Variations du développement génital (DSD) et sexualité

Cours du , modifié et mis à jour par Dr Arnaud ZELER

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Note importante

Cet article reprend une retranscription initiale d’un cours magistral tenu à l’oral dans le cadre du Diplôme Inter Universitaire de Sexologie.

Il a été relu, corrigé et actualisé le 7 juillet 2026 par Dr Arnaud ZELER avec des recommandations récentes et des sources scientifiques citées dans le texte.

Le contenu intègre les données médicales et terminologiques actuelles.

Si vous repérez une erreur, une donnée devenue obsolète ou un point qui mérite d’être précisé, vous pouvez nous le signaler dans les commentaires sous le cours.

Les variations du développement génital regroupent des situations congénitales dans lesquelles le développement chromosomique, gonadique, hormonal ou anatomique du sexe suit une trajectoire atypique. Elles peuvent être repérées en période prénatale, à la naissance, pendant l’enfance, à l’adolescence ou à l’âge adulte. Leur retentissement sexologique dépend moins d’un diagnostic isolé que du parcours de soins, des informations reçues, de la qualité du suivi, des traitements réalisés ou différés, de l’image corporelle, de la fonction urinaire et génitale, de la fertilité, de la douleur, du vécu relationnel et du sentiment d’autonomie corporelle.

Le terme international DSD vient de l’expression anglaise differences/disorders of sex development. Il reste utilisé dans la littérature médicale et dans certaines recommandations, mais son interprétation varie selon les pays, les équipes et les personnes concernées. En France, le cadre réglementaire récent utilise l’expression « variations du développement génital », qui met l’accent sur la situation clinique et sur le parcours de soins plutôt que sur une anomalie à normaliser.1

Définitions et vocabulaire

Une variation du développement génital peut concerner les chromosomes sexuels, la différenciation gonadique, la synthèse des hormones stéroïdiennes, l’action des androgènes, les organes génitaux internes, les organes génitaux externes ou plusieurs de ces niveaux à la fois. Les situations cliniques vont d’une variation isolée, comme certains hypospades, à des tableaux complexes associant une variation génitale, une pathologie endocrinienne, une dysgénésie gonadique, un risque tumoral, une fertilité altérée ou des besoins chirurgicaux fonctionnels.

Les anciens termes « pseudohermaphrodisme », « hermaphrodisme vrai » ou « ambiguïté sexuelle » appartiennent à l’histoire de la nomenclature. Ils doivent être reconnus par les soignants lorsqu’ils apparaissent dans un ancien dossier, un compte rendu ou un support de cours, car ils ont été employés pendant longtemps. Dans la rédaction actuelle, ils sont remplacés par des formulations descriptives : variation 46,XX, variation 46,XY, variation ovotesticulaire, dysgénésie gonadique, insensibilité aux androgènes, hyperplasie congénitale des surrénales, hypospade ou autre diagnostic précis.

La terminologie engage directement la relation de soin. Une personne peut se reconnaître dans les mots « intersexe » ou « intersexuation », tandis qu’une autre préférera le nom de son diagnostic médical. Le vocabulaire retenu en consultation doit tenir compte du diagnostic, du niveau de compréhension, de l’âge, de l’histoire familiale, du vécu des soins et des mots employés par la personne elle-même.

Différenciation sexuelle fœtale

La différenciation sexuelle fœtale articule plusieurs niveaux. Le sexe chromosomique est constitué au moment de la fécondation. La gonade embryonnaire, d’abord bipotentielle, évolue vers une différenciation testiculaire ou ovarienne sous l’effet de facteurs génétiques. Les testicules fœtaux produisent l’hormone antimüllérienne, qui entraîne la régression des canaux de Müller, et la testostérone, qui permet le développement des canaux de Wolff. La conversion de la testostérone en dihydrotestostérone par la 5-alpha-réductase participe à la différenciation des organes génitaux externes dans le sens masculin.

En l’absence de sécrétion testiculaire fonctionnelle ou d’action androgénique suffisante, les canaux de Müller se développent vers l’utérus, les trompes et la partie supérieure du vagin, tandis que les canaux de Wolff régressent. Les organes génitaux externes ont un aspect indifférencié au début de la grossesse. Leur différenciation dépend ensuite de la production hormonale, de la transformation de ces hormones, de leurs récepteurs et de la sensibilité des tissus cibles.

