Retentissement de l’hépatite C sur la sexualité

Bienvenue sur Sexoblogue ! Si c'est votre première visite, vous pouvez soit vous abonner à notre Sexo'lettre, soit accéder à la mini-formation gratuite pour les soignants. Merci de votre visite !

Bienvenue à nouveau sur Sexoblogue ! Comme ce n'est pas la 1ère fois que vous venez ici, vous pouvez soit vous abonner à la Sexo'lettre, soit accéder à la mini-formation gratuite pour les soignants.

Le diagnostic d’hépatite C soulève souvent des questions très concrètes pour la vie sexuelle : peut-on transmettre le virus à son ou sa partenaire ? faut-il modifier sa vie sexuelle ? que change réellement un traitement qui guérit l’infection ? Cet article distingue le risque de transmission, les conséquences possibles de la maladie et la place de la sexualité dans le parcours de soins.

L’hépatite C est une infection du foie causée par le virus de l’hépatite C (VHC). La transmission survient surtout lors d’une exposition au sang. L’infection peut rester silencieuse pendant des années, devenir chronique et entraîner une fibrose puis, chez certaines personnes non traitées, une cirrhose1.

Les traitements actuels ont profondément changé le pronostic. Les antiviraux à action directe (AAD) permettent le plus souvent une guérison virologique après une cure orale de quelques semaines. On parle de réponse virologique soutenue lorsque l’ARN du VHC reste indétectable douze semaines après la fin du traitement2.

Une guérison virologique supprime le virus circulant. Une cirrhose déjà constituée nécessite un suivi spécifique. La fatigue peut mettre du temps à régresser. La crainte de transmettre et le souvenir d’anciens traitements peuvent encore peser sur la sexualité2.

Points clefs

  • Rechercher l’ARN VHC après toute sérologie positive.
  • Proposer un traitement par AAD à toute personne dont l’ARN VHC est détectable, sauf situation nécessitant une évaluation spécialisée, notamment pendant la grossesse ou chez l’enfant de moins de 3 ans.
  • Rechercher VIH et VHB, évaluer la fibrose hépatique et vérifier l’immunisation contre les hépatites A et B.
  • Proposer un dépistage aux partenaires lorsque la situation le justifie.
  • Adapter la prévention au risque réel de contact avec du sang, au lieu d’imposer des interdits globaux.
  • Rechercher les troubles du désir, de l’excitation, de l’érection, de la lubrification, de l’orgasme, les douleurs et l’insatisfaction sexuelle.
  • Identifier les facteurs aggravants : cirrhose, fatigue, dépression, anxiété, comorbidités, médicaments, substances, précarité, stigmatisation, anciens traitements.
  • Après guérison, continuer à prendre au sérieux les difficultés sexuelles persistantes et le risque de réinfection si les expositions continuent.

Pourquoi parler de sexualité avec les personnes vivant avec le VHC ?

Deux questions se superposent : le risque de transmission et le retentissement de la maladie sur la sexualité.

Le risque infectieux doit être décrit concrètement. Le VHC peut être transmis lors de pratiques sexuelles avec contact sanguin : fissure, lésion, règles, muqueuse traumatisée, IST ulcérative ou rectale, sextoy partagé sans protection ou nettoyage adapté, matériel d’injection ou de sniff partagé autour des rapports1.

Le retentissement clinique mérite la même attention. Le diagnostic, la peur d’avoir transmis le virus, la fatigue, une cirrhose, une dépression ou des effets secondaires liés à un ancien traitement par interféron peuvent modifier le désir, l’excitation, l’érection, la lubrification, l’orgasme, la satisfaction sexuelle et la façon de se sentir désirable.

Les études sur sexualité et VHC sont difficiles à comparer. Elles ne portent pas sur les mêmes populations, ne distinguent pas toujours les personnes avec ou sans cirrhose, incluent parfois des personnes traitées par interféron, et utilisent des questionnaires différents. Les chiffres publiés doivent donc être lus comme des repères, pas comme une prévalence unique que l’on pourrait appliquer à toutes les personnes vivant avec le VHC3.

Ce qu’il faut savoir sur le VHC aujourd’hui

Le virus en bref

Microscopies électroniques du virus de l’hépatite C
Virus de l’hépatite C purifié en culture cellulaire, observé en microscopie électronique. Image : Maria Teresa Catanese, Martina Kopp, Kunihiro Uryu et Charles Rice / The Rockefeller University, domaine public, via Wikimedia Commons.

