Points clefs
- Le testicule assure la spermatogenèse et la production hormonale. La testostérone intratesticulaire, la LH, la FSH et les cellules de Sertoli participent ensemble à la production des spermatozoïdes.
- L’érection est un phénomène neurovasculaire. Le monoxyde d’azote induit la relaxation des fibres musculaires lisses des corps caverneux et le mécanisme veino-occlusif permet la rigidité.
- L’émission et l’expulsion du sperme sont distinctes. L’orgasme est une expérience subjective, habituellement associée à l’éjaculation sans s’y confondre.
- Une difficulté érectile, une baisse du désir, une anomalie de l’éjaculation ou une infertilité peuvent révéler une maladie vasculaire, neurologique, endocrinienne, iatrogène ou urologique.
- Chez les personnes trans, non binaires ou intersexes, l’évaluation prend en compte l’anatomie présente, les traitements éventuels et les objectifs de santé sexuelle et reproductive.
Repères anatomiques
Le terme « appareil génital masculin » désigne ici un ensemble d’organes et de fonctions : testicules, épididymes, canaux déférents, vésicules séminales, prostate, glandes bulbo-urétrales, urètre et pénis. Ces organes participent à la production des spermatozoïdes, à la sécrétion des androgènes, à l’érection et à l’éjaculation. Ils sont présents chez la plupart des hommes cisgenres, ainsi que chez certaines femmes trans, personnes non binaires ou personnes intersexes. L’identité de genre, le sexe assigné à la naissance, l’anatomie présente, les traitements hormonaux et les éventuelles interventions chirurgicales constituent des données distinctes. En consultation, l’interrogatoire et l’examen se fondent sur les organes concernés et sur les objectifs de la personne. 1
Le pénis comprend deux corps caverneux dorsaux et un corps spongieux ventral qui entoure l’urètre pénien et se termine par le gland. Les corps caverneux constituent l’essentiel du tissu érectile. Le scrotum contient les testicules et les épididymes. Sa température, légèrement inférieure à la température corporelle, participe au déroulement normal de la spermatogenèse.
Voies séminales et glandes annexes
Les spermatozoïdes quittent le testicule par les tubes droits et le rete testis, puis traversent les canaux efférents et l’épididyme. Ils gagnent ensuite le canal déférent, dont l’ampoule rejoint le canal de la vésicule séminale pour former le canal éjaculateur. Les canaