Variations du développement génital (DSD) et sexualité
8 février 2013 dans par Dr Arnaud ZELER

Il y a quelques mois, a été créé par le Dr Alan CHARISSOU et avec le soutien du Conseil Départemental de Meurthe et Moselle et de Sexoblogue, le risquometre, un outil d’aide au choix contraceptif visant à délivrer une information sur le niveau de protection contre le risque de grossesse en fonction de la stratégie
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Repères pour le raisonnement clinique Une variation du développement génital peut concerner les chromosomes sexuels, les gonades, la production hormonale, la réponse des tissus aux hormones, les organes génitaux internes ou les organes génitaux externes. Le caryotype désigne la formule chromosomique, par exemple 46,XX ou 46,XY. La gonade est l’organe embryonnaire susceptible de se développer
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15 décembre 2012 dans par Dr Arnaud ZELER
La sexualité a une évolution récente très rapide en occident dans les dernières décennies, à tel point qu’il y a même un anachronisme dans le mot pornographie entre sa définition d’il y a 50 ans (où une femme filmée en petite tenue représentait une image pornographique) et maintenant.
Si il y a 20 ans ont demandait si les gens avaient déjà vu un magasine avec des photos mettant en scène un rapport sexuel (un magasine porno), personne ne répondait à cette question car c’est une question qui gênait.
De plus il y a 20 ans le mot « sexe » n’était jamais employé (on utilisait le mot « sexualité »).
C’est la même chose pour l’homosexualité, puisqu’il y a 50 ans, deux hommes qui se tenaient par la main pouvaient aller en prison.
Il est donc important de prendre la sexualité en fonction de l’histoire et du contexte culturel.
Concernant la recherche en sexologie :
En matière de fantasmes sexuels, il y a une seule étude : Brett Khar, sex and the psyche – Le livre des fantasmes
Il y a 20 ans on avait aucune idée de la façon dont fonctionnait l’érection.
Il y a 10 ans on ne comprenait rien à la sexualité féminine.
L’injection intra caverneuse pour le traitement de la dysfonction érectile a été découverte tout-à-fait par hasard en 1982 par un chirurgien vasculaire qui s’est trompé lors d’une opération de revascularisation de la saphène et qui a injecté de la papaverine dans la mauvaise veine, entraînant immédiatement une érection du patient qui était sur la table d’opération.
À l’époque il n’y avait pas de recherche en sexologie dans le domaine de la physiologie en France. Personne ne croyait à cette technique jusqu’à ce qu’un urologue se fasse une injection en public lors d’un congrès d’urologie et c’est suite à cette démonstration qu’on a commencé à faire des recherches anatomiques et physiologiques et qu’on a découvert les muscles lisses (avant on avait la théorie de « l’éponge passive », qui prétendait que des valvules présentes dans la verge se chargeaient de la remplir de sang de manière passive alors qu’en réalité c’est l’inverse puisqu’on a une « aspiration » du sang par la verge -théorie de « l’éponge active »). On parle là des années 1980, c’est très récent pour une découverte d’anatomie pure !
Encore à l’heure actuelle, l’anatomie du clitoris n’est pas enseignée pendant les études de médecine.
Dans les magasines, les sondages prétendent que les femmes et les hommes jouissent à 80% alors que ce n’est pas du tout représentatif de la réalité, notamment à cause de biais de méthodologie et surtout d’interprétation. Il y a une tendance à vouloir montrer des trucs nouveaux et des trucs chocs.
[-35000 av. JC] Les images qu’on a du paléolithique représentent des femmes multipares (Venus aurignacienne)

[-30000 av. JC] Ce n’est que 5000 ans plus tard que l’on a des représentations masculines avec le gland sculpté de Laussel.

[-25000 av JC] La première scène ithyphallique (c’est-à-dire le sexe en érection) avec l’homme du puits de Lascaux.

[-2500 av. JC] Du temps de Babylone on a la première représentation d’une préoccupation d’ordre sexuelle : les plaquettes du temple d’Ishtar (déesse de la fertilité), qui représentent un rituel contre l’impuissance.
[-2000 av. JC] Dans l’Égypte pharaonique, on a souvent des représentations d’Osiris ithyphallique (car il est source de vie et lorsque son frère le découpe en morceaux, Isis sa femme récupère tous les morceaux sauf son sexe qu’elle reconstitue -comme un god ceinture-).

[Ve-IVe siècle av. JC, en Grèce]
Le Banquet de Platon est l’occasion d’un débat sur l’amour : amour-manque, amour-passion…
=> L’amour-manque est le modèle occidental habituel (on ne se rend compte qu’on aime l’autre que parce qu’il nous manque lorsque l’on est éloigné) et cela pose un problème lorsque l’on commence à vivre ensemble « on est tout le temps ensemble donc tu ne me manques plus donc on ne s’aime plus »).
Hippocrate décrit la mécanique de l’érection et de l’éjaculation, avec une conception erronée d’un « sperme médullaire ».
Aristote (IVe siècle av. JC), qui au passage était un grand misogyne, pensait que le sperme de l’homme était un liquide de l’esprit (relié à la moelle épinière, CF Hippocrate) qui s’unissait au sang menstruel féminin pour produire l’enfant, et que le pénis se gonflait « sous l’effet du vent » (pneuma).
Malgré le fait qu’il avait parfaitement tord, la pensée d’Aristote était à l’époque un dogme incontestable. Personne ne pouvant le remettre en question, c’est cette vision de la sexualité qui prévalait jusqu’au XVIIIe siècle.
En effet, au XIXe siècle, Darwin publie un texte (L’origine des espèces) qui remet en cause la genèse d’Aristote, et va ainsi permettre le principe de remise en question par rapport à la génération précédente (avant, tout était figé par cette pensée incontestable).
[Ier siècle av. JC] Ovide publie un poème didactique à l’usage des séducteurs (L’art d’aimer) qui est pris comme une injonction à l’infidélité et qui le condamne à l’exil à vie.
A Rome, les femmes et les enfants portaient autour du cou des tintinnabulum et des fascinum (amulettes phaliques) qui étaient des phallus en pierre et étaient le symbole de la puissance, de la chance et de l’argent. On en a retrouvé des tas à Pompeï mais ils ne sont jamais montrés dans les musées.


