[Cours de sexologie] Lymphogranulomatose vénérienne et sexualité | Sexoblogue

Lymphogranulomatose vénérienne et sexualité

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IX – LYMPHOGRANULOMATOSE VÉNÉRIENNE

Note importante

Cet article est une retranscription d’un cours magistral tenu à l’oral, dispensé dans le cadre du Diplôme Inter Universitaire de Sexologie, qui dure 3 ans.
Chaque enseignant, dans sa discipline, a son propre référentiel théorique.
La retranscription de ces cours est un support de révision et apporte un complément d’informations à ceux qui s’intéressent au sujet.
C’est l’ensemble des visions transdisciplaires qui permet la richesse de ce DIU.
Malgré les efforts que nous avons fournis pour produire une transcription au plus près du cours d’origine, vous pouvez rencontrer des erreurs ou des évolutions dans les découvertes scientifiques.
N’hésitez donc pas à nous en faire part dans les commentaires, sous le cours :)

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Epidémiologie

Aussi appelée Maladie de Nicolas-Favre ou Anorectite à Chlamydia trachomatis, la lymphogranulomatose vénérienne est une IST liée à un sérotype particulier de Chlamydia trachomatis (L2b)1. Elle sévit à l’état endémique en :  Afrique, Maghreb, Caraïbes, Amérique du Sud, Asie du Sud-Est.

evolution_lymphogranulomatose_venerienne_LGV
Evolution lymphogranulomatose vénérienne (LGV)
Evolution lymphogranulomatose vénérienne (LGV)

C’est une maladie du siècle dernier mais depuis les années 2000, on observe une ré-émergence de LGV (épidémie en France 2003-2004), principalement chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et souvent associé à une infection par le VIH (95% des cas) liée à un relâchement des comportements sexuels à risques.

  • Incubation 3 à 30 jours.
  • Éventuellement en petites épidémies (classiquement une prostitué atteinte va contaminer plusieurs clients et on va les voir arriver aux urgences à un faible intervalle de temps)
  • Âge moyen : 37 ans
Chlamydia responsable de la lymphogranulomatose venerienne
Chlamydia responsable de la lymphogranulomatose venerienne

Clinique

  • Avant le tableau clinique était plutôt celui d’une adénite inguinale avec parfois un le chancre d’inoculation éphémère qui peut passer inaperçu (érosion, papule ou pustule) et qui peut se fistuliser en “pomme d’arrosoir”.
  • Le tableau clinique moderne (depuis 2000-2002) est celui d’une anorectite symptomatique avec ulcérations anales et atteinte ganglionnaire.
Lymphogranulomatose vénérienne chez la femme
Lymphogranulomatose vénérienne chez la femme
Lymphogranulomatose vénérienne chez l'homme
Lymphogranulomatose vénérienne chez l’homme

Classification

LGV primaire ou stade I

De 3 à 30 jours après avoir été infecté, apparaît une petite blessure insensible (ulcération, vésicules) où les bactéries sont entrées (bouche, urètre, gland). Parfois cela passe inaperçu, sauf pour l’urètre. Le LGV provoque alors une sensation de brûlure en urinant. L’infection se résout spontanément et peut passer inaperçue.

LGV secondaire ou stade II

De 2 à 6 semaines, le patient peut avoir une infection des ganglions (souvent à l’aine) provoquant douleur et fièvre. Des abcès et des écoulements de pus des fistules sont possibles pour moins d’un patient sur trois. Des maux de tête sont aussi possibles.

Le LGV cause des inflammations, ces inflammations s’accompagnent à l’occasion d’une période de malaise général (fièvre, frissons, fatigue, perte d’appétit, douleurs dans les muscles et les articulations).

LGV tertiaire ou stade III

Le LGV non traité est une infection grave pouvant causer des sérieux problèmes de santé. Au niveau anal, des excroissances ressemblant à des hémorroïdes peuvent apparaître, ainsi qu’une infection des organes génitaux, une intervention chirurgicale peut être nécessaire en urgence pour évacuer les abcès. Le troisième stade, chez les femmes, est la cicatrisation et des dommages permanents à la région génitale.

Diagnostic

  • Sérologie : recherche d’anticorps anti-Chlamydia par immunofluorescence. L’interprétation est délicate. En effet, la synthèse d’anticorps est aléatoire et les trois espèces de Chlamydia présente des antigènes communs. De plus, les immunoglobulines G produites persistent même en cas de traitement efficace.
  •  PCR sur prélèvement, mise en culture et sérodiagnostic.

Traitement

  • Doxycycline : 100 mg deux fois par jour pendant 21 jours.
  • Chez la femme enceinte : la seule alternative thérapeutique repose sur l’érythromycine 500 mg 2 cp x 2 par jour pendant 21 jours.
  • En cas d’allergie ou de contre-indication aux cyclines : érythromycine 500 mg 2 cp x 2 par jour pendant 21 jours.
  • Dans 10 à 15 % des cas, échec thérapeutique : possibilité de souches résistantes.

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Références

  1. Ndeikoundam N, Viriot D, Fournet N, De Barbeyrac B, Goubard A, Dupin N, et al. Les infections sexuellement transmissibles bactériennes. en France : situation en 2015 et évolutions récentes. Bull Epidémiol Hebd. 2016;(41-42):738-44. http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2016/41-42/2016_41-42_1.html[]

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