Le virus de l’hépatite C est un virus enveloppé à ARN. Il appartient au genre Hepacivirus, dans la famille des Flaviviridae. Cette précision n’a pas seulement un intérêt de classification : un virus à ARN se réplique vite, avec une grande variabilité génétique, ce qui explique l’existence de plusieurs génotypes et la possibilité de réinfection après guérison4.

Le VHC circule surtout dans le sang. Après contamination, il gagne principalement le foie, entre dans les hépatocytes et utilise leur machinerie pour produire de nouvelles particules virales. La maladie vient ensuite de la persistance du virus et de l’inflammation chronique qu’elle entretient. Environ 30 % des personnes infectées éliminent spontanément le virus dans les six mois ; environ 70 % développent une infection chronique. À long terme, cette inflammation peut conduire à une fibrose, une cirrhose puis un carcinome hépatocellulaire1.

Le VHC a été identifié en 1989, après des années d’enquête sur des hépatites transmises par le sang qui n’étaient ni des hépatites A ni des hépatites B. Cette découverte a permis les tests de dépistage, la sécurisation des dons de sang et, plus tard, les traitements antiviraux qui guérissent aujourd’hui la majorité des infections5.

Le VHC circule principalement par le sang. Les situations classiques sont le partage de matériel d’injection, de sniff ou de préparation de drogues, le matériel médical ou de tatouage/piercing insuffisamment stérile, les transfusions ou produits sanguins non dépistés dans certains pays, la transmission mère-enfant, et certaines pratiques sexuelles avec exposition au sang1.

Le dépistage commence par les anticorps anti-VHC. Si le test est positif, il faut rechercher l’ARN du VHC : c’est cet examen qui indique si l’infection est active. Après une exposition récente, une élévation inexpliquée des transaminases ou une suspicion forte, la recherche d’ARN peut être nécessaire avant même la positivité des anticorps. Le bilan doit aussi évaluer la fibrose hépatique, rechercher le VIH et le VHB, et vérifier l’immunisation contre les hépatites A et B afin de vacciner les personnes non immunisées lorsque c’est indiqué2.

La présence d’ARN VHC dans le sang signe une infection active. Chez l’adulte, l’adolescent et l’enfant à partir de 3 ans, hors grossesse, les recommandations actuelles conduisent à proposer un traitement oral par AAD. La plupart des schémas durent 8 à 12 semaines ; certaines situations imposent une durée différente, notamment selon l’état du foie ou les traitements déjà reçus. Les AAD sont beaucoup mieux tolérés que les anciens schémas et obtiennent une guérison virologique chez plus de 95 % des personnes traitées6.

Guérir ne rend pas immunisé. Une personne qui a éliminé le VHC peut être réinfectée si elle est de nouveau exposée. Après guérison, les anticorps peuvent rester positifs : quand le risque continue, c’est donc l’ARN VHC qu’il faut surveiller. En cas de fibrose avancée ou de cirrhose, le suivi hépatologique ne s’arrête pas avec la disparition du virus7.

Quand la sexualité expose au sang

Pour l’hépatite C, le point central reste le sang. Les sécrétions sexuelles jouent un rôle secondaire. Les baisers, les caresses, le partage d’un repas, la toux, les éternuements et les contacts ordinaires ne transmettent pas le VHC. Le risque doit être réévalué dès qu’une pratique sexuelle expose à du sang, même en quantité minime1.

Dans un couple stable, sans sang, sans lésion et sans autre exposition, le risque sexuel est très faible. Les CDC indiquent qu’une personne vivant avec le VHC et ayant un partenaire sexuel stable au long cours n’a pas nécessairement à modifier ses pratiques sexuelles. Le ou la partenaire doit en revanche recevoir une information claire et pouvoir bénéficier d’un dépistage8.

Le risque augmente lorsqu’une exposition au sang devient possible : rapports anaux traumatiques, saignement visible ou possible, règles, fissures, lésions muqueuses, IST ulcérative ou rectale, sextoys partagés sans protection ou nettoyage adapté, fisting, pratiques avec matériel pouvant blesser, usages de substances en contexte sexuel, partage de matériel d’injection ou de sniff7.

