément à son médecin c’est déjà que la pathologie a un retentissement dramatique sur sa vie de couple, voire sa vie tout court…
  • Les dysfonctions érectiles sont des signes de gravité pour des maladies présentes comme les pathologies cardio-vasculaires ou le diabète, ou même parfois des signes révélateurs de pathologie cardio-vasculaire !
  • Il existe des médicaments contre certaines dysfonction sexuelles : les inhibiteur de la phosphodiestérase de type 5 (Viagra® qui sera génériqué en 2014 à 1€ le comprimé, Cialis®, Levitra®) pour la dysfonction sexuelle et Priligy® (dapoxétine) dans le traitement de l’éjaculation prématurée.
Dr Arnaud ZELER

La libido des femmes pilotée par le cycle menstruel ?

31 mai 2013 dans Recherche en santé sexuelle par

cycle menstruel

D’après une étude menée par des chercheurs américains, le désir sexuel des femmes fluctuerait tout au long du cycle menstruel et les hormones seraient à l’origine de ces bouleversements. 

Dr Arnaud ZELER

Modalités d’évaluation de l’enseignement du DIU de sexologie à Lyon

25 mai 2013 dans DIU de sexologie par

L’enseignement de sexologie à la Faculté de Médecine de Lyon est soumise à une évaluation à la fin des première, deuxième et toisième année.

 

La première année : sur 40 points

  1. Un écrit sur 20 comportant 3 questions à rédiger en 3h
  2. Une note d’assiduité sur 20
  3. Un entretien d’admission à la 2ème année

 

La deuxième année : sur 60 points

  1. Un écrit sur 20 comportant 3 questions à rédiger en 3h
  2. Une note d’assiduité sur 20
  3. Un mémoire bibliographie noté sur 20. Ce mémoire est une bibliographie portant sur le thème du mémoire final de DIU qui doit être présenté en 3ème année.

 

La troisième année : sur 100 points

  1. Sur 40 : Un examen national écrit commun à toutes les Facs organisant un enseignement de DIU, comportant 4 questions portant sur le programme de la première à la troisième année (physiologie, pathologie ou thérapeutique)
    • Il faut avoir au moins 20/40 à cet épreuve
    • Une note < 2/10 à une question est éliminatoire
    • Cette épreuve est notée en double correction
  2. Sur 30 : un mémoire
    • Le mémoire est soutenu à Lyon et donne lieu à une note locale
    • Il est ensuite validé au niveau national ce qui donne lieu à une note nationale
  3. Sur 20 : La moyenne des notes de la première et de la deuxième année
  4. Sur 10 : Les activités diverses de sexologie (congrès, publications, formations personnelles, abonnements à des revues, titres hospitaliers ou universitaires etc…)
Dr Arnaud ZELER

Fréquence des principales dysfonctions sexuelles féminines en fonction de l’âge

3 mai 2013 dans Points de repères sexo par

Dr Arnaud ZELER

Les pathologies sexuelles feminines

3 mai 2013 dans Points de repères sexo par

Selon Masters et Johnson, la réponse sexuelle humaine est composée de quatre phases qui sont :

  1. Le désir ;
  2. L’excitation ;
  3. Le plaisir (plateau) ;
  4. L’orgasme ;

On aura donc des pathologies sexuelles qui seront en rapport avec ces 4 phases. Chez la femme ce seront les pathologies liées à la phase du désir et à la phase du plaisir qui seront les plus représentées, alors que chez l’homme ce seront celles liées à l’excitation et à l’orgasme.

1) LES TROUBLES DU DESIR

Insuffisance ou absence persistante ou récurrente de désir d’activité sexuelle solitaire ou avec partenaire(s) et/ou de fantasmes sexuels (conscients et excitants) et responsable d’une souffrance personnelle

Difficulté d’acceptation ou évitement des contacts sexuels, persistante ou récurrente, pouvant aller jusqu’au dégoût, au rejet et au comportement phobique, et responsable d’une souffrance personnelle

  • Le désir excessif ou hypersexualité ou sexualité compulsive ou nymphomanie (rare)

2) LES TROUBLES DE L’EXCITATION

Difficulté ou incapacité persistante ou récurrente à percevoir ou conserver un niveau d’excitation psychique et/ou physique, habituellement associées mais pouvant être dissociées, et responsable d’une souffrance personnelle.

  • La sécheresse vaginale

Manque de lubrification vaginale pouvant occasionner des inconforts lors des relations sexuelles et engendrer d’autres conséquences dans la vie de la femme et du couple. Comparable aux difficultés érectiles chez l’homme, elle peut être ressentie à différents moments de la vie.

3) LES TROUBLES DU PLAISIR

  • Les troubles sexuels avec douleur
  1. Dyspareunie : douleur vulvaire, vaginale ou pelvienne, persistante ou récurrente associée à la pénétration vaginale. Cette douleur peut survenir à l’intromission, aux mouvements, au contact profond ou dans les suites du rapport.
  2. Vaginisme : contraction involontaire, automatique et persistante de la musculature striée périnéale, interdisant la pénétration.
  3. Les vulvodynies ou Syndrome Vulvo-vestibulaire sont une cause fréquente de dyspareunie (12% selon Harlow 2001) avec des douleurs sévères de type brûlures, provoquée par contact ou pression lors d’activités sexuelles et non sexuelles

4) LES TROUBLES DE L’ORGASME

  • L’insatisfaction orgasmique : L’orgasme atteint mais insatisfaisant: malgré une stimulation et une excitation suffisante
  • La Dysorgasmie : Orgasme retardé, ne survenant qu’après un temps de stimulation et une excitation, estimé excessif par la femme (en général les femmes perfectionnistes)
  • L’anorgasmie : absence d’orgasme malgré une stimulation et une excitation suffisante, qui peuvent être classés en 3 catégories :
    • Anorgasmies totales
    • Anorgasmies relationnelles
    • Anorgasmies contextuelles

Chacun de ces trois problèmes étant responsable d’une souffrance personnelle

NB : Les troubles sexuels associés à une autre pathologie

  • 50% post cancer du sein et gynécologique présentent des problèmes sexuels sévères et de longue durée1
  • 90% des femmes post diagnostic de cancer ont des difficultés sexuelles2

Références

  1. Robinson, 1998[]
  2. Anderson, 1999[]
Dr Arnaud ZELER

Le point G localisé à 16,5 mm du méat urétral

14 avril 2013 dans Recherche en santé sexuelle par

localisation du point G

On ne pourra plus remettre en cause son existence : le point G a été précisément localisé sur la paroi antérieure du vagin, à exactement 16,5 mm de la partie supérieure du méat urétral.