Cette succession explique la diversité des situations. Une variation peut venir d’un développement gonadique atypique, d’une synthèse hormonale insuffisante, d’une action hormonale partielle, d’une exposition androgénique excessive, d’une variation chromosomique, d’une malformation associée ou d’un mécanisme encore non identifié. La classification médicale conserve donc une utilité, à condition de ne pas réduire la personne à une étiquette diagnostique.

Circonstances de découverte

En période prénatale, une variation peut être suspectée devant une discordance entre un résultat chromosomique et l’aspect échographique des organes génitaux, ou devant une anomalie anatomique associée. Le cadre français prévoit alors une orientation par le centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal, avec recours au centre expert lorsque la situation le justifie. L’information donnée à la personne enceinte et à l’autre parent doit conserver le caractère incertain du diagnostic et du pronostic tant que le bilan n’est pas complet.1

À la naissance, la présentation classique est celle d’organes génitaux externes dont l’aspect ne permet pas une assignation immédiate sans bilan spécialisé. Les bonnes pratiques françaises demandent une prise de contact rapide avec un centre expert DEV-GEN ou CMERCD pour guider le bilan, l’information de la famille, l’accompagnement psychologique et la discussion collégiale. En dehors d’une urgence vitale, l’annonce doit rester prudente, factuelle et rassurante.

À l’adolescence, le diagnostic peut être évoqué devant une puberté absente, retardée, incomplète ou atypique, une aménorrhée primaire, une virilisation, un développement mammaire inattendu, une taille inhabituelle, une infertilité, des douleurs, une découverte d’organes génitaux internes inattendus ou une discordance entre le développement pubertaire et l’histoire médicale connue. À l’âge adulte, certaines personnes consultent pour fertilité, sexualité, douleurs, dyspareunie, difficulté de pénétration, question de genre, antécédent chirurgical, dépistage tumoral gonadique ou besoin de réinterroger un dossier pédiatrique très ancien.

Grandes catégories cliniques

Variations 46,XX

Les variations 46,XX comportent souvent une exposition androgénique excessive pendant la vie fœtale. L’hyperplasie congénitale des surrénales par déficit en 21-hydroxylase en est la cause classique. Elle associe, dans les formes sévères, une production insuffisante de cortisol, parfois d’aldostérone, et une production excessive d’androgènes surrénaliens. Le risque vital immédiat est celui de l’insuffisance surrénale avec perte de sel, ce qui impose une prise en charge endocrinologique urgente lorsque la forme classique est suspectée.

Les recommandations de l’Endocrine Society maintiennent le dépistage néonatal de l’hyperplasie congénitale des surrénales, le recours à l’hydrocortisone chez l’enfant, l’éducation aux doses de stress, la carte ou identification médicale, la transition organisée vers les soins adultes, l’évaluation de la fertilité et l’accès à une expertise psychologique spécialisée. Elles considèrent aussi que les parents doivent recevoir une information sur les options chirurgicales, y compris l’observation et le report lorsque la situation le permet.2

Les variations ovotesticulaires, les situations 46,XX avec tissu testiculaire, certaines différences de développement gonadique et le syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser relèvent de problématiques différentes. Elles peuvent concerner l’assignation, la puberté, la fertilité, l’absence d’utérus ou de vagin fonctionnel, la sexualité avec ou sans pénétration, la douleur, l’image corporelle et la construction d’une information médicale compréhensible pour la personne concernée.

Variations 46,XY

Les variations 46,XY correspondent à des situations où la différenciation testiculaire, la synthèse des androgènes, la conversion en dihydrotestostérone ou l’action des androgènes ne permettent pas une masculinisation complète ou attendue des organes génitaux internes ou externes. Elles incluent les dysgénésies gonadiques, les déficits enzymatiques de la stéroïdogenèse, le déficit en 5-alpha-réductase, les insensibilités complètes ou partielles aux androgènes, certains hypospades complexes et les associations malformatives.

Dans l’insensibilité complète aux androgènes, la personne a un caryotype 46,XY, des testicules, une production de testostérone, une absence de réponse tissulaire aux androgènes et un phénotype externe typiquement féminin. La découverte se fait souvent devant une aménorrhée primaire, une discordance prénatale, une hernie inguinale contenant une gonade ou un bilan familial. Les discussions portent sur l’information, la puberté, le risque tumoral gonadique, le moment d’une éventuelle gonadectomie, le traitement hormonal substitutif, la sexualité, la longueur vaginale, la douleur éventuelle et le vécu identitaire.