Les transmissions sexuelles du VHC ont surtout été décrites chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, en particulier lorsque plusieurs facteurs se cumulent : VIH, IST rectale, saignement, rapports anaux traumatiques, fisting, usages de substances en contexte sexuel (chemsex), partage de matériel d’injection ou de sniff, ou réseau sexuel où le VHC circule déjà7.

L’évaluation du risque porte sur les expositions au sang, parfois invisibles, et sur l’état des muqueuses. L’orientation sexuelle n’est pas en elle-même un facteur de transmission. Une IST rectale peut faciliter le saignement. Les usages de substances en contexte sexuel peuvent prolonger les rapports, multiplier les partenaires, diminuer la perception des lésions et s’accompagner de partage de matériel7.

La PrEP VIH protège du VIH ; elle ne protège pas du VHC. Sa prescription peut néanmoins signaler un contexte d’expositions sexuelles répétées. Si le parcours associe partenaires multiples, rapports sans préservatif, IST répétées ou usages de substances en contexte sexuel, le dépistage du VHC doit être régulier. Les recommandations prévoient un dépistage à l’initiation de la PrEP, puis au moins annuel, et plus fréquent si les expositions se répètent7.

La prévention repose sur des consignes concrètes : préservatif ou autre barrière lorsque les pratiques exposent au sang, gants si besoin, préservatif changé ou nettoyage adapté des sextoys, absence de partage du matériel d’injection ou de sniff, dépistage du VHC et des autres IST, réduction des risques lors d’usages de substances en contexte sexuel. L’objectif est d’éviter deux erreurs : banaliser les pratiques avec contact sanguin ou présenter toute sexualité comme dangereuse7.

Il n’existe pas de prophylaxie post-exposition démontrée contre le VHC. Après une exposition percutanée, muqueuse ou sexuelle avec contact sanguin plausible, aucun traitement préventif validé ne supprime le risque : il faut organiser le suivi biologique, puis traiter rapidement si une infection active est diagnostiquée8.

Quand le diagnostic entre dans la sexualité

Après l’annonce d’une hépatite C, certaines personnes surveillent chaque pratique sexuelle : faut-il le dire, ai-je transmis le virus, y a-t-il eu du sang, une fissure, une douleur, un risque pour l’autre ? Le désir peut rester présent alors que les rapports s’arrêtent, parce que la crainte de transmettre prend toute la place.

Cette crainte peut persister après la guérison, surtout quand l’information initiale a été confuse. Une personne peut avoir un ARN indétectable et continuer à se croire susceptible de transmettre le VHC ; une autre peut sous-estimer le risque parce qu’elle retient seulement que « l’hépatite C se guérit ». La consultation doit préciser le statut virologique, le niveau réel d’exposition, les précautions utiles, les précautions inutiles et la place du dépistage.

Troubles sexuels associés au VHC

Les études décrivent des difficultés sexuelles dans plusieurs domaines : désir diminué, satisfaction sexuelle altérée, fatigue limitant le désir, troubles de l’érection ou de l’éjaculation, baisse de lubrification, douleurs, difficultés orgasmiques, anxiété de performance, gêne corporelle, sentiment d’être moins désirable. Aucun de ces symptômes n’est spécifique du VHC. Leur association avec la maladie hépatique, la fatigue, l’humeur, les comorbidités et l’histoire thérapeutique doit être interrogée9.

Chez les hommes, les travaux disponibles décrivent surtout une altération de la qualité de vie sexuelle et des troubles de l’érection. Chez les femmes et les personnes ayant une vulve, les données sont moins nombreuses, mais les troubles du désir, de l’excitation, de la lubrification, de la satisfaction et les douleurs sont également rapportés. Le manque d’études ne doit pas être confondu avec une absence de symptômes10.

La sévérité de l’atteinte hépatique compte, surtout en cas de cirrhose avancée. Les difficultés sexuelles ne suivent toutefois pas une courbe unique : elles peuvent apparaître avant la cirrhose, lorsque la fatigue, l’anxiété, la dépression, la peur de transmettre, la précarité, les troubles du sommeil, l’alcool, les autres substances ou certains médicaments pèsent déjà sur le désir et les sensations corporelles11.

Cirrhose, fibrose avancée et sexualité

En cas de fibrose avancée ou de cirrhose, une plainte sexuelle doit être replacée dans le contexte hépatique global. La fatigue, la fonte musculaire, les troubles du sommeil, l’ascite, les douleurs, l’hypogonadisme, les perturbations hormonales, les modifications de l’image corporelle, l’alcool, le diabète, l’hypertension, la dyslipidémie, les maladies cardiovasculaires et les traitements associés peuvent tous intervenir12.

Dans cette situation, réduire la plainte à un trouble de l’érection ou du désir expose à manquer le mécanisme principal. L’évaluation doit croiser l’état hépatique, le niveau de fatigue, les comorbidités métaboliques et cardiovasculaires, les traitements, l’humeur, les douleurs, l’image corporelle et la sécurité des pratiques sexuelles. La prise en charge doit articuler sexologie et hépatologie.

Effets des nouveaux traitements sur la sexualité

Les antiviraux à action directe (AAD) ont transformé la prise en charge de l’hépatite C. En France, ils ont remplacé les anciens traitements longs, lourds et souvent mal tolérés par quelques semaines de comprimés, avec une guérison virologique dans plus de 95 % des cas. Les études de qualité de vie montrent une amélioration après traitement, y compris chez des personnes avec cirrhose compensée ou décompensée, avec des résultats variables selon les essais et les populations étudiées13.

Des travaux centrés sur la sexualité rapportent aussi une amélioration après guérison par AAD, notamment lorsque la dépression n’est pas au premier plan, avec une amélioration de certains scores sexuels chez les femmes comme chez les hommes14151617.

La suppression de l’infection active peut améliorer une partie du retentissement sexuel. Elle ne suffit pas lorsque la plainte est liée à une cirrhose, une dépression, une difficulté relationnelle, un traitement psychotrope, des douleurs, une ménopause, un diabète ou une peur de réinfection. Ces situations doivent être évaluées pour elles-mêmes. La guérison virologique enlève une cause majeure ; elle ne remplace pas l’examen clinique.

Anciens traitements par interféron et ribavirine

Les anciens schémas à base d’interféron et de ribavirine ne sont plus la référence thérapeutique en France. Ces traitements peuvent toutefois rester présents dans l’histoire de nombreuses personnes traitées avant l’arrivée des AAD. Chez certaines personnes, cette période a correspondu à des mois de fatigue, de douleurs, d’irritabilité, de troubles de l’humeur, de baisse du désir, de difficultés érectiles ou de perte de satisfaction sexuelle. Après la fin du traitement, des symptômes ou des appréhensions liés à cette période peuvent persister.

Les études menées à l’époque de l’interféron décrivaient une baisse de plusieurs dimensions de la sexualité pendant le traitement, suivie d’une amélioration progressive après l’arrêt chez une partie des personnes traitées, surtout en cas de réponse virologique soutenue. Les traitements d’entretien prolongés par interféron, aujourd’hui hors des stratégies usuelles, étaient associés à une altération persistante de la qualité de vie et de la sexualité1819.

À l’échelle mondiale, les recommandations privilégient les traitements sans interféron. L’enjeu reste l’accès réel aux AAD : enregistrement, remboursement, financement, disponibilité. Dans plusieurs pays à revenu faible ou intermédiaire, cet accès reste incomplet. Il faut donc parler d’inégalités d’accès aux traitements modernes, plutôt que présenter l’interféron comme un traitement actuel recommandé2021.

Grossesse, allaitement et parentalité

La transmission périnatale du VHC survient pendant la grossesse ou, plus souvent, autour de l’accouchement. Les CDC indiquent que plus de 6 enfants sur 100 nés d’une personne vivant avec le VHC seront infectés. Le risque concerne surtout les situations où l’ARN VHC est détectable pendant la grossesse et augmente en cas de co-infection par le VIH. Aucune césarienne systématique, prophylaxie antivirale néonatale ou stratégie obstétricale n’a démontré sa capacité à supprimer ce risque. Le suivi obstétrical reste individualisé. Les gestes invasifs intrapartum, notamment le monitorage fœtal interne et la rupture artificielle précoce des membranes, sont évités lorsqu’ils ne sont pas nécessaires22. Les enfants exposés doivent bénéficier d’un dépistage adapté8.

Quand une personne ayant un projet de grossesse vit avec une infection active par le VHC, le traitement avant la grossesse doit être discuté chaque fois que c’est possible. Pendant la grossesse, les AAD ne constituent pas encore un traitement routinier faute de données suffisantes à grande échelle ; ils peuvent être discutés au cas par cas avec une équipe spécialisée. La ribavirine, utilisée dans d’anciens schémas, est contre-indiquée pendant la grossesse en raison de sa tératogénicité ; cette précaution concerne aussi les 6 mois suivant son arrêt22.

