29% de troubles de la sexualité après un AVC

Publié le 30 juillet 2014 dans la catégorie Maladies et sexualité

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Bien que la sexualité soit considérée comme un élément important de la qualité de vie, les troubles de l’activité sexuelle après un accident vasculaire cérébral (AVC) sont peu souvent évoqués à la fois par les patients et par les médecins.

Ces difficultés ne font pas non plus partie des items de l’échelle la plus utilisée pour mesurer l’évolution fonctionnelle post-AVC. Les données font particulièrement défaut pour les patients jeunes (≤ 60 ans).

Une équipe française a donc décidé d’évaluer la prévalence des dysfonctions sexuelles après un AVC ischémique dans cette population et d’identifier les facteurs qui y sont associés. Pour ce faire, elle a utilisé les données de 156 patients victimes d’un AVC ischémique ou d’un accident ischémique transitoire avant l’âge de 60 ans1.

Les informations sur la fonction sexuelle et le bien-être ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire envoyé par courriel un an après l’évènement vasculaire. Plus de deux tiers des patients ont répondu (67 % ; 62 hommes et 42 femmes). Parmi les répondeurs, 29 % ont rapporté une altération de leur fonction sexuelle : diminution de la libido, dysfonction érectile, troubles de l’éjaculation ou insatisfaction sexuelle.

Des différences significatives entre ces patients et ceux qui ne se plaignaient pas de leur sexualité ont été constatées à la fois sur les plans moteur et psychologique. Ils présentaient initialement davantage de lésions cérébrales gauches (70 % versus 30 % ; p < 0,001) et, sur le plan psychologique, avaient des scores plus élevés sur l’échelle HADS – Hospital Anxiety and DepressionScale– (19,7 versus 11,2 ; p < 0,001), d’anxiété (10,0 versus 6,3 ; p < 0,001) et de dépression (8,7 versus 4,8 ; p < 0,001).

Une autre différence entre les deux groupes de patients concerne les traitements médicamenteux. Les patients rapportant des troubles de la sexualité prenaient plus souvent des inhibiteurs de l’enzyme de conversion (73 % versus 31% ; p < 0,001) et des diurétiques (50 % versus 19 % ; p = 0,003).

Après analyse de régression logistique, deux facteurs restent significativement associés aux altérations de la sexualité :

  1. la dépression (odd ratio[OR] 9,1 ; intervalle de confiance [IC]95 % : 2,45- 33,46 ; p = 0,001) et
  2. la prise d’IEC (OR 6 ; IC 95 % 2,11-17,28 ; p = 0,001).

La fréquence des troubles de la sexualité post-AVC chez les sujets jeunes objectivée par cette étude justifie leur dépistage systématique, concluent les auteurs.

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Références

  1. Bugnicourt, J.-M., O. Hamy, S. Canaple, C. Lamy, et C. Legrand. « Impaired Sexual Activity in Young Ischaemic Stroke Patients: An Observational Study ». European Journal of Neurology 21, nᵒ 1 (2014): 140‑46. https://doi.org/10.1111/ene.12277.[]