Un certain nombre de penseurs se sont penchés sur la sexualité.
– Léonard de Vinci : Ingénieur du XVIe siècle qui en 1502 publie Les Feuillets de la génération : anatomie du coït
– Ambroise Paré : Chirurgien de François 1er. Décrit l’érection en 1573 et est le premier à écrire qu’il y a du sang dans le pénis. À cette époque la dissection humaine est interdire, mais en temps que chirurgien de guerre il voit des mutilés de guerre et des castrés. Le problème c’est que tout le monde pense que les veines sont des cavités pneumatiques (à cause d’Aristote).
– Gabrielle Fallope à la fin du XVe siècle invente les trompes de Fallope ainsi que le préservatif en 1555.
1649 – William Harvey nie le sperme féminin
1663 – Reiner De Graaf découvre l’ovule
1677 – Antonie Van Leeuwenhoek découvre le spermatozoïde
1675 – Nicolas Venette : Premier sexologue. Ecrit le traité de la génération de l’homme ou de l’amour conjugal, premier traité de sexologie
Au début du XVIIIe siècle commence la condamnation de la masturbation qui va se poursuivre jusqu’à la moitié du XXème siècle. C’est un complot médico-religieux contre l’adolescence qui durera 250 ans en occident alors qu’avant cette époque aucune contrainte ni interdiction n’existait vis-à-vis de la masturbation (même si les responsables de ce complot à l’époque prétendaient le contraire).
1710 – Docteur Bekkers, Onania ou le pêché infâme de la souillure de soi.
1758 – Samuel Auguste Tissot, Testamen de morbis ex manustupratione (Essai sur les maladies produites par la masturbation)
1756 – John Hunter, précurseur de la sexologie, décrit des consultations de sexologie dans son « Traité des maladies vénériennes : impuissance organique et impuissance par imagination«
1788 – Dr Amédée Doppet décrit dans son « Traité du fouet et de ses effets sur le physique de l’amour » comment soigner la dysfonction érectile par des méthodes de stimulations qu’on qualifie aujourd’hui de SM, sur le principe Aristodien que le sperme vient de la colonne vertébrale et que l’échauffement des lombes va permettre de retrouver la virilité.
1802 – Thomas Beddoes – premiers cours d’information sexuelle
1855 – Félix Roubaud : « Traité de l’impuissance et de la stérilité chez l’homme et chez la femme » est le premier livre à décrire le déroulement d’un coït.
Jusqu’en 1960 on utilise encore le fouet pour traiter l’impuissance, notamment dans les maisons closes où les dames de joie sont les sexothérapeutes de l’époque. Ensuite la société change : les bordels ferment, la contraception apparaît et va permettre d’avoir une sexualité avant le mariage. Les pratiques excitatrices qui étaient réservées aux bordels entrent dans le couple.
En 1960 le nombre moyen de partenaires sexuels pour un homme était de 11,8 et pour une femme 1,8.
1866 – Dr Legros : preuve expérimentale de l’érection par perfusion des artères péniennes
1872 – Docteur Joseph R. Beck : première observation de l’orgasme féminin
1884 – George M. Beard, Sexual Neurasthenia
1886 – Richard von Krafft-Ebing, Psychopathia Sexualis -> Dépénalise les crimes sexuels que sont l’homosexualité, le sadisme, les perversions, l’érotomanie et les transforment en maladies psychiatriques. La sexualité passe du Droit et de l’Eglise dans le champ de la psychiatrie. C’est pour cette raison que le vaginisme et l’éjaculation prématurée se retrouvent encore aujourd’hui dans la classification DSMIV (qui est la classification internationale des maladies psychiatriques).
1896 – Henry Havelock Ellis, Studies in the Psychology of Sex -> invente la sexologue psychiatrique
1905 – Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle
1911 – Première mention du mot sexologie (Sirius de Massilie, La sexologie) mais à l’époque cela défini une technique pour déterminer le sexe de l’enfant
1919 – Premier Institut d’études sexuelles créé à Berlin par Magnus Hirschfeld
1920 – Première greffe de testicule de chimpanzé chez l’homme par Serge Voronoff
1921 – Première chirurgie de changement de sexe à Dresde par le Dr. Felix Abraham
1928 – Invention du stérilet, par Ernst Grafenberg
1930 – Le Pape condamne l’usage de tout contraceptif, même dans le cadre du mariage
1931 – Méthode contraceptive de Kiusaku Ogino : c’est une méthode de calcul de probabilité en fonction de la phase du cycle
1956 – Invention de la pilule contraceptive féminine par John Rock et Gregory Pincus sous la pression du mouvement féministe.
En 1938, Alfred Kinsey (voir le Film « Dr Kinsey ») va révéler à l’Occident ses pratiques sexuelles. A la base c’est un biologiste qui enseigne la zoologie en Arizona en observant les abeilles, et suite à des problèmes d’ordre sexuels qu’il rencontre avec sa femme lors de leur premier rapport, il se rend compte qu’il n’y a aucun spécialiste ni aucune connaissance en sexologie, et qu’on en sait plus sur le comportement sexuel des abeilles que sur le comportement sexuel des humains. Il décide donc de faire une étude sur 100 000 hommes dont il va recueillir les comportements sexuels durant 10 ans. Grâce à ce travail il va découvrir des choses sur sa propre sexualité, notamment son homosexualité.
Le livre « Sexual Behavior in the Human Male » (le comportement sexuel de l’homme) dit “Rapport Kinsey” sort en 1948 et fait l’effet d’une bombe, et en 1953 il sort le livre « Sexual Behavior in the Human Female » (le comportement sexuel de la femme).
En 1954, William H. Masters se met à observer le coït humain et les réactions sexuelles en payant des prostitués dans les sous-sol de l’hôpital. C’est le seul travail d’observation de la sexualité humaine de toute l’histoire de l’humanité.
Masters va se rendre compte qu’en fait il ne comprend rien à la sexualite féminine, et va avoir l’idée en 1958 de s’associer à une sociologue, Virginia E. Johnson, qu’il embauche d’abord comme assistante de recherche.
Il vont se rendre compte que la sexualité est bien mieux comprise lorsqu’elle est abordée par un couple mixte.
Il vont observer et décrire les réactions féminines et masculines des hommes et des femmes et également décrire les problèmes qui peuvent être rencontrés pour en conclure que les problèmes sexuels sont avant tout des problèmes de couple.
En 1966 ils publient « Human Sexual Response » (Les Réactions sexuelles) et en 1970 « Human Sexual Inadequacy » (Les mésententes sexuelles).
C’est le début vrai de la sexologie.
1967 – La loi Neuwirth suspend la loi de 1920 interdisant la diffusion de la contraception
1973 – “Circulaire Fontanet”, quatre heures d’éducation sexuelle en classe de troisième
1979 – La loi Veil dépénalise l’avortement et libéralise la contraception.
– Apparition de la plainte sexuelle –
1998 – Abrogation de la Loi sur les 4h d’éducation sexuelle sur plainte des associations bien-pensantes
Puis rétablissement de 2h depuis 2003 (qui ne sont pas faites -ou mal faites- en pratique)
1959 – Premier enseignement universitaire à Hambourg
1960 – Au Mount Sinaï Hospital, à New-York
1969 – Enseignement francophone au Québec
1970 – A Genève G. Abraham et W. Pasini
1974 – Marseille puis Lyon (1975)
1993 – Création du DESC d’andrologie
1995 – DIU de Sexologie, neuf universités
Même si les choses évoluent, il existe encore actuellement des réticences, comme dans cette Fac de province où l’enseignement de la sexologie à été supprimé sous prétexte que cela sortait trop du domaine médical.
1978 – De la Torre : brevet sur l’effet érectogène de l’isoxsuprine par injection intra-caverneuse (IIC)
1980 – Ronald Virag, la papaverine IIC
=> Début de l’ère des médicaments sexo-actifs
1983 – A l’AUA, Giles S. Brindley s’injecte de la phenoxy benzamine dans la verge
1982 – ISSIR, modèle de l’éponge active
1995 – AMM prostaglandine E1 sexo-active en IIC
1998 – AMM sildénafil (Viagra®), premier IPDE 5
2001 – AMM Apomorphine, sexo-actif central
2003 – AMM de deux nouveaux IPDE 5 : le tadalafil (Cialis®) et le vardénafil (Levitra®).
2013 – AMM de Priligy® (dapoxétine) pour le traitement de l’éjaculation prématurée
– Mieux comprendre les troubles masculins
– Traitement de l’éjaculation précoce
– Connaître la sexualité féminine
– Savoir prendre en charge le couple, dimension vraie de la sexologie
14 décembre 2012 dans par Dr Arnaud ZELER
L’addiction est une soustraction : elle commence en général lorsque l’on pert quelque chose
Il y a en France 4 millions de consommateurs excessifs d’alcool, 2,5 million de personnes dépendantes et 35000 morts par an.
Le tabac fait 70000 morts par an en France.
Les autres produits entraînant des dépendances sont le cannabis, l’héroïne, les opiacés mais compte-tenu de leur illégalité, il est difficile de connaître des chiffres exacts.
Les gens n’ont aucune difficulté à parler de manière précise de leur sexualité, ce sont juste les praticiens qui ont du mal à poser les bonnes questions.
Les addictions se distinguent en :
Dans le droit romain et jusqu’au moyen-âge, l’addiction était un arrêt du juge donnant au plaignant le droit de disposer à son profit de la personne débitrice. Il s’agissait d’une contrainte par corps.
La dépendance est définie selon les critères de Goodman1 qui selon le DSMIV sont les critères pour le diagnostic d’un trouble addictif :
La dépendance se définie donc comme une perte de contrôle de la consommation et une perte de liberté de s’abstenir de la substance. C’est une maladie chronique même si elle n’est pas forcément quotidienne.
Elle est liée à un état physiologique de neuro-adaptation, et la nécessité de poursuivre pour éviter le syndrome de sevrage.
Le tabac favorise les troubles érectiles par diminution de l’oxygénation des tissus, par diminution du diamètre artériel et par l’effet sympathomimétique de la nicotine..
Les effets du cannabis sur la sexualité ne sont pas systématisés et sont personne-dépendant.
La cocaïne va en général augmenter le désir sexuel, renforcer l’érection et la sensation orgasmique en donnant un sentiment de toute puissance avec hyperactivité, hypervigilence, partenaires multiples (risque infectieux) etc…
Mais parfois cela peut retarder l’éjaculation, créer des dysérections et diminuer les sensations de plaisir aussi bien chez l’homme que chez la femme, sans compter les complications possibles à type de troubles hormonaux ou de nécroses locales.
En début de consommation:
Ensuite:
La Méthadone est un opiacé de synthèse donné en traitement de substitution aux opiacés chez les patients toxicomanes.
Les effets possibles sont donc comparables à ceux des opiacés, il faudra doser la testostérone si besoin et tenir compte des autres traitements ainsi que des autres addictions.
L’ecstasy (ou MDMA) est connue sous le nom de « pilule de l’amour »…. C’est une drogue qui va stimuler le plaisir, les émotions, les sensations (sonores, visuelles, olfactives…) et l’excitation sexuelle par un effet sur les neurotransmetteurs dopaminergiques, noradrénalinergiques et sérotoninergiques.
L’effet sera court dans le temps (4 à 6h).
Il existe assez fréquemment une période transitoire dépressive lorsque la drogue a fini de faire effet (la « descente ») qui peut durer 1 à 2 jours et est liée à l’épuisement des réserves de sérotonine.
C’est un concept apparu aux USA il y a une vingtaine d’années.
Patrick Carnes2 a décrit les addictions sexuelles aux USA mais son livre à surtout permis à des millions d’américains qui trompaient leur femme de se justifier en disant qu’ils souffraient d’une maladie.
On a démontré il y a déjà longtemps que les addictions comportementales, surtout le jeu, ont les mêmes mécanismes que les addictions aux produits (alcool, drogue). Mais en ce qui concerne l’addiction sexuelle, l’imagerie n’a jamais permis de montrer que ce sont les mêmes circuits neuronaux qui entrent en jeu que pour les autres addictions.
On sait également que l’état amoureux, par l’inondation du cerveau en dopamine, peut rendre accro3… Mais c’est une autre histoire.
Fréquence excessive, croissante et surtout non contrôlée d’un comportement sexuel, en règle conventionnel, qui persiste en dépit des conséquences négatives possibles et de la souffrance du sujet. Le sexe devient alors une priorité absolue, pour laquelle il est prêt à tout sacrifier.
80% des patients atteint d’addiction sexuelle sont des hommes et cela correspond à 3 à 6% des américains.
Selon Coleman4, il faut présenter au moins 2 caractéristiques parmi les 5 suivantes:
Il existe des liens étroits entre les Comportements Addictifs Sexuels (CAS) et les Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC).
Les patients CAS ont une capacité de passage à l’acte sexuel plus importante que les patients TOC qui eux auront plutot des comportements de rumination et de mentalisation.
Dans les deux cas des symptômes dépressifs peuvent être décrits, avec un effet positif des antidépresseurs sérotoninergiques.
On utilise le Test de Carnes5, composé de 25 questions. Il est cependant peu utilisé en pratique car il est long et complexe.
Pluridisciplinaire, idéalement:
Il existe différents modes de prise en charge :
On peut également y associer une pharmacothérapie, les traitements antidépresseurs sérotoninergiques étant souvent d’une aide efficace.
Il faut toujours :
La prise en charge du couple se fait soit parallèlement soit dans un deuxième temps, dans la prise en charge addictologique et/ou dans la prise en charge sexologique, afin de :
En consultation, on va être confronté à des concepts flous dont les réponses ne sont pas consensuelles. Par exemple beaucoup de patients vont demander : « A partir de combien de fois par jour cela devient anormal de se masturber ? ». On ne peut pas répondre à cette question. Cela va surtout dépendre du retentissement social, voir du retentissement sur l’estime de soi.
14 décembre 2012 dans par Dr Arnaud ZELER
C’est un processus psychique envisagé à partir de trois coordonnées :
L’énergie psychique est une composition ou combinaison de forces plus ou moins antagonistes, ce qui induit une résultante.
De manière plus élaborée, on peut entendre ce conflit comme la manifestation des dynamismes antagonistes des diverses instances de l’appareil psychique, entre elles et avec le monde extérieur, c’est à dire le Moi arbitrant entre ça, Surmoi et Réalité extérieure.
Il en résulte la formation de compromis. Cette notion se retrouve aussi bien dans la formation du symptôme, que dans celle du rêve ou de certains traits de caractère.
L’énergie psychique circule, s’investit et se répartit entre les différentes instances, les différents objets ou les différentes représentations en fonction des états psychiques.
C’est état psychique dans lequel l’énergie psychique est débordante.
On peut très bien ne jamais tomber amoureux, certaines personnes pouvant ne jamais connaître cet état sans que cela ne soit pathologique pour autant.
Cet état est du registre de l’inconscient puisqu’on ne décide pas de tomber amoureux ou non.
C’est un états psychologique qui peut être d’une grande violence et responsable le d’une grande souffrance avec l’existence de consultations post-traumatiques chez des personnes qui ont eu un traumatisme amoureux.
Sur le plan économique, il y a une montée de la valeur de l’objet désiré.
C’est un et amoureux exacerbé où l’autre n’est plus à la fois objet et sujet mais uniquement objet. Il n’y à plus de souplesse psychique.
Le sujet va projeter son Surmoi sur l’objet :
– l’objet devra être conforme à son désir
– le sujet, lui, aura son mot à dire même si ça ne plait pas
LA PASSION EST TOUJOURS PATHOLOGIQUE (même si c’est quelque chose qui est valorisé par notre société). Dans la littérature, toutes les histoires de passion finissent par la mort.
Certains prétendent que la capacité à être passionné est lié à l’attachement à la mère mais en fait on ne sait pas trop.
Après une séparation ou la perte d’un être aimé, toute l’énergie psychique qu’on avait investi se transforme en énergie flottante qui va être source d’angoisse. Cette énergie il va falloir la réutiliser ou la transférer.
Dans les conjugopathies (séparation) on cherche à trouver comment réinvestir l’énergie flottante : cela peut être en faisant des achats compulsifs, en restant sous la couette ou en trouvant un autre compagnon.
L’énergie psychique est organisée en divers systèmes ou instances.
Le terme topique met l’accent sur la disposition spatiale ou quasi spatiale de ces instances.