Le lait maternel ne transmet pas le VHC dans les données disponibles ; le point de vigilance est le sang. Une personne vivant avec le VHC peut généralement allaiter. Si le mamelon ou l’aréole saigne ou se fissure, l’allaitement au sein concerné doit être suspendu jusqu’à cicatrisation. Pendant cette interruption, le lait du sein concerné est exprimé puis éliminé afin de préserver la lactation. En cas de co-infection par le VIH, ce sont les recommandations propres au VIH qui doivent guider la décision23.

Comment évaluer la sexualité en consultation ?

« Et sexuellement ? » ne suffit pas. Il faut savoir si la personne évite les rapports, si elle a peur de transmettre, si elle guette le moindre saignement, si l’érection ou la lubrification ont changé, si la fatigue diminue le désir, si l’orgasme est devenu difficile, si les douleurs sont apparues, si le partenaire s’est éloigné, si un ancien traitement continue à peser.

Il faut aussi vérifier les éléments médicaux qui changent le raisonnement : ARN VHC détectable ou guérison virologique, fibrose ou cirrhose, co-infection VIH/VHB, diabète, hypertension, dyslipidémie, maladies cardiovasculaires, traitements antidépresseurs ou antipsychotiques, traitements hormonaux, douleurs chroniques, ménopause, grossesse ou projet parental. Les AAD ont généralement peu d’effets secondaires mais peuvent avoir des interactions médicamenteuses. Les traitements sexuels, notamment les inhibiteurs de la PDE5, doivent être prescrits en tenant compte du terrain cardiovasculaire et des traitements associés.

La consultation doit rendre les consignes concrètes. Être guéri ne protège pas d’une réinfection. Vivre avec le VHC ne rend pas dangereux dans tous les contacts. Le préservatif n’a pas le même sens dans un couple stable à faible risque que dans une situation de partenaires multiples, d’IST, de VIH, d’usages de substances en contexte sexuel ou de pratiques exposant au sang. Le dépistage du ou des partenaires peut parfois rassurer davantage qu’une restriction globale de la sexualité.

Conclusion

Aujourd’hui, l’hépatite C relève le plus souvent d’un traitement court, bien toléré et curatif. La sexualité ne doit pourtant pas disparaître de la consultation : elle réunit le risque de contact avec le sang, les effets de la fatigue et de la maladie hépatique, les conséquences d’anciens traitements, la peur de transmettre et la façon dont la personne se sent dans son corps.

Le message clinique doit rester simple et précis : le VHC ne rend pas tous les contacts sexuels dangereux ; le risque apparaît lorsque du sang peut être en jeu ; une guérison virologique confirmée change le risque infectieux ; une gêne sexuelle persistante mérite une évaluation clinique, même lorsque le virus a disparu du sang.