Les hypospades isolés antérieurs ne relèvent pas du même dispositif que les variations marquées. En France, les hypospades postérieurs isolés et les hypospades associés à d’autres atteintes génitales justifient un bilan et un suivi en centre expert, avec inscription dans le registre et discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire. Les hypospades antérieurs isolés sont explicitement exclus du dispositif national des variations marquées du développement génital.1

Variations chromosomiques

Les variations chromosomiques incluent notamment les syndromes de Turner, de Klinefelter et les dysgénésies gonadiques mixtes. Leur présentation sexologique dépend du diagnostic, du développement pubertaire, du traitement hormonal, de la fertilité, de l’image corporelle, de la taille, de la gynécomastie éventuelle, de la fonction érectile, de la lubrification, de la douleur, de la fatigue, de l’estime de soi, de la qualité de l’information et de la façon dont la personne a été accompagnée dans son histoire médicale.

Prise en charge actuelle en France

Le cadre français a profondément évolué. L’article L.2131-6 du code de la santé publique et l’arrêté du 15 novembre 2022 imposent des règles de bonnes pratiques pour les enfants présentant des variations du développement génital. La prise en charge doit être collégiale, multidisciplinaire et orientée vers les centres experts DEV-GEN et CMERCD. L’objectif est de réduire les décisions unilatérales, insuffisamment éclairées ou irréversibles, et de garantir une information adaptée à l’enfant, à ses parents et au fil du développement.1

La note DGS/PP4/DGOS/2025/87 du 1er août 2025 renforce l’information des professionnels, des personnes concernées et des familles. Elle rappelle le rôle des centres experts, de la réunion de concertation pluridisciplinaire nationale, des documents d’information et du parcours coordonné. Elle actualise le dispositif d’information après l’entrée en vigueur des règles de bonnes pratiques.3

La première réponse clinique devant une variation génitale marquée consiste à sécuriser la situation médicale, puis à organiser le bilan spécialisé. L’équipe de proximité doit éviter les paroles précipitées, les diagnostics incertains présentés comme définitifs et les prédictions sur l’avenir sexuel ou identitaire. Le centre expert informe les parents et l’enfant selon son degré de maturité, propose un accompagnement psychologique, présente les ressources associatives spécialisées et organise la discussion collégiale.

La réunion de concertation pluridisciplinaire nationale examine le diagnostic, les risques médicaux, les possibilités d’abstention thérapeutique, les options hormonales, les options chirurgicales, le calendrier, les bénéfices attendus, les risques à court et long terme, les conséquences sexuelles possibles, la fertilité, la fonction urinaire et le vécu familial. La décision doit être documentée, tracée et réévaluée.

Assignation, identité et information

L’assignation du sexe à la naissance repose sur une décision sociale et administrative éclairée par les données médicales disponibles. Elle ne permet pas de prédire de façon certaine l’identité de genre future, la sexualité, l’orientation sexuelle, le rapport au corps ou la satisfaction vis-à-vis des soins reçus. Le sexe chromosomique, le sexe gonadique, les organes génitaux internes, les organes génitaux externes, la production hormonale, le potentiel de puberté, la fertilité et les possibilités chirurgicales apportent des informations médicales, sans résumer l’identité de la personne.

Le CCNE a souligné la portée éthique de ces décisions, notamment l’irréversibilité de certaines interventions réalisées très tôt, l’absence de consentement de l’enfant jeune, l’incertitude médicale, la souffrance possible des familles et le besoin d’un dialogue entre équipes, personnes concernées, parents et associations. Les actes médicaux ou chirurgicaux doivent répondre à une nécessité médicale et la personne concernée doit être associée aux choix thérapeutiques lorsque son degré de maturité le permet.4

L’information se construit dans le temps. Elle doit être claire, loyale, adaptée à l’âge, renouvelée, écrite lorsque cela aide la famille, et accessible à la personne concernée au fur et à mesure qu’elle grandit. Le secret imposé, les demi-vérités, les dossiers inaccessibles ou les explications limitées à la seule anatomie peuvent majorer la honte, la méfiance envers les soignants et les difficultés sexuelles ultérieures.

Chirurgie, traitements et temporalité

Les traitements hormonaux et chirurgicaux répondent à des indications différentes. Certaines situations relèvent d’une urgence vitale, comme l’insuffisance surrénale dans une hyperplasie congénitale des surrénales avec perte de sel. D’autres relèvent d’un objectif fonctionnel, comme la correction d’un obstacle urinaire, la prise en charge d’un risque infectieux ou la discussion d’un risque tumoral gonadique. Les interventions visant principalement l’apparence génitale, l’adaptation à une norme sociale ou la facilitation d’une sexualité pénétrative future demandent une prudence particulière.

Les recommandations EAU/ESPU de 2026 indiquent que les enfants doivent être adressés à des centres expérimentés garantissant néonatologie, endocrinologie, urologie pédiatrique, psychologie et transition vers les soins adultes. Elles recommandent une approche multidisciplinaire et un modèle de décision partagée pour l’assignation, la chirurgie génitale et la gonadectomie. Elles rappellent aussi le manque de données robustes à long terme et la variabilité des vécus des adultes opérés précocement.5

La chirurgie génitale précoce est aujourd’hui discutée avec des exigences plus fortes qu’en 2013. Les données disponibles montrent des résultats anatomiques parfois jugés satisfaisants, mais des résultats fonctionnels moins constants, avec sténose vaginale, diminution de sensibilité clitoridienne ou du gland, douleurs, interventions itératives et retentissement psychosexuel. La décision se prend au cas par cas, en tenant compte du diagnostic, de la fonction, du risque tumoral, de l’âge, de la possibilité d’attendre, de l’information disponible et du droit de la personne à participer aux décisions qui engagent son intégrité corporelle.

Dans l’hyperplasie congénitale des surrénales, les recommandations endocrinologiques demandent une information sur les options chirurgicales, l’observation et le report, avec une prise de décision partagée dans des centres disposant de chirurgiens pédiatriques expérimentés, d’endocrinologues, d’anesthésistes, de professionnels de santé mentale et de travailleurs sociaux. La possibilité de renoncer à une chirurgie doit être réellement présentée.2

Sexualité et devenir à l’âge adulte

La sexualité des personnes concernées ne peut pas être déduite du seul diagnostic. Elle dépend de la fonction génitale, de la douleur, de la lubrification, de l’érection, de l’éjaculation, de la sensibilité clitoridienne ou pénienne, de la possibilité ou non de rapports avec pénétration, de la fertilité, de la puberté, des traitements hormonaux, des cicatrices, de la répétition des examens, de l’histoire du secret, du regard familial, de la qualité du couple, de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre et des ressources psychiques.

Les études adultes restent limitées par la rareté des situations, l’hétérogénéité des diagnostics, les différences de techniques chirurgicales, les perdus de vue, les biais de participation et le manque de données anciennes bien documentées. L’étude européenne dsd-LIFE a toutefois montré l’intérêt d’évaluer directement l’activité sexuelle, la satisfaction sexuelle, la satisfaction de la fonction génitale et les difficultés sexuelles chez les adultes présentant une variation du développement sexuel.6

Les données historiques sur la chirurgie clitoridienne ont contribué à la remise en question des gestes précoces de normalisation. Dans une étude transversale publiée dans The Lancet, les personnes ayant eu une chirurgie clitoridienne rapportaient davantage de difficultés sensuelles et orgasmique que celles qui n’en avaient pas eu, avec de fortes limites méthodologiques liées aux petits effectifs et aux facteurs confondants non mesurés.7

En consultation de sexologie, la demande peut porter sur une difficulté de désir, une absence d’excitation, une douleur, une difficulté d’orgasme, une peur de l’intimité, un évitement des examens, une difficulté à parler du diagnostic au partenaire, une honte corporelle, une interrogation sur la pénétration, une insatisfaction après chirurgie, une angoisse de fertilité, une question de genre, ou le besoin de relire l’histoire médicale. Le travail sexologique commence par la demande de la personne, le vocabulaire qu’elle choisit et ce qu’elle sait déjà de son parcours.

Points de vigilance en consultation sexologique

L’entretien doit éviter les questions intrusives guidées par la curiosité anatomique. Les éléments utiles sont l’âge de découverte, le diagnostic connu ou supposé, les traitements hormonaux, les interventions passées, les complications, la fonction urinaire, les douleurs, la sensibilité, la lubrification, l’érection, l’éjaculation, la possibilité d’orgasme, les examens vécus comme traumatiques, l’accès au dossier, l’information reçue, le vécu familial, le rapport au corps et la situation relationnelle actuelle.

Un examen génital ou pelvien n’est proposé que s’il répond à une question clinique claire et si la personne en comprend l’objectif. Les antécédents de soins répétés, de nudité contrainte, de photographies médicales, de dilatations, d’examens à plusieurs soignants ou d’interventions précoces peuvent rendre l’examen difficile. Le consentement doit être recherché pour chaque étape, avec possibilité d’interrompre l’examen à tout moment.

Le sexologue n’a pas à refaire seul le bilan d’une variation du développement génital. Il peut coordonner, aider à formuler la demande, adresser vers le centre expert, travailler la douleur et l’évitement, accompagner la communication avec le partenaire, restaurer une information compréhensible, repérer les symptômes anxieux ou dépressifs, soutenir la reprise d’un pouvoir d’agir dans la sexualité et éviter les prescriptions corporelles inadaptées lorsque la personne a déjà vécu des soins intrusifs.

SituationQuestions à explorerOrientation sexologique
Diagnostic découvert à la naissanceInformation reçue, chirurgie, examens répétés, secret familial, accès au dossier.Reconstruction du récit, travail sur le corps, coordination avec centre expert si besoin.
Diagnostic découvert à l’adolescencePuberté, aménorrhée, fertilité, traitement hormonal, identité, annonce au partenaire.Accompagnement de l’annonce, désir, douleur, image corporelle et autonomisation.
Antécédent de chirurgie génitaleDouleur, sensibilité, cicatrice, fonction urinaire, satisfaction, interventions itératives.Évaluation fonctionnelle, réadressage spécialisé, prise en charge douleur et sexualité.
Difficulté de pénétrationAnatomie, douleur, vaginoplastie ou dilatations antérieures, peur, contrainte relationnelle.Ne jamais prescrire d’exercice pénétratif sans indication claire ; privilégier consentement, douleur et rythme.
Question de genre ou d’identitéDiagnostic, histoire d’assignation, vécu corporel, traitements, soutien familial.Accueil non jugeant, distinction identité/orientation/fonction sexuelle, orientation spécialisée si souhaitée.
Projet de couple ou de parentalitéFertilité, transmission génétique, traitements hormonaux, sexualité, information du partenaire.Coordination avec endocrinologie, génétique, gynécologie, urologie et médecine de la reproduction.

Place du sexologue

Le sexologue intervient souvent à distance du diagnostic initial. Il rencontre une personne qui a déjà traversé une histoire médicale, familiale et intime. La priorité est d’identifier la demande actuelle : comprendre, retrouver du désir, avoir moins mal, reprendre confiance, parler au partenaire, explorer une sexualité non centrée sur la pénétration, choisir une intervention, refuser une intervention, accéder au dossier, ou sortir d’un sentiment d’anomalie.

Le travail thérapeutique peut associer psychoéducation, accompagnement du corps, prise en charge de la douleur, réappropriation sensorielle, travail sur la honte, soutien du couple, information sur les alternatives sexuelles, orientation vers pelvi-périnéologie, endocrinologie, urologie, gynécologie, génétique, psychothérapie spécialisée ou centre expert. L’objectif sexologique est de permettre une sexualité choisie, confortable, informée et compatible avec le corps réel de la personne.

Les variations du développement génital obligent à articuler science, droit, éthique et clinique. Les données biologiques restent indispensables pour comprendre le diagnostic, mais la qualité de la prise en charge se mesure aussi au respect de l’information, à la prudence dans les décisions irréversibles, à la place laissée à la personne concernée et à l’attention portée au devenir sexuel adulte.

Références

  1. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046566375[][][][]
  2. https://academic.oup.com/jcem/article/103/11/4043/5107759[][]
  3. https://bulletins-officiels.social.gouv.fr/note-dinformation-ndeg-dgspp4dgos202587-du-1er-aout-2025-relative-linformation-des-professionnels-de-sante-des-personnes-presentant-des-variations-du-developpement-genital-et-de-leur-famille[]
  4. https://www.ccne-ethique.fr/fr/presse/avis-132-questions-ethiques-soulevees-par-la-situation-des-personnes-ayant-des-variations-du[]
  5. https://d56bochluxqnz.cloudfront.net/documents/full-guideline/EAU-Guidelines-on-Paediatric-Urology-2026.pdf[]
  6. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31034334/[]
  7. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12699952/[]