Les instances psychiques sont divisées en processus primaire, pour lequel on ne décide rien, et qui est composé de l’inconscient, et en processus secondaire qui est composé du conscient et du pré-conscient.
Il existe un filtre entre le monde extérieur et le conscient, qui est notre capacité d’anticipation et notre vigilance, ainsi qu’un autre filtre d’accès à l’inconscient qu’on appelle la censure.
Cette censure du conscient se déroule en 2 étapes : il y a un premier refoulement vers l’âge de 7-8 ans puis un deuxième refoulement à l’entrée dans l’âge adulte.
Les souvenirs agréables sont dans le pré-conscient et les souvenirs psychologiquement douloureux ou dans l’excès on les refoule dans l’inconscient.
Lorsque l’on a des symptômes, c’est parfois lié au fait que l’inconscient ne tient plus son rôle.
Le traumatisme i terminent également lorsque la capacité d’anticipation est prise à défaut (accident de voiture sans voir venir l’obstacle etc).

Le ça se définit comme le pôle et le réservoir pulsionnel de l’appareil psychique, « La partie obscure, impénétrable de notre personnalité ».
Les lois qui le régissent sont les mêmes que celles de l’inconscient, à savoir : processus primaire et principe de plaisir.
Le principe de contradiction n’y existe pas, le ça ignore les jugements de valeur, le bien, le mal, la morale. A l’origine, tout était ça. Le Moi s’est développé à partir du ça sous l’influence persistante du monde extérieur.
Il va se construire entre les exigences pulsionnelles du ça, les contraintes de la réalité extérieure et les exigences du Surmoi. Le Moi se présente en médiateur chargé, en quelque sorte, des intérêts de la totalité du sujet et de lui donner une forme de cohérence (# schizophrénie).
Ce n’est pas une instance qui existe d’emblée à la naissance du sujet, il se constitue progressivement.
On est persuadés qu’on contrôle notre vie avec le moi, mais en fait il y a des forces en nous (le ça) qui remontent, sont travesties par le moi et sont justifiées ainsi.
Il est à rapprocher du Surmoi. C’est une instance psychique qui choisit parmi les valeurs morales et éthiques requises par le Surmoi celles qui constituent un idéal auquel le sujet aspire.
On le retrouve par exemple chez les étudiants en 7eme année de thèse très brillants mais qui n’arrivent toujours pas à la déposer car elle n’est pas parfaitement conforme à leur idéal donné par leur Moi, entraînant dépression et baisse de l’estime de soi. Il fait juste leur expliquer qu’une thèse est une photographie à un moment donné d’un travail, et que même si elle est obsolète dans 3 jours cela ne devrait pas atteindre leur narcissisme pour autant.
On ne sera JAMAIS conforme à l’idéal de ce que l’on veut être, on sera toujours en dessous, et c’est justement le fait d’être imparfait qui fait que l’on est agréable à côtoyer.
C’est l’instance de notre personnalité psychique dont le rôle est de juger le Moi. Il inhibe nos actes ou produit le remords et la culpabilité, “c’est l’instance judiciaire de notre psychisme”.
Il est au centre de la question morale. Le rôle interdicteur du surmoi a d’abord été joué par une puissance extérieure, par l’autorité parentale, scolaire etc…
Le petit enfant ne possède pas d’inhibitions internes, il obéit à ses impulsions et n’aspire qu’au plaisir. Le renoncement aux satisfactions pulsionnelles sera la conséquence de l’angoisse inspirée par cette autorité externe.
Nous avons vu que la vie psychique offre à considérer d’une part des représentations, d’autre par des affects qui leur sont liés.
Ce terme d’affect désigne l’aspect qualitatif d’une charge émotionnelle, mais aussi et surtout l’aspect quantitatif de l’investissement de la représentation de cette charge.
Le fait qu’une certaine quantité d’énergie psychique soit liée à une représentation mentale ou à un objet extérieur réel est appelé investissement.
L’investissement doit présenter une certaine stabilité mais aussi une certaine souplesse.
C’est une activité mentale fondamentale dont le moteur est le désir, plus précisément le désir non satisfait dans la réalité. C’est parce qu’il est impossible au sujet de réaliser dans la réalité son désir, que le fantasme va naître.
Dans une structure dite normale, ou névrose légère, le fantasme sera agi lorsque son élaboration le rendra acceptable par le Surmoi et compatible avec la réalité.
Pour une structure névrotique sévère, une circonstance favorable à la réalisation du désir fantasmatique risque d’avoir un effet traumatique et peut entraîner l’apparition de symptômes.
Le psychotique, quant à lui, hallucine son fantasme, nie la non-concordance entre la réalité et celui-ci.
Il s’agit de scénarios imaginaires qui ont pour caractéristiques de se retrouver avec une extrême fréquence, et de chercher à répondre aux grandes énigmes contre lesquelles buttent l’enfant.
Ils ont essentiellement pour thèmes:
– La procréation, la scène du coït des parents
– La séduction de l’enfant par un adulte
– La castration
Laplanche et Pontalis font remarquer que ces trois thèmes veulent apporter une réponse aux problèmes des origines : origine de l’individu, origine de la sexualité, origine de la différenciation sexuelle.
Le choix du partenaire sexuel dans le couple se fait selon deux possibilités, parfois intriquées :
– par narcissisme : c’est «un type de choix d’objet qui s’opère sur le modèle de la relation du sujet à sa propre personne» (J. Laplanche et J.-B. Pontalis)
– et/ou par étayage : c’est «un type de choix d’objet où l’objet d’amour est élu sur le modèle des figures parentales en tant qu’elles assurent à l’enfant nourriture, soins et protection » (J. Laplanche et J.-B. Pontalis)
Souvent ce sont des symptômes (voir des plaintes lorsque le symptôme mène à une consultation) qui laissent penser que la pulsion sexuelle n’est pas satisfaite.
Ces symptômes peuvent prendre n’importe quelle forme dont on peut citer une liste non exhaustive (Abstinence – Abus – Addiction, Compulsion – Angoisse sexuelle – Aversion – Crise – Délit sexuel – Ejaculation Précoce – Exhibitionnisme – Fétichisme – Frotteurisme – Inceste – Jalousie – Pédophilie – Transsexualisme – Transvestisme – Traumatisme – Trouble de l’érection – Trouble du désir – Vaginisme – Violence conjugale – Conjugopathie – Voyeurisme – Zoophilie – etc…)
L’origine de cette pulsion non satisfaite remonte aux mécanismes intra psychiques :
Elle exprime une « limitation fonctionnelle du Moi ».
Dans le cadre de la sexualité, l’inhibition traduit un conflit lié à l’interdiction surmoïque de voir s’exprimer ou réaliser des pulsions inconscientes de source sexuelle.
C’est l’opération par laquelle le sujet cherche à repousser ou à maintenir hors du champ de sa conscience des représentations (pensées, images, souvenirs imprévus) liées à la pulsion.
La pulsion sexuelle non satisfaite aboutit à un ensemble de réactions complexes appelé frustration.
Certains sujets vont développer des aménagements psychiques dans le but de compenser cette frustration : déplacement, sublimation, régression, projection, compensation…
Cependant la réaction humaine la plus commune à la frustration est l’agressivité…
L’éthique recouvre la réflexion morale sur les valeurs, ici en matière de sexualité. Avec la sexualité, nous sommes au cœur du conflit moral entre hédonisme et ascétisme. En cela l’éthique personnelle interfère dans les attitudes thérapeutiques.
Qu’est-ce que l’amour ?
Si quelqu’un vous dit « je t’aime », mais s’avère être platonicien, son « je t’aime » signifie en vérité « tu me manques, je te veux ». Donc il demande tout, puisqu’il vous demande vous-même.
nAlors que si quelqu’un vous dit : « je t’aime » en un sens spinoziste, cela veut dire : « tu es la cause de ma joie, je me réjouis à l’idée que tu existes ». Il ne demande rien puisque votre existence suffit à le convaincre et à le satisfaire.
16 novembre 2012 dans Annonces par Dr Arnaud ZELER
Bonjour,
Je m’appelle Arnaud, je viens de finir mon internat de médecine générale et, dans le cadre de ma Thèse, j’ai décidé de réaliser une étude sur le rôle des médecins dans la prévention et la prise en charge des problèmes sexuels de leurs patients.
Or, durant mes études, que ce soit à la Faculté ou lors de mes stages, j’ai remarqué que la sexologie était très peu abordée.
Aussi, après 9 années d’études de Médecine, il est clair qu’un jeune médecin n’a aucune compétence en santé sexuelle.
C’est pourquoi j’ai décidé, pour acquérir les connaissances nécessaires à la rédaction de ma Thèse de Médecine, de m’inscrire au Diplôme Inter-Universitaire (D.I.U) de Sexologie de l’Université de Lyon 2. Cette formation qui dure 3 ans est la seule reconnue par l’Ordre des Médecins et, à ce tire, elle autorise la mention « Sexologie » sur les ordonnances ainsi que sur la plaque professionnelle.
Le Diplôme est sanctionnée par un examen à la fin de chaque année, par un examen national final à la fin de la troisième année et par la réalisation de deux mémoires (un mémoire bibliographique à la fin de la 2e année et un mémoire de DIU à la fin de la 3eme année).
Le programme de ce DIU est vaste, puisqu’en 3 ans il traitera les sujets suivant :
Mon premier défi sera, tout au long de ces 3 années de DIU, de retranscrire un maximum de cours sur ce Blog, qui sera mon classeur de cours et que je partagerais avec ma promo.
10 novembre 2012 dans par Dr Arnaud ZELER
L’andropause est le nom grand public que l’on donne à l’hypogonadisme de survenue tardive corrélée à l’avancée en âge, qui survient aux alentours de 65-70 ans. Cela donne l’impression d’un parallélisme avec la ménopause qui est pourtant un mécanisme complètement différent.
C’est pourquoi dans le domaine scientifique on emploiera plutôt la dénomination « Déficit Androgénique Lié à l’Âge » (DALA) ou Androgen Deficiency in Aging Male (ADAM) en anglais, mais également :
Le fait d’associer déficit et âge donne l’impression d’un parallélisme entre ces 2 termes, et la question qui se pose est de savoir si ce déficit et les symptômes qui en découlent est la conséquence d’une vieillesse normale (comme dans le cas de la ménopause) ou si c’est une pathologie.
C’est pourquoi en 2009 un consensus d’expert1 a tenté de clarifier les choses.
L’hypogonadisme de survenue tardive est un syndrome clinique et biochimique associé à l’avancée en âge, caractérisé par des symptômes et une diminution de la concentration sérique de testostérone (en dessous des valeurs normales des hommes jeunes).
Cette condition peut être responsable d’une altération significative de la qualité de vie et affecter de manière néfaste la fonction de plusieurs organes.
Avec l’avancée en âge, on a donc l’apparition de symptômes ressemblant à un hypogonadisme :
Des études transversales2 montrent qu’il existe bien une diminution de la testostérone moyenne avec l’âge, mais que contrairement à la ménopause qui touche forcement toutes les femmes, ici on aura une diminution partielle qui atteint environ 30% des sujets âgés de plus de 65 ans.
Les études longitudinales3 montrent que cette diminution de la testostérone est progressive et débute dès l’âge de 40 ans.

Cependant, les études de corrélation clinico-biochimiques4 ne mettent pas en évidence de corrélation exacte entre la diminution de la testostérone, l’âge et la diminution du désir.

Le déclin de la testostéronémie est donc progressif avec l’âge, débutant déjà chez l’adulte jeune (40 ans), partiel, ne touchant pas tous les sujets et ne s’exprimant pas forcement par un trouble du désir.
Il n’aboutit à un « déficit » que chez certains sujets.
D’ailleurs, une proportion importante d’hommes âgés a une testostéronémie abaissée, c’est-à-dire en dessous des valeurs « normales » biologiques des hommes jeunes, qui sont utilisées comme valeurs de référence.
Il y a un problème de vocabulaire en utilisant le mot « andropause » comme pour faire le parallélisme avec la ménopause chez la femme, les deux phénomènes étant complètement différents.
C’est pourquoi on utilisera préférentiellement le terme « Déficit Androgénique Lié à l’Âge ».
Une augmentation de la LH (hormone lutéale, sécrétée par l’hypophyse CF Anatomie et Physiologie Masculines) va entrainer une diminution de la réponse au test à l’hCG, ce qui aura comme conséquence une diminution du nombre de cellules de Leidig.
A ce moment là il n’existera pas encore de modification de la dihydrotestostérone (DHT), de l’oestradiol (E2) ni de l’estrone (E1).
Si la LH augmente, cela signifie que c’est la production de testostérone par le testicule qui est déficient.
On remarque que chez les patients qui ont une maladie générale, on aura généralement une augmentation de la LH.
On a donc une insuffisance relative de l’axe gonadotrope, qui ne suffit pas à contrebalancer la diminution de la production de testostérone dans les testicules (insuffisance Leydigienne).
Le diagnostic nécessité la présence de symptômes et de signes suggérant un déficit en testostérone. Le symptôme le plus associé à l’hypogonadisme est une faible libido.
Les autres manifestations d’hypogonadisme incluent : dysfonction érectile, diminution de la masse et de la force musculaire, augmentation de la graisse corporelle, diminution de la densité osseuse et ostéoporose, diminution de la vitalité, humeur depressive.

Cependant, aucun de ces symptômes n’est spécifique, c’est-à-dire que si un patient âgé a un ou plusieurs de ces symptômes, cela ne voudra pas forcement dire qu’il existe bien un déficit en testostérone. Ces symptômes doivent donc être corroborés avec un dosage de la testostéronémie, qui doit être abaissée.
De même, les questionnaires prédictifs (ADAM5, MMAS6), AMS7 ne sont pas recommandés pour faire le diagnostic d’hypogonadisme en raison de leur faible spécificité.

La prise de sang pour dosage de la testostéronémie totale doit être effectuée le matin entre 7h et 11h, car l’après-midi la testostéronémie s’abaisse chez tout le monde.
La testostérone, comme beaucoup d’hormone, est liée à des protéines dans le sang. Une partie de celle-ci, liée à la protéine SHBG, n’est pas utilisable par les cellules cibles. Une autre partie de la testostérone est liée à l’albumine et peut être utilisée par les cellules, et enfin le reste est de la testostérone libre. La somme de la testostérone libre et de la testostérone liée à l’albumine forme la testostérone biodisponible, qui est la valeur qui nous intéresse le plus.
Dans les valeurs extrêmes, le dosage de la testostérone totale est valable :
Entre ces deux valeurs, tout dépendra de la quantité de testostérone liée à sa protéine de transport (SHBG) et il faudrait donc doser en plus la LH pour vérifier, si elle est augmentée par un mécanisme de rétrocontrôle, que l’on est bien dans le cadre d’un déficit en testostérone. Si la LH est normale, ce ne sera probablement pas un hypogonadisme (sauf si en plus l’hypophyse est déficient et que le patient souffre d’un déficit en production de LH).
De plus, le dosage de la testostéronémie totale ne sera pas fiable si la protéine de transport de la testostérone est élevée ou basse, notamment dans les cas suivants :
| SHBG élevée | SHBG basse |
|---|---|
| Déficit pondéral | Obésité |
| Hyperthyroïdie | Hypothyroïdie |
| Traitements anticonvulsivants | Traitement par glucocorticoïdes / progestatifs / stéroïdes / androgènes |
| Infection par le VIH | |
| Âge | |
| Hépatopathie | |
| Insulino-résistance | |
| Syndrome néphrotique |
Le plus simple est donc peut-être de doser directement la testostérone biodisponible, ce qui évite de faire refaire des prises de sang au patient et de errer au niveau diagnostic.
| Dosage | Cotation8 | Coût |
|---|---|---|
| Testostérone totale | B51 | 13.77€ |
| Testostérone + SHBG | B51 + B70 | 32.67€ |
| Testostérone libre ou biodisponible | B85 | 22.95€ |
| LH | B51 | 13.77€ |
| Prolactine | B51 | 13.77€ |
| PSA | B41 | 11.07€ |
| Bilan lipidique | B27 | 7.29€ |
| Glycémie | B5 | 1.35€ |
| Hémogramme | B29 | 7.83€ |
Avant toute chose, une fois le diagnostic biologique fait grâce à un dosage de la testostéronémie, il faut exclure :
En effet, le déficit androgénque lié à l’âge est défini par un effondrement de la testostéronémie de survenue tardive avec des symptômes associés, non expliqué par une maladie favorisant l’hypogonadisme.
Les facteurs de risque d’hypogonadisme chez le sujet âgé sont :
Ces maladies chroniques doivent être recherchées et traitées. Le bilan des co-morbidités comme possible cause des symptômes et l’appréciation de l’équilibre entre les risques potentiels et les bénéfices sont particulièrement importants chez l’homme âgé.
La testostérone est un médicament à prescription initiale réservée aux spécialistes en endocrinologie, en urologie, ou en gynécologie. On utilise des préparations de testostérone naturelle. Il existe des galéniques IM, SC, par voie orale, par gel hydroalcoolique transcutané et avant il existait des patchs transdermiques donc la commercialisation a été arrêté récemment.
Le praticien doit avoir une connaissance suffisante de la pharmacocinétique et des avantages et inconvénients de chaque préparation. Le choix doit être une décision commune entre le praticien et le patient.
Comme la survenue d’événements indésirables durant le traitement (en particulier une élévation de l’hématocrite ou un cancer de la prostate) nécessite un arrêt rapide de la substitution, des préparations de durée d’action courte doivent être préférées pour le traitement initial des hypogonadismes de survenue tardive.
En l’absence de données adéquates pour déterminer le niveau optimum de testostérone sérique pour la sécurité et l’efficacité du traitement, il semble actuellement approprié de viser l’obtention d’une concentration sérique de testostérone dans le milieu ou la partie basse de la normale des hommes jeunes.
Précautions :
| Nom | Mode d’administration | Dosage | Prix | Remarques |
|---|---|---|---|---|
| Pantestone® | Per Os | 40 mg x 3/j | 16.37 euros (60 capsules). Remb Séc soc à 65 % | Assez contraignant (traitement quotidien) avec dosage difficile |
| Androtardyl® | Intra-musculaire | 250mg toutes les 3 semaines | 9.23 euros (1 ampoule). Remb Séc soc à 65 % | Effet « montagnes russes » du taux sérique de testostérone mais en rapprochant les injections et en diminuant la dose on a un meilleur résultat |
| Nebido® | IM | 1000mg tous les 3 mois | 120 euros (1 ampoule) non remboursé sécu | Moins d’effets secondaires |
| Androgel® | Transcutané (gel) | 25 mg ou 50 mg 1 x/j | 75€/mois non remboursé sécu | 5 à 10% d’irritation cutanée |
| Testopatch | Patch transcutané | Arrêt de commercialisation depuis avril 2015 |
| Contre-indications absolues | Contre-indications relatives |
|---|---|
| Cancer de la prostate | Apnées du sommeil |
| Cancer du sein | Troubles mictions obstructifs |
| Maladies oedémateuses |
Une polyglobulie peut se développer sous traitement ,en particulier chez l’homme âgé traité par des préparations injectables. La surveillance de l’hématocrite est indiquée avant traitement, 3-4 mois puis 12 mois après le début du traitement, puis chaque année. Une adaptation des doses et/ou des saignées périodiques peuvent être nécessaires pour maintenir l’hématocrite en dessous de 52-55%.
Surveillance tous les 3 mois la première année d’instauration du traitement, puis tous les ans au-delà :
L’amélioration des signes et symptômes de déficit en testostérone doit être recherchée.
L’absence de bénéfice clinique après une durée de traitement raisonnable doit conduire à arrêter le traitement :
Il faudra alors rechercher d’autres causes aux symptômes.
Chez l’homme avec des valeurs de testostérone d’hypogonadisme, l’administration de testostérone améliore la composition corporelle (diminution de la masse grasse augmentation de la masse maigre). Des bénéfices secondaires de l’amélioration de la composition corporelle sur la force musculaire, le métabolisme et le système cardio-vasculaire sont suggérées mais nécessite une confirmation par des études à large échelle.
La prévalence de l’ostéopénie, de l’ostéoporose et des fractures est plus importante chez les hommes hypogonadiques, jeunes et âgés.
La mise en place d’un traitement substitutif par testostérone chez un patient souffrant d’hypogonadisme va augmenter la densité osseuse et protéger de l’ostéopénie.
Il n’y a, pour l’instant, pas de donnée disponible sur les fractures, le bénéfice d’un traitement à long terme par la testostérone sur les fractures nécessitant des investigations complémentaires.
L’étude de la densité osseuse à deux ans d’intervalle est souhaitable chez les hommes hypogonadiques et la mesure de la testostérone doit être faite chez les hommes présentant une ostéopénie.
Le bilan initial de tous les hommes présentant une dysfonction érectile et/ou une diminution de la libido devrait comporter une détermination de la testostérone sérique.
Ces dysfonctions, avec ou sans déficit en testostérone, peuvent être en relation avec des co-morbidités : diabète sucré, hyperprolactinémie, syndrome métabolique, troubles urinaires du bas appareil, maladie vasculaire périphérique ou prise de certains médicaments.
Les hommes présentant une dysfonction érectile et/ou une diminution de la libido et un déficit en testostérone documentée sont des candidats à un traitement par la testostérone.
Une réponse inadéquate au traitement par la testostérone nécessite une nouvelle recherche des causes de dysfonction érectile.
En présence d’un tableau clinique de déficit en testostérone et des valeurs limites de testostérone sérique, un traitement d’épreuve de courte durée (trois mois) peut être justifié.
Une absence de réponse plaide en faveur d’un arrêt de l’administration de testostérone.
Une réponse satisfaisante peut être un effet placebo et la surveillance de l’effet thérapeutique doit être poursuivie avant d’instaurer un traitement de longue durée.
Des études suggèrent une synergie thérapeutique de l’utilisation combinée de la testostérone et des inhibiteurs de la phosphodiesterase de type 5 (IPDE5) chez les hommes hypogonadiques ou « borderline »
Ces observations sont préliminaires et requièrent des études supplémentaires, néanmoins le traitement combiné doit être considéré chez les hommes hypogonadiques présentant une dysfonction érectile ne répondant pas à l’un des traitements.
La question de savoir si un homme hypogonadique avec dysfonction érectile doit être traité d’abord par IPDE5, testostérone ou les deux, reste à préciser. Plus la testostérone est basse, meilleur sera l’effet du traitement androgénique.
Plus il y aura d’autres facteurs d’altération sexuelle, plus il y aura besoin de traitement pro-erectile.
En pratique :
Il y a un rapport entre syndrome métabolique, obésité et hypogonadisme. On peut donc doser la testostérone dans le bilan initial d’un syndrome métabolique.
Les effets de l’administration de testostérone sur le contrôle glycémique des patients diabétiques n’est pas clairement établi et il est prématuré de recommander un traitement androgénique pour un syndrome métabolique ou un diabète sucré en l’absence de preuves cliniques et biologiques d’hypogonadisme, cependant chez les hommes hypogonadiques qui présentent un diabète ou un syndrome métabolique, le traitement par la testostérone prescrit pour les symptômes de l’hypogonadisme peut avoir des effets bénéfiques sur le plan métabolique.
Il n’y a pas à l’heure actuelle de preuve qu’un traitement par la testostérone augmente le risque de cancer de la prostate ou d’hyperplasie bénigne de la prostate. Il n’y a pas non plus de preuve qu’un traitement par la testostérone va convertir un cancer de la prostate infra clinique en cancer cliniquement décelable. Mais on n’a pas d’étude suffisante prouvant qu’il n’y a pas non plus de risque.
Toutefois, la testostérone peut stimuler la croissance et aggraver les symptômes d’un cancer de la prostate localisée ou métastatique, surtout durant la phase androgéno-dépendante (phase durant laquelle le traitement consiste en un blocage androgénique par agoniste de la LHRH + antiandrogène).
C’est pour cela qu’avant d’instaurer un traitement il faut :
Après l’initiation du traitement par la testostérone, la surveillance de l’état prostatique doit avoir lieu à 3-6 mois, 12 mois et au moins chaque année par la suite.
En cas de risque élevé de cancer de la prostate (suspicion au toucher rectal, augmentation du PSA ou du risque calculé) des biopsies écho guidées de la prostate sont indiquées.
Des symptômes sévères de troubles urinaires du bas appareil par hyperplasie bénigne de la prostate (International Prostate Symptoms Score >21) représentent une contre-indication relative au traitement par la testostérone.
Il n’y a toutefois pas de résultat convaincant suggérant que le traitement par la testostérone provoque une aggravation des troubles urinaires du bas appareil ou induisent une rétention aigüe d’urine.
Cette contre-indication n’est plus applicable après succès du traitement de l’obstruction des voies urinaires
Les hommes traités avec succès pour un cancer de la prostate et souffrant d’un hypogonadisme symptomatique confirmé seront candidats potentiels à un traitement substitutif par la testostérone après un intervalle prudent, s’il n’y a pas de preuves cliniques ou biologiques d’un cancer résiduel.
Comme il n’y a pas de résultat à long terme disponible, les cliniciens doivent conduire une réflexion prenant en compte les avantages et les inconvénients du traitement par la testostérone dans cette situation. La balance bénéfices/risques doit être clairement discutée avec le patient et le suivi doit être particulièrement soigneux.
10 novembre 2012 dans par Dr Arnaud ZELER





Le plancher pelvien est constitué :

La vulve est constituée par :

Découvrez nos modèles en 3D de vulves et de clitoris qui présentent de manière précise et détaillée l’anatomie sexuelle féminine. Indispensables pour les professionnels de la santé et de l’éducation sexuelle, ainsi que pour toute personne souhaitant approfondir ses connaissances.


Docteur en médecine, autrice d’une thèse sur l’état des lieux des connaissances sur le clitoris
Je trouve que ce kit permet de mieux se rendre compte de la localisation du clitoris, le fait de le représenter au sein de la vulve est quand même plus parlant que le clitoris 3D seul. C’est aussi très intéressant d’avoir représenté les deux versions (au repos et à l’excitation), c’est un super outil pédagogique et c’est ce qui manquait !



Dans les vulvodynies on a une inflammation de ces glandes qui sont rouges, surélevées et sensibles quand on les touche avec un coton-tige. Cela se soigne par une ablation de cette glande.
La fossette naviculaire (ou fosse du vestibule) peut être à l’origine de douleurs, surtout chez les femmes à peau claire avec des petites irritations après les rapports.
Si une femme se plaint de douleurs post-coitales on peut regarder au niveau de la fossette ou de la fourchette (=commissure postérieure) pour voir s’il n’y a pas des éraflures.

Particularités anatomiques :
Le vagin est l’organe du rapprochement sexuel. Il va avoir comme rôle :
Beaucoup de médecins esthétique proposent d’injecter du botox dans le vagin pour faire gonfler le point G.
C’est un grand organe et non pas juste le petit bout que l’on voit dépasser.

Sur ce schéma en 3D, on peut voir que le clitoris a un gland, un corps caverneux et des racines (ou piliers), qui pourraient, pour certains, correspondre au « point G« .
L’anatomie du clitoris ressemble beaucoup aux corps caverneux du pénis avec des aréoles qui se remplissent de sang pour se gonfler.





Ils ont pour rôle :
Ils ont pour rôle :
En l’absence complète d’androgène ou d’effet androgénique on aura :
Chez le mâle (génotype 46XY), ce type de pathologie entraînera un phénotype féminin avec1 :
L’interprétation est difficile.
Le traitement hormonal substitutif de la ménopause consiste à donner de l’oestradiol ainsi qu’un progestatif afin de remplacer le déficit hormonal lié à l’arret de sécrétion de ces hormones par les ovaires.
L’oestradiol n’a pas d’action sur le désir, mais a un effet positif sur les symptômes locaux de la carence oestrogénique et améliore ainsi les réactions sexuelles (améliore la sécheresse vaginale, empêche l’atrophie vaginale, améliore les dyspareunies etc…).
La progestérone n’est donnée qui pour éviter le risque de dysplasie de l’endomètre mais n’a aucun effet sur les symptômes climatériques.
En revanche, des études montrent qu’il existe une amélioration de la libido mais aussi de la satisfaction sexuelle, du plaisir, des fantasmes et de l’orgasme lorsque l’on rajoute un androgène en plus du THS2. En effet, après la ménopause les androgènes diminuent également, ce qui semble être la raison de la diminution du désir sexuel après la ménopause.


Les premiers scientifiques à avoir étudié par le biais d’observations les comportements sexuels sont le Dr William Masters et la psychologue Virginia Johnson dans les années 1960.

Ils ont défini quatre phases interactives lors d’un rapport sexuel chez une femme :

La courbe (B) peut montrer une femme anorgasmique (ce qui est rare), mais surtout une femme qui n’est pas à l’affaire ce jour là…

Selon Master & Johnson, la réaction sexuelle est faite en quatre phases mais en fait il y en a une indispensable dans le couple avant de commencer le rapport qui est le désir.
Helen Kaplan, 10 ans plus tard, se démarque des conclusions de Masters et Johnson en ajoutant une phase importante qu’est le désir sexuel. Cette phase est distincte des autres phases de la réponse sexuelle, précédant l’excitation sexuelle et étant à la base de toutes les autres.


La lubrification du vagin commence dans les 10 à 30 secondes après le début de l’excitation. Une femme de 20 ans a besoin de 15 secondes pour lubrifier complètement son vagin, ménopausée, il lui faudra 3 à 4 minutes.
Le lubrifiant est en général un liquide transparent, de la consistance du blanc d’oeuf, produit non pas par des glandes mais par une exfiltration de plasma au travers des parois grâce à l’engorgement vasculaire, à laquelle vient s’ajouter un liquide sécrété par les glandes de Bartholin situées légèrement en dessous, à gauche et à droite de l’orifice vaginal afin de participer plus spécifiquement à la pénétration (et au maintient d’une humidité naturelle en temps normal).
Le désir est parfois confondu avec l’excitation donc si une femme dit qu’elle a un problème de désir en fait elle parle peut-être de l’excitation (et pour l’homme c’est pareil qui confond souvent libido et érection)
On a une dilatation des 2/3 supérieurs du vagin (= ballonisation) avec formation de la plate forme orgasmique dans le 1/3 inférieur.
L’orgasme correspond anatomiquement à une décharge sensorielle du clitoris associée à des contractions périnéales à des intervalles réguliers de 0,8s et dure 2 à 4 secondes. Il n’est pas systématique lors du rapport sexuel, plus systématique lors de la masturbation.
Souvent, les couples jeunes sont orientés uniquement sur l’orgasme, sans penser au fait que les femmes puissent être satisfaites sans orgasme si elles ont eu suffisamment de plaisir (et inversement c’est-à-dire qu’elles peuvent avoir eu un orgasme mais se sentir insatisfaites)
L’orgasme clitoridien est du à une stimulation sensorielle transmettrice de sensations, alors que l’orgasme vaginal sera le siège des contractions vaginales.
L’hypothèse d’une sexologue nommée O’Coneil est que l’orgasme est unique, lié à ce grand clitoris qui fait le tour de la paroi vaginale, et qu’il n’existe, pour chaque femme, qu’une seule forme d’orgasme quelque soit le point de départ de l’excitation.
L’orgasme coïtal nécessite un apprentissage chez les femmes car pour l’homme le coït sera toujours ressenti comme plus plaisant que la masturbation manuelle (+ chaud, plus humide, plus doux…) mais pas pour la femme chez qui cela sera des sensations complètement différentes.
Certaines femmes au moment de l’orgasme peuvent avoir ce qu’on appelle une éjaculation féminine (« femmes fontaines« ) mais pour l’instant on ne sait pas comment ça marche.

À une époque on a cru que le fait d’avoir un orgasme pendant le rapport faisait qu’on avait de plus beaux enfants, du coup pendant la confession les curés enseignaient la sexologie aux jeunes avec notamment le fait de caresser le clitoris pendant le rapport afin que la femme ait un orgasme et donc un plus bel enfant mais quand on s’est rendu compte que cela ne changeait pas la morphologie des enfants ça à été abandonné.
Le Viagra® a sauvé les pandas (on leur en donne pour qu’ils se reproduisent) ainsi que les tigres (on ne les tue plus pour leurs propriétés aphrodisiaques).
Une étude conduite chez des jumelles par le Dr. Kate Dunn de Keele University in the UK. a cherché à estimer la part de la génétique dans la variation de la capacité des femmes à l’orgasme.
Le seul traitement validé de l’anorgasmie totale c’est la découverte de l’orgasme par la masturbation associé à des traitements psychiatriques et psychothérapiques, de la relaxation etc…
Le Dr. Rosemary BASSON dirige un Hôpital qui est à la fois un hôpital psychiatrique réservé aux femmes et une clinique de gynécologie. Elle était interniste de formation et voulait comprendre la sexualité féminine. Elle a fait une grande étude avec un grand panel de femmes pour déterminer quel était le modèle de l’excitation de la femme, et il en ressort qu’au début d’une relation le modèle de l’excitation est identique chez toutes les femmes (c’est-à-dire avant que le couple ne s’installe ensemble)5.

Le stimulus sexuel va donner une réponse génitale mais en passant par le filtre de la cognition et de l’émotion afin de pouvoir accepter ou non son excitation.
Il y a des femmes qui ont une excitation mais qui ne vont pas forcément la ressentir. Par exemple si on utilise la pletismographie (qui consiste à introduire des capteurs et une caméra dans le vagin) et qu’on demande à des femmes de se masturber, les résultats monteront que toutes ont une réponse génitale avec lubrification et signes de vasodilatation, y compris celles qui souffrent de troubles sexuels, sauf que ces dernières ne ressentiront pas le fait qu’elles ont une réponse sexuelle.
Le désir sexuel de la femme fait partie de ce que Freud appelait « le continent noir », dont la connaissance, tant de ses déterminants que des circonstances qui peuvent l’affecter, reste toujours à approfondir. Avec la psychanalyse, le désir a pris une dimension active, cette recherche de l’accession à un « objet » de plaisir. Le désir se distingue du besoin, qui est comblé par une satisfaction immédiate, comblement que le désir ne remplit jamais complètement, l’objet à atteindre restant synonyme du plaisir recherché, fantasmé, ce qui permet de le rechercher encore.
Parmi les composantes du désir, on retrouve la « mémoire d’empreinte », mémoire individuelle construite au fur et à mesure des expériences : ce sont les scripts cognitifs.
La conceptualisation plus scientifique du désir féminin, utilisant des schémas, a permis une meilleure compréhension des troubles du désir féminins.
Le schéma le plus pertinent semble être le modèle circulaire développé par Rosemary Basson6

En résumé c’est en ayant des rapports sexuels que la femme apprendra à aimer avoir des rapports et elle a besoin d’être stimulée pour ça.
Les hommes qui attendent que la femme se jette sur eux peuvent toujours attendre car c’est bien le rôle de l’homme de mettre en place le stimuli sexuel
Contrairement aux hommes, les femmes ne sont pas visuelles et là où les hommes peuvent être excités en 1/10e de seconde et oublier tous leurs soucis pour tirer un coup, les femmes vont avoir besoin de temps et d’un bon contexte pour mettre leurs soucis de côté.
En sexualité, parce qu’il y a des valeurs et des standards (aussi bien véhiculés par le porno que par les magasines féminins), les gens pensent que tout le monde doit être pareil alors qu’en fait on a tous une sexualité et des besoins différents.
Ainsi, certaines femmes seront hyposexuelles pendant que d’autres seront plutôt hypersexuelles avec des fantasmes et des rêves différents, d’autres seront multi-orgasmiques, d’autres seront capables de contrôler leur éjaculation etc…
Souvent vers 50 ans la femme se réveille après 30 ans de mariage en se demandant pourquoi elle n’a pas eu une sexualité plus épanouie…
L’expression de certains gènes variera chez différents individus et il y a donc des comportements vis-à-vis desquels nous ne sommes pas égaux :
L’ocytocine donne une sensation d’attachement et c’est pour cela qu’au moment de l’orgasme on a ce sentiment de bien-être et d’attachement envers la personne. Cependant, l’attachement hormonal lié à l’orgasme ne prendra pas le dessus sur les problèmes d’estime de soi etc.
Le comportement d’attachement crée :
=> C’est ce qu’on appelle les Modèles Opérants Internes
Les modalités d’attachement :
Mère rassurante – père stimulant
Le système limbique partie du paleocortex (hypothalamus, thalamus, le gyrus antérieur , l’amygdale, l’hippocampe et autres structures du lobe temporal) , joue pour le désir sexuel, les fantasmes, rêves nocturnes ou éveillés et entraîne la cascade d’événements neurovasculaires entrainant les réponses somatiques et génitales de la fonction sexuelle ainsi que les comportements appropriés.
Un problème dans le système limbique affectera particulièrement le désir, l’excitation centrale, et les comportements sexuels socialement appropriés 7.
La chimie fine à l’intérieur des cellules est identique chez les femmes et chez les hommes en ce qui concerne la réponse et les comportements sexuels :
Ces neurotransmetteurs diminuent automatiquement au bout de quelques mois7.
Les chemins des systèmes sympathiques et parasympathiques sont les mêmes chez les hommes et les femmes.
L’intégrité du nerf pudendal est nécessaire à la sexualité de la femme : chez des femmes asymptomatiques VS d’autres qui ont un problème sexuel on a fait un questionnaires concernant les troubles urinaires. Le score urinaire sera plus mauvais chez les femmes ayant un trouble sexuel, sauf dans les cas de trouble du désir 8.
9 novembre 2012 dans par Dr Arnaud ZELER
L’infertilité et son traitement peuvent modifier la sexualité avant même l’entrée en assistance médicale à la procréation. La recherche d’une grossesse transforme parfois les rapports sexuels en actes programmés, centrés sur la pénétration vaginale et l’éjaculation. Le désir devient alors une obligation à une date précise, tandis que l’excitation, le plaisir ou l’orgasme passent au second plan. Les examens, les injections, les prélèvements, l’attente des résultats et les échecs successifs ajoutent une temporalité médicale à la vie intime.
L’évaluation sexologique recherche les difficultés qui peuvent réduire les chances de conception spontanée, celles qui résultent de l’infertilité et celles qui sont aggravées par le parcours d’AMP. Elle concerne la personne qui reçoit les traitements, le ou les partenaires et, lorsqu’il est distinct, le co-parent. Le vocabulaire s’adapte à la situation : organes présents, gamètes utilisés, personne qui portera la grossesse, identité de genre, pratiques sexuelles et organisation du projet parental. Une femme cisgenre, un homme trans ou une personne non binaire peuvent avoir des ovaires ou un utérus ; une personne qui produit des spermatozoïdes n’est pas nécessairement un homme.
L’Organisation mondiale de la Santé définit l’infertilité par l’absence de grossesse après au moins douze mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. Cette définition clinique suppose que les pratiques permettent la rencontre d’ovocytes et de spermatozoïdes. Elle ne convient pas aux projets nécessitant d’emblée un don de gamètes, aux personnes seules et aux relations dans lesquelles aucune conception spontanée n’est possible. Le recours à l’AMP peut alors relever d’un projet de parentalité sans traduire une pathologie de la fertilité.1
Le mot « stérilité », fréquent dans les textes anciens, suggère une impossibilité définitive. Le terme « infertilité » décrit mieux une probabilité réduite de conception, qui peut être spontanément réversible, traitable ou compensée par une technique d’AMP. La fécondabilité désigne la probabilité d’obtenir une grossesse au cours d’un cycle. Elle diminue avec l’âge ovarien et dépend également de la qualité spermatique, de la perméabilité tubaire, de l’ovulation, de l’utérus et de la fréquence des rapports permettant une fécondation.
Les recommandations françaises proposent un bilan après douze mois d’essais lorsque la personne qui produit les ovocytes a moins de 35 ans, et après six mois à partir de 35 ans. L’évaluation débute sans attendre en cas d’aménorrhée ou de cycles très irréguliers, d’endométriose connue ou suspectée, d’antécédent de grossesse extra-utérine, d’atteinte tubaire, de traitement gonadotoxique, d’anomalie testiculaire, de trouble de l’érection ou de l’éjaculation empêchant les rapports fécondants, de douleurs sexuelles ou d’impossibilité de pénétration vaginale.2
Une information précoce sur l’effet de l’âge aide à construire un projet reproductif réaliste. Elle ne transforme pas la fertilité en obligation et ne permet pas de prédire individuellement le délai de conception. Les applications, les courbes de température et les tests d’ovulation peuvent préciser la fenêtre fertile, mais leur usage intensif augmente parfois la pression et la programmation des rapports.
L’AMP regroupe l’insémination intra-utérine, la fécondation in vitro conventionnelle, l’injection intracytoplasmique d’un spermatozoïde dans l’ovocyte ou ICSI, le transfert d’embryons congelés, l’accueil d’embryon et les techniques utilisant un don de gamètes. La FIV met les ovocytes et les spermatozoïdes en présence au laboratoire. L’ICSI ajoute une micro-injection d’un spermatozoïde dans chaque ovocyte mature ; elle répond notamment à certaines infertilités masculines ou à des antécédents de défaut de fécondation.

Depuis la loi de bioéthique de 2021, l’AMP est accessible en France aux couples formés d’un homme et d’une femme, aux couples de femmes et aux femmes non mariées. Le statut matrimonial et l’orientation sexuelle ne peuvent pas justifier une différence de traitement. Ces catégories reposent sur le sexe inscrit à l’état civil. Un homme trans enregistré comme homme ne peut donc pas accéder seul à l’AMP pour porter une grossesse, même s’il a conservé un utérus. Cette restriction juridique n’autorise aucun mégenrage ni différence de qualité dans les soins.34
Le prélèvement d’ovocytes en vue d’une AMP peut être réalisé jusqu’à la veille du 43e anniversaire, et le recueil de spermatozoïdes jusqu’à la veille du 60e anniversaire. L’insémination ou le transfert embryonnaire peuvent être réalisés jusqu’à la veille du 45e anniversaire de la personne qui porte la grossesse et jusqu’à la veille du 60e anniversaire de l’autre membre du couple. Les limites médicales peuvent être plus restrictives selon les risques et les chances de succès.5
L’Assurance maladie prend en charge au maximum six inséminations et quatre tentatives de FIV pour obtenir une grossesse. Le centre précise les règles de décompte des tentatives ainsi que les critères médicaux permettant de poursuivre, de différer ou d’arrêter le parcours. La prise en charge financière ne garantit ni la réalisation des quatre tentatives ni une naissance.6

En 2023, l’Agence de la biomédecine a recensé 164 670 tentatives d’AMP et environ 28 440 enfants nés à la suite d’une AMP réalisée cette année-là, soit 4 % des naissances en France. Pour les FIV conventionnelles avec les gamètes du couple, le taux d’accouchement était de 18,7 % par ponction hors cycles avec congélation de tous les embryons et de 25,8 % par transfert frais. Le transfert mono-embryonnaire représentait 82,8 % des transferts frais et le taux d’accouchements multiples avait diminué à 3,6 %.7