Références

  1. Organisation mondiale de la Santé. « Hépatite C », 26 juin 2026. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/hepatitis-c[][][][][]
  2. Haute Autorité de Santé, ANRS-MIE et Conseil National du Sida et des Hépatites Virales. « Recommandations de prise en charge des personnes infectées par le virus de l’hépatite C », janvier 2024. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2023-09/recommandations_vhc_2023_09_21.pdf[][][]
  3. Karaivazoglou K, Tsermpini EE, Assimakopoulos K, Triantos C. « Sexual Functioning in Patients with Chronic Hepatitis C: A Systematic Review ». European Journal of Gastroenterology & Hepatology, 2017. https://doi.org/10.1097/MEG.0000000000000949[]
  4. National Center for Biotechnology Information. « Hepatitis C », StatPearls. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK430897/[]
  5. The Nobel Prize. « The Nobel Prize in Physiology or Medicine 2020 », communiqué de presse. https://www.nobelprize.org/prizes/medicine/2020/press-release/[]
  6. Centers for Disease Control and Prevention. « Clinical Care of Hepatitis C », 2025. https://www.cdc.gov/hepatitis-c/hcp/clinical-care/index.html[]
  7. AASLD-IDSA HCV Guidance. « HCV in Key Populations: Men Who Have Sex With Men », consultée le 17 juillet 2026. https://www.hcvguidelines.org/guidance/hcv-in-key-populations-men-who-have-sex-with-men/[][][][][][]
  8. Centers for Disease Control and Prevention. « Viral Hepatitis – STI Treatment Guidelines ». https://www.cdc.gov/std/treatment-guidelines/hcv.htm[][][]
  9. Soykan A, Boztaş H, İdilman R, et al. « Sexual Dysfunctions in HCV Patients and Its Correlations with Psychological and Biological Variables ». International Journal of Impotence Research, 2005. https://doi.org/10.1038/sj.ijir.3901267[]
  10. Elshimi E, Morad W, Mohamad NE, Shebl N, Waked I. « Female Sexual Dysfunction Among Egyptian Patients with Chronic Hepatitis C ». The Journal of Sexual Medicine, 2014. https://doi.org/10.1111/jsm.12412[]
  11. Vergniol J, Duc S, Hou G, et al. « Sexual Quality of Life Is Impaired in Patients with Chronic Hepatitis C ». International Journal of Impotence Research, 2016. https://doi.org/10.1038/ijir.2016.5[]
  12. Toda K, Miwa Y, Kuriyama S, et al. « Erectile Dysfunction in Patients with Chronic Viral Liver Disease: Its Relevance to Protein Malnutrition ». Journal of Gastroenterology, 2005. https://doi.org/10.1007/s00535-005-1634-8[]
  13. Younossi ZM, Stepanova M, Sulkowski M, et al. « Sofosbuvir and Velpatasvir Combination Improves Patient-Reported Outcomes for Patients With HCV Infection, Without or With Compensated or Decompensated Cirrhosis ». Clinical Gastroenterology and Hepatology, 2017. https://doi.org/10.1016/j.cgh.2016.10.037[]
  14. Raggi C, Biliotti E, Rosso C, et al. « Improvement of Sexuality after Hepatitis C Cure with Direct Acting Antivirals ». Liver International, 2020. https://doi.org/10.1111/liv.14689[]
  15. Abdelhakam SM, Othman MS, Abdelaleem AA, et al. « Direct-Acting Antiviral Drugs Improve the Female Sexual Burden Associated with Chronic HCV Infection ». Expert Review of Anti-Infective Therapy, 2019. https://doi.org/10.1080/14787210.2019.1682551[]
  16. Elshimi E, Morad W, Mohamad NE, Shebl N, Waked I. « Effect of New Oral Direct Acting Antiviral Therapy on Sexual Function in Male Patients with Hepatitis C Virus ». Andrologia, 2020. https://doi.org/10.1111/and.13835[]
  17. Elshimi E, Morad W, Mohamad NE, et al. « Improvement of Sexual Dysfunction in Patients after Treatment of Hepatitis C Virus Using Directly Acting Antivirals ». Current Medical Research and Opinion, 2021. https://doi.org/10.1080/03007995.2021.1901677[]
  18. Dove LM, Rosen R, Ramcharran D, et al. « Decline in Male Sexual Desire, Function, and Satisfaction During and After Antiviral Therapy for Chronic Hepatitis C ». Gastroenterology, 2009. https://doi.org/10.1053/j.gastro.2009.05.060[]
  19. Snow KK, Bonkovsky HL, Fontana RJ, et al. « Changes in Quality of Life and Sexual Health Are Associated with Low-Dose Peginterferon Therapy and Disease Progression in Patients with Chronic Hepatitis C ». Alimentary Pharmacology & Therapeutics, 2010. https://doi.org/10.1111/j.1365-2036.2010.04235.x[]
  20. Marshall AD, Cunningham EB, Nielsen S, et al. « Direct-Acting Antiviral Therapies for Hepatitis C Infection: Global Registration, Reimbursement, and Restrictions ». The Lancet Gastroenterology & Hepatology, 2024. https://www.thelancet.com/journals/langas/article/PIIS2468-1253(23)00335-7/fulltext[]
  21. Organisation mondiale de la Santé. « Global Hepatitis Report 2024: Action for Access in Low- and Middle-Income Countries ». https://www.who.int/publications/i/item/9789240091672[]
  22. AASLD-IDSA HCV Guidance. « HCV in Pregnancy », mise à jour le 19 décembre 2023. https://www.hcvguidelines.org/guidance/hcv-in-pregnancy/[][]
  23. Centers for Disease Control and Prevention. « Hepatitis B or C Infections and Breastfeeding », 2025. https://www.cdc.gov/breastfeeding-special-circumstances/hcp/illnesses-conditions/hepatitis-b-c.html[]