Trois conseils pour parler de sexualité avec son ado

Publié le 8 octobre 2019 dans la catégorie Conseils

Dossiers :

Nombreux sont les parents qui se demandent quelle attitude adopter face à leur adolescent pour aborder les questions liées à la sexualité. Comment en parler avec lui ? L’informer des risques ? A quel moment ? Faut-il attendre que le jeune en parle spontanément ou bien au contraire, faire le premier pas ? Quelques questions, parmi d’autres, que les parents redoutent. Pourtant le rôle éducatif de l’adulte est également de pouvoir apporter des éléments de réponses aux jeunes dans ce domaine de la vie.

La sexualité existe et débute dès le début de la vie.

Les diverses manifestations de l’adolescence (puberté, nouvelles découvertes, notamment sexuelles) laissent penser, à tord, que la sexualité commence à cette période là. 

Au contraire, elle évolue depuis la naissance de l’individu, et poursuivra son évolution tout au long de la vie, en fonction de l’âge et des évènements rencontrés par chacun au cours de son histoire personnelle.  

Dès l’âge de trois ans l’enfant manifeste une curiosité sexuelle. Il prend conscience de la différence anatomique des sexes, c’est-à-dire de la présence ou de l’absence du pénis. Il caresse son sexe à l’occasion de jeux, du bain etc. Souvent, d’ailleurs le parent ne veut pas le voir ou sanctionne l’enfant. Pourtant, c’est dès cet âge là que l’adulte a un rôle éducatif à jouer auprès de l’enfant, rôle important pour la suite des apprentissages de ce dernier. 

C’est au moment de l’adolescence que s’opèrent des changements à la fois physiologiques et psychologiques qui vont être nécessaires au jeune pour passer de la sexualité infantile à celle d’adulte. La sexualité infantile est essentiellement auto-érotique, elle n’est pas encore tournée vers l’autre, elle le sera à l’adolescence, à partir de la puberté. Ce passage est une transition, qui peut durer plusieurs années, selon le rythme de chacun.

Il faut toujours garder à l’esprit que la sexualité infantile, et même celle de l’adolescent de 17 ans, est différente de celle de l’adulte. Les questionnements, les besoins affectifs et les désirs ne sont pas les mêmes. 

1 ) Ne pas s’immiscer dans l’intimité de son adolescent

Il ne faut pas provoquer la discussion autour de la sexualité avec son adolescent mais plutôt être attentif, à son écoute et savoir saisir le bon moment. On peut, par exemple, déjà lui demander ce qu’il sait de la sexualité. Il ne faut surtout pas être intrusif cela aurait l’effet inverse escompté et l’adolescent risquerait de se fermer complètement. 

Les adolescents ont besoin, pour se construire, d’avoir leurs secrets et la sexualité en fait partie ; il faut respecter cela en ne demandant pas à connaitre leur sexualité.

Cependant, il est important de ne jamais éluder une question autour de la sexualité posée par un enfant, même très jeune, ce afin de ne pas dramatiser le sujet mais plutôt de signifier à l’enfant qu’il a le droit d’en parler et que ses questions sont légitimes. 

2) Ne jamais évoquer sa propre sexualité

Comme le rappelle le médiatique pédopsychiatre, Marcel Rufo : il est strictement interdit de parler de sa propre sexualité avec son enfant et l’intimité est la clé de la sexualité.
Il est important que les enfants ignorent la sexualité de leurs parents, et ce, à tout âge d’ailleurs ! On ne peut pas partager ses histoires de sexe avec son adolescent, ni le laisser raconter les siennes.

Un jeune découvre la sexualité avec un autre jeune de son âge et pas à travers les histoires de ses parents. Au contraire, la découverte de la sexualité doit être une transgression extra-familiale.

Il faut faire confiance aux adolescents, ils en savent déjà beaucoup sur la sexualité ! Et surtout, il ne faut pas essayer de « flouter » les différences de générations : nos enfants ne sont pas nos amis !

De plus, il faut que les parents soient attentifs à ne pas projeter leurs propres angoisses ou craintes ou mauvaises expériences sur leurs enfants.

3) Ne pas se sentir obligé d’en parler si l’on n’est pas à l’aise

Un parent qui se sent mal à l’aise face à son adolescent à propos des questions liées à la sexualité ne doit pas se sentir dans l’obligation d’en parler avec lui, ce pour plusieurs raisons. 

En premier lieu l’adolescent va ressentir la gêne du parent ce qui pourra avoir des répercussions sur ses représentations de la sexualité (tabou ? quelque chose de dangereux ? etc.). 

L’adulte pourrait avoir une réaction négative, ce qui pourrait entrainer des difficultés ultérieures chez l’adolescent si un jour il avait besoin de partager avec son parent une situation grave (agression sexuelle notamment) qu’il traverserait.  

Parfois il arrive qu’un des parents se sentent plus à l’aise que l’autre, en fonction du genre aussi (papa/garçon ; maman/fille). C’est une discussion à avoir au niveau du couple pour pouvoir apporter une réponse à son enfant le moment voulu et l’orienter simplement vers le parent le plus enclin à la discussion. 

Proposer à l’adolescent un espace dédié, avec des personnes extérieures au cercle familial et à même de répondre à ses questions, est tout à fait envisageable. L’enfant et les parents se sentiront alors plus à l’aise. L’important étant d’entendre la demande de son enfant et de lui proposer un espace adapté à ses besoins de savoir du moment. 

Cependant, si tout va bien par ailleurs, il n’est pas nécessaire de proposer à l’adolescent une rencontre en consultation privée avec un spécialiste (sexologue ou thérapeute qui, généralement en cabinet, traitent des difficultés sexuelles ou relationnelles) mais de lui proposer une rencontre en planning familial, par exemple. Ce sont des lieux ressources qui se consacrent à l’éducation sexuelle des jeunes et peuvent répondre à leurs questions liées à la sexualité ; ils proposent plusieurs dispositifs de rencontre : en groupe, en individuel ou simplement de l’information avec des plaquettes, des livres, des films etc. Les plannings familiaux sont également habilités à délivrer la contraception.  

A retenir

  • La sexualité humaine est un apprentissage et l’adulte a un rôle éducatif majeur à jouer auprès des jeunes. Il est nécessaire de sensibiliser tôt les enfants à la sexualité, avec un discours adapté en fonction de l’âge. Il s’agit avec les plus jeunes de poser les notions de base de respect de l’autre, de tolérance, de consentement.
  • Concernant les adolescents il faut les mobiliser sur les enjeux de santé sexuelle afin d’éviter les risques de grossesses précoces non désirées aisni que les infections sexuellement transmissibles.
  • L’éducation à la sexualité permet de lutter contre les violences sexuelles.
  • Afin de protéger les enfants contre les violences sexuelles, il est nécessaire de répéter aux enfants que leur corps leur appartient, que personnes n’a le droit d’y toucher, pas même un proche. L’enfant doit également savoir nommer les différentes parties de son anatomie.

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