Un taux par transfert sélectionne les cycles ayant obtenu au moins un embryon transférable. Un taux par ponction inclut davantage d’échecs précoces, mais exclut parfois les naissances obtenues plus tard à partir des embryons congelés. Le pronostic individuel doit donc être présenté selon l’âge, la réserve ovarienne, la cause de l’infertilité, la technique utilisée et les transferts cumulés issus d’une même ponction.
Le premier entretien précise le projet parental, les personnes qui y participent, les gamètes envisagés, la personne qui portera la grossesse et les liens entre partenaire, co-parent et éventuel donneur. L’histoire médicale comprend la durée des essais lorsqu’ils permettent une conception, les grossesses antérieures, l’âge, les cycles, les antécédents médicaux, chirurgicaux et infectieux, les traitements, les expositions professionnelles, le tabac, le cannabis et l’alcool. Chaque personne concernée doit pouvoir parler avec les autres et, si elle le souhaite, au cours d’un temps individuel confidentiel. Un projet parental mené seul bénéficie du même niveau d’information et d’évaluation.
L’entretien sexuel décrit les pratiques réelles avec des mots simples. Lorsque le projet repose sur des rapports vaginaux, il précise leur fréquence, leur moment par rapport à l’ovulation, la présence d’une éjaculation intravaginale et l’existence d’une douleur. Il demande ensuite comment le calendrier fertile a modifié l’envie, l’initiative, l’excitation, la lubrification, l’érection, l’éjaculation, l’orgasme, le plaisir et la relation. Une dysfonction érectile, une difficulté d’éjaculation, une dyspareunie ou une douleur vulvaire, un trouble de la pénétration ou un évitement peuvent précéder le projet, apparaître pendant les essais ou s’aggraver avec les traitements.
Le bilan explore simultanément les fonctions nécessaires au projet. En présence d’ovaires, il évalue l’ovulation et, lorsqu’une AMP est envisagée, la réserve ovarienne. En présence d’un utérus ou de trompes impliqués dans la conception, il étudie la cavité utérine et la perméabilité tubaire selon l’indication. Lorsqu’une personne fournit les spermatozoïdes, l’évaluation associe interrogatoire, examen clinique proposé avec consentement et spermogramme. Les recommandations françaises prévoient un contrôle du spermogramme lorsqu’une anomalie est retrouvée au premier examen. Cette organisation anatomique évite d’assimiler une fonction reproductive à une identité de femme ou d’homme.
Le recueil de sperme est habituellement réalisé par masturbation au laboratoire après deux à sept jours d’abstinence sexuelle, selon les consignes du laboratoire. Il faut demander avant l’examen si la masturbation, l’éjaculation à la demande, l’environnement du laboratoire, le délai ou le recueil dans un contenant risquent de poser problème. Un échec de recueil ne prouve ni anéjaculation permanente ni infertilité ; un nouveau recueil ou une méthode spécialisée peut être organisé.8
L’infertilité est dite inexpliquée lorsque l’interrogatoire, l’examen et les investigations recommandées n’identifient pas de cause. Ce diagnostic signifie que les méthodes disponibles n’ont pas retrouvé d’anomalie suffisante pour expliquer l’absence de grossesse. Il ne permet pas de conclure à une origine psychologique. Une grossesse survenant après l’arrêt des traitements ou dans une autre relation ne démontre pas davantage un blocage psychique antérieur.9
Les violences sexuelles peuvent avoir des conséquences durables sur la santé, le rapport au corps, la confiance, la douleur et la sexualité. Elles sont recherchées avec tact lorsqu’un élément clinique le justifie et lorsque la personne peut répondre dans un cadre confidentiel. Elles ne doivent jamais être présentées comme une cause de l’infertilité, de l’orientation sexuelle ou d’un échec de FIV. La détresse psychique mérite des soins pour elle-même ; elle ne doit pas devenir une faute attribuée à la personne qui ne parvient pas à concevoir.
L’annonce d’une infertilité peut atteindre l’image corporelle, l’estime de soi, l’identité de genre ou le sentiment de continuité familiale. Certaines personnes l’associent à leur féminité, leur masculinité ou leur capacité à devenir parent ; d’autres ne font aucun lien avec ces dimensions. Une personne peut exprimer sa souffrance, une autre chercher des solutions techniques, se taire, s’éloigner temporairement ou protéger son partenaire. Ces réactions renseignent sur une manière de faire face et ne mesurent ni l’intensité du désir d’enfant ni la qualité de la relation.
La cause médicale influence parfois le vécu. Une azoospermie peut être associée à un sentiment de perte de virilité ; une insuffisance ovarienne peut confronter brutalement au vieillissement reproductif ; l’endométriose associe infertilité, fatigue et douleurs sexuelles ; le recours à un don interroge la filiation génétique, la place de chaque parent et l’information future de l’enfant. Aucun de ces vécus n’est automatique.
Au sein d’une relation, chacun peut avoir une information, une temporalité et une limite différentes. La personne dont les gamètes ou les organes sont concernés peut se sentir responsable de l’infertilité. Le ou la partenaire peut culpabiliser de ne pas subir les gestes, hésiter à exprimer sa propre fatigue ou se sentir réduit à un rôle de soutien. Après un rapport programmé difficile, la personne qui n’a pas eu de désir, d’érection, de lubrification ou d’éjaculation peut craindre d’avoir « fait perdre une chance » au projet. Cette culpabilité augmente la pression lors de la tentative suivante.
Le diagnostic peut être gardé secret vis-à-vis de l’entourage, devenir un sujet de conflit ou renforcer la solidarité. Les soins donnent une place à chaque personne concernée sans désigner automatiquement l’une comme « le patient » et l’autre comme « le soutien ». Une consultation individuelle reste possible pour parler de sexualité, d’un doute sur le projet, d’une violence ou d’une difficulté qui ne peut pas être formulée devant les autres.
Les couples composés de personnes du même genre, les personnes seules, les personnes trans ou non binaires et les projets utilisant un don rencontrent les contraintes communes de l’AMP : attente, examens intimes, injections, incertitude, retentissement professionnel et charge émotionnelle. S’y ajoutent parfois le mégenrage, des formulaires uniquement binaires, l’obligation répétée d’expliquer sa famille ou la crainte d’être évalué sur sa capacité à devenir parent. L’entretien utilise le prénom, les pronoms et les mots choisis par la personne pour parler de son corps. Il précise qui fournit les gamètes, qui porte la grossesse et qui sera parent, sans déduire ces rôles du genre ou de l’orientation sexuelle.
Chez une personne trans ou non binaire, un prélèvement de gamètes, une échographie endovaginale, un spermogramme ou la réapparition de cycles peuvent provoquer ou majorer une dysphorie. L’interruption éventuelle d’un traitement hormonal d’affirmation de genre se décide avec la personne et les équipes compétentes. Sa durée, ses bénéfices attendus et ses effets physiques ou psychiques doivent être expliqués. Les recommandations professionnelles demandent une prise en charge sans discrimination liée à l’identité de genre.10
Le recours à un donneur ou à une donneuse peut être prévu dès le début du projet. L’accompagnement porte alors sur la place génétique, gestationnelle, affective et juridique de chacun, ainsi que sur l’information future de l’enfant. Les repères de santé sexuelle pour les personnes trans et non binaires aident à préparer les examens et à réduire la dysphorie liée aux soins.
Chaque résultat négatif peut réactiver la perte du projet attendu. L’arrêt d’un parcours peut être décidé pour des raisons médicales, après épuisement des tentatives prises en charge, en raison de la charge physique ou psychique, d’un désaccord ou d’un choix personnel. Un entretien spécifique permet de reprendre les résultats, les possibilités restantes, l’adoption, un projet sans enfant et les besoins de soutien. Le deuil d’une grossesse ou d’une parentalité espérée n’obéit pas à un calendrier imposé.
La grossesse obtenue après AMP n’efface pas nécessairement l’anxiété, la crainte de la fausse couche ou les difficultés sexuelles apparues pendant le parcours. La reprise de la sexualité pendant la grossesse se discute selon les symptômes, les contre-indications obstétricales et le vécu de chacun. L’ESHRE recommande d’ouvrir l’accès au soutien psychosocial avant, pendant et après le traitement, y compris après une grossesse.11
Les rapports programmés concentrent plusieurs attentes sur un même moment : être disponible, avoir envie, obtenir une érection ou une lubrification, permettre la pénétration, éjaculer dans le vagin et croire encore au résultat. Le calendrier peut être transmis par une application, un test d’ovulation ou une consigne médicale. Le rapport devient alors une tâche assortie d’un enjeu reproductif. Le désir sexuel dépend du contexte et peut apparaître au cours des échanges érotiques. Il répond mal à une obligation horaire.
Une tentative impossible ou interrompue peut provoquer honte, colère et culpabilité. La personne qui devait éjaculer peut se sentir responsable d’un cycle « perdu ». Celle qui attendait le rapport peut vivre le refus comme un désengagement du projet ou un rejet sexuel. Ces interprétations doivent être verbalisées rapidement. Le consentement reste nécessaire à chaque rapport, y compris pendant la fenêtre fertile. Le projet parental ne crée aucune obligation sexuelle.
La consultation peut proposer une organisation concrète : définir ensemble le nombre de tentatives acceptables pendant la fenêtre fertile, prévoir une possibilité de renoncer sans reproche, distinguer les rapports destinés à concevoir des moments intimes sans pénétration ni objectif reproductif et informer l’équipe lorsqu’une difficulté sexuelle empêche régulièrement les essais. Une insémination ou une FIV peut parfois soulager la pression liée aux rapports fécondants, tout en introduisant d’autres contraintes autour des examens, du recueil de sperme et des résultats.
Les techniques d’AMP mobilisent des actes habituellement liés à l’intimité : masturbation pour le recueil, pénétration instrumentale lors des échographies ou de la ponction, production de gamètes séparée du rapport sexuel, fécondation au laboratoire et transfert dans l’utérus. L’insémination avec sperme de donneur, anciennement appelée IAD, a parfois été décrite dans la littérature sexologique comme une « symbolique d’adultère ». Cette formule appartient à l’histoire des représentations de l’AMP avec don. Elle peut encore aider à comprendre une crainte ou une image exprimée spontanément par une personne, sans être appliquée à toutes les familles.
Willy Pasini a proposé en 1985 l’expression « narcose de l’érotisme » pour décrire l’effacement progressif du plaisir sous l’effet de la répétition des prescriptions, des examens et des rapports programmés. L’expression conserve une valeur clinique si elle sert à interroger le vécu réel, sans conclure que tout parcours d’AMP détériore la sexualité.12

| Étape | Déroulement | Points sexologiques |
|---|---|---|
| Préparation | Information, bilan, choix de la technique et consentements. | Rechercher douleur, trouble de la pénétration, désir, excitation, érection, éjaculation, antécédent traumatique et contraintes du recueil. |
| Stimulation ovarienne | Injections hormonales et surveillance échographique et biologique pendant plusieurs jours. | Les injections, la fatigue, les ballonnements, les douleurs et les ovaires augmentés de volume peuvent réduire le confort. Les pratiques sont adaptées aux symptômes et aux consignes individualisées du centre. |
| Déclenchement et ponction | Déclenchement programmé de la maturation ovocytaire finale puis ponction transvaginale des ovocytes sous analgésie ou anesthésie. | Expliquer chaque geste, rechercher le consentement, anticiper la douleur et respecter la possibilité d’interrompre l’examen. Une abstinence temporaire peut être indiquée en cas de douleur, de saignement ou de risque d’hyperstimulation. |
| Recueil de sperme | Recueil par masturbation, le plus souvent le jour de la ponction. | Prévoir intimité, temps suffisant et absence de pression. Signaler avant le jour prévu toute difficulté d’érection, d’éjaculation ou de masturbation afin d’organiser une autre modalité ou une conservation préalable. |
| Fécondation et culture | FIV conventionnelle ou ICSI, puis culture des embryons pendant plusieurs jours. | L’attente peut majorer l’anxiété, les vérifications répétées et le sentiment de dépossession. L’information doit préciser les étapes et les possibilités d’arrêt du développement embryonnaire. |
| Transfert ou congélation | Transfert d’un embryon frais ou congélation des embryons en vue d’un transfert ultérieur. | Aucune règle générale n’impose l’abstinence sexuelle après tout transfert. Le centre adapte ses conseils à la douleur, au saignement, au risque d’hyperstimulation et au contexte obstétrical. |
| Attente du résultat | Dosage de la gonadotrophine chorionique humaine (hCG), puis échographie si le test est positif. | La peur de compromettre l’implantation peut conduire à éviter toute intimité. Les gestes tendres et les pratiques sans douleur peuvent être maintenus si les personnes le souhaitent et si aucune contre-indication médicale n’a été donnée. |
Les effets dépendent du protocole et des médicaments utilisés. Les gonadotrophines stimulent le développement de plusieurs follicules. Les injections, les céphalées, la tension abdominale et l’augmentation du volume ovarien peuvent rendre les mouvements ou la pénétration inconfortables. Des ovaires très augmentés de volume et le risque de torsion ou de rupture conduisent parfois l’équipe à limiter temporairement certains rapports. La consigne doit préciser la pratique concernée, la raison médicale et la durée prévue. Une douleur abdominale intense, une distension qui augmente rapidement, des vomissements, un essoufflement ou une diminution des urines imposent de contacter rapidement le centre afin de rechercher un syndrome d’hyperstimulation ovarienne.13
Certains protocoles utilisent un agoniste de l’hormone de libération des gonadotrophines, ou agoniste de la GnRH, afin de bloquer transitoirement le cycle spontané. La baisse des œstrogènes peut entraîner bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, douleur pendant les rapports, fatigue, variations de l’humeur et diminution de la libido. Tous les protocoles de FIV ne provoquent pas ce tableau.14
Le soutien par progestérone après la ponction ou le transfert peut s’accompagner de fatigue, tension mammaire et ballonnements. La voie vaginale peut provoquer des pertes, une irritation ou un inconfort local.15
La baisse de libido pendant une FIV résulte souvent de plusieurs facteurs simultanés : variations hormonales, douleur, fatigue, injections, examens répétés, peur d’une complication, charge mentale et crainte de compromettre l’implantation. Certaines personnes conservent ou retrouvent au contraire du désir. La consultation part de l’expérience rapportée et vérifie les symptômes gênants, leur chronologie, le médicament concerné et le retentissement sur la relation.
Un essai randomisé monocentrique publié en 2023 chez des patientes de 35 ans ou moins, sélectionnées pour un transfert d’embryon congelé, n’a pas observé d’effet défavorable d’un rapport protégé avant le transfert. Cette donnée ne s’applique pas aux transferts frais ni aux situations de douleur, de saignement, de risque d’hyperstimulation ou de grossesse spontanée concomitante.16
L’alitement systématique après le transfert n’améliore pas les chances de grossesse. Les activités quotidiennes reprennent habituellement selon les consignes du centre.17
Une dysfonction érectile empêchant la pénétration, une anéjaculation, une éjaculation rétrograde ou avant la pénétration, une douleur génitale, une contraction involontaire du plancher pelvien ou une peur intense de la pénétration peuvent empêcher le dépôt de sperme dans le vagin. Une baisse de désir ou une faible fréquence de rapports peut réduire les occasions de conception sans constituer à elle seule une maladie. L’éjaculation prématurée n’empêche pas la fécondation lorsque l’éjaculation a lieu dans le vagin, mais elle peut limiter les rapports ou altérer la satisfaction.
Le terme historique de mariage non consommé décrit une absence persistante de pénétration vaginale au sein d’un couple qui la souhaite. Il peut recouvrir un trouble génito-pelvien avec douleur ou peur de la pénétration, une dysfonction érectile, une difficulté d’éjaculation, un évitement, un manque d’information ou une absence de désir partagé. L’examen n’est jamais imposé. La thérapie sexuelle, la prise en charge de la douleur et le parcours de fertilité peuvent être menés en parallèle selon les priorités exprimées.
L’infertilité est associée à une diminution de la satisfaction sexuelle et à une augmentation des difficultés de désir, d’excitation, d’érection, d’orgasme et de douleur. Les estimations varient fortement selon les pays, les outils et les populations étudiées ; un pourcentage unique serait trompeur. La durée du parcours, les rapports programmés, l’endométriose, l’infertilité masculine, l’anxiété, la dépression, l’image corporelle et la qualité de la relation modulent le risque. Les difficultés d’un partenaire peuvent aussi retentir sur la sexualité de l’autre.18
La baisse du désir peut concerner la personne traitée, le ou les partenaires, ou alterner au fil du parcours. Les rapports centrés sur la fenêtre fertile réduisent parfois l’initiative spontanée et les pratiques sans pénétration. L’attention portée à l’ovulation, à l’érection ou à l’éjaculation favorise une position d’observateur : chacun surveille son corps et celui de l’autre au lieu de suivre ses sensations. Une difficulté ponctuelle acquiert alors une valeur disproportionnée parce qu’elle semble menacer la possibilité de grossesse.
Les annonces médicales peuvent aussi modifier l’image sexuelle. Une altération du spermogramme est parfois vécue comme une atteinte de la virilité ; une réserve ovarienne diminuée comme un vieillissement brutal ; une endométriose ou une chirurgie comme une perte de confiance dans le corps. Ces associations sont des représentations personnelles et sociales. Elles doivent être entendues sans relier la valeur, le genre ou le pouvoir de séduction d’une personne à sa fertilité.
La relation peut être traversée par des rythmes différents : l’un souhaite parler du traitement en permanence, l’autre a besoin de périodes sans AMP ; l’un recherche un rapprochement sexuel, l’autre protège un corps douloureux ou médicalisé. La culpabilité apparaît également lorsque les contraintes professionnelles, les dépenses, les injections ou les rendez-vous reposent surtout sur une personne. L’entretien aide à nommer cette répartition et à décider ce qui peut être partagé, délégué ou suspendu.
La consultation distingue les rapports destinés à concevoir et les moments sexuels sans objectif reproductif. Cette distinction restaure une marge de choix : décider qu’un rapport programmé sera strictement fonctionnel, conserver d’autres formes d’intimité, suspendre temporairement la pénétration ou retrouver des pratiques appréciées avant le parcours. Le rythme, les pratiques et la place de la sexualité sont définis par les personnes concernées.
Quelques questions directes suffisent pour ouvrir la discussion : « Comment les essais ou les traitements ont-ils modifié votre sexualité ? », « Les rapports programmés restent-ils possibles ? », « Vous arrive-t-il de vous sentir obligé ou coupable ? », « Existe-t-il une douleur, une difficulté de pénétration, d’érection, d’éjaculation ou d’orgasme ? », « Les traitements ont-ils modifié votre désir, votre humeur ou votre confort génital ? », « Le recueil de sperme vous inquiète-t-il ? », « Souhaitez-vous en parler seul, avec un partenaire, un co-parent ou pas aujourd’hui ? ».
L’International Index of Erectile Function (IIEF) peut aider à explorer la fonction érectile. Le Female Sexual Function Index (FSFI) explore plusieurs dimensions de la sexualité chez les femmes. Il peut compléter l’entretien lorsque ses questions correspondent à l’anatomie, aux pratiques et aux mots de la personne. Ces questionnaires sont des outils de repérage à interpréter avec l’histoire clinique.
La première intervention consiste souvent à autoriser une sexualité variable. Une baisse du désir pendant une stimulation, une pause après une ponction ou l’absence temporaire de pénétration peuvent être compatibles avec une relation satisfaisante. Le sexologue vérifie les interdictions données par le centre, leur indication et leur durée. Il corrige les restrictions que les personnes se sont imposées par peur de déplacer un embryon ou de provoquer un échec.
Lorsque les rapports fécondants restent indiqués, les personnes définissent à l’avance la conduite à tenir en cas d’absence d’envie, de douleur, de difficulté d’érection ou d’éjaculation. Elles peuvent limiter le nombre de tentatives, changer de moment, utiliser une aide adaptée ou prévenir l’équipe afin de discuter une autre stratégie reproductive. Un rapport interrompu ne donne lieu ni à une négociation insistante ni à un reproche.
En dehors des rapports destinés à concevoir, chacun peut préciser ce qui reste agréable : proximité physique, caresses, massage, masturbation partagée ou solitaire, sexualité orale, accessoires, pénétration ou absence de sexualité pendant un temps. Ces possibilités sont des propositions et jamais un programme à exécuter. L’objectif clinique est de rendre du choix, de réduire la douleur et de préserver une communication où chaque personne peut exprimer son envie, sa limite et son consentement.
Une dysfonction érectile est évaluée sur les plans cardiovasculaire, métabolique, hormonal, médicamenteux, psychique et relationnel. Un inhibiteur de la phosphodiestérase de type 5, comme le sildénafil ou le tadalafil, peut faciliter les rapports ou le recueil lorsqu’il est indiqué et qu’aucune contre-indication n’est présente. La testostérone exogène inhibe la sécrétion des gonadotrophines et peut interrompre la production de spermatozoïdes. Elle est contre-indiquée chez une personne qui souhaite préserver sa fertilité.19
Les difficultés d’éjaculation nécessitent de préciser l’orgasme, l’émission de sperme, les médicaments, le diabète, les antécédents neurologiques ou chirurgicaux et le caractère situationnel. Selon la cause, la prise en charge peut associer adaptation médicamenteuse, traitement sexologique, vibrostimulation, électro-éjaculation ou prélèvement chirurgical de spermatozoïdes dans un centre spécialisé. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine ne constituent pas un traitement général des difficultés sexuelles liées à l’infertilité ; ils peuvent au contraire retarder l’orgasme et l’éjaculation ou diminuer le désir.
La douleur et les difficultés de pénétration sont explorées avant de proposer des exercices. La prise en charge peut associer traitement d’une cause gynécologique ou dermatologique, kinésithérapie du plancher pelvien, information anatomique, travail progressif d’exposition, thérapie sexuelle ou accompagnement psychologique. La pénétration n’est ni un test de motivation ni une condition préalable à l’AMP.
L’équipe explique les procédures avant leur réalisation, annonce les résultats avec un temps de questions et identifie les moments à risque : première ponction, absence d’embryon, fausse couche, échecs répétés, recours au don, désaccord entre les personnes concernées et arrêt des traitements. Le soutien courant relève de toute l’équipe. Une souffrance persistante, un épisode dépressif, une anxiété envahissante, une crise relationnelle, un traumatisme réactivé ou un trouble sexuel nécessitent une orientation vers le professionnel compétent.
L’accompagnement psychologique et sexologique vise la qualité de vie, la liberté de décision et la santé sexuelle. Il ne doit pas être présenté comme une méthode destinée à « faire marcher » la FIV. Chaque personne concernée peut accepter, différer ou refuser cet accompagnement sans que ce choix soit interprété comme un manque de motivation parentale.
Lorsque des gamètes ou un embryon issus d’un don sont utilisés, les entretiens abordent la place du donneur dans les représentations familiales, l’information de l’enfant et le droit d’accès aux données non identifiantes et à l’identité du donneur à la majorité. L’enfant n’a pas à réparer les sacrifices du parcours. Le suivi aide les futurs parents à construire un récit vrai, progressif et adapté à son âge.
L’infertilité associe une question reproductive, un parcours médical, une expérience corporelle et une vie intime. La consultation évalue les causes biologiques, les effets des traitements, la sexualité et les relations dans le même temps, sans chercher un responsable ni attribuer un échec à la psychologie. L’information sur les chances de succès, les gestes de FIV, les effets hormonaux, les alternatives et les limites du traitement permet des décisions partagées. La santé sexuelle reste un objectif pendant tout le parcours, pour une personne seule comme au sein d’un couple ou d’une autre organisation parentale, que le projet aboutisse à une grossesse, change de forme ou s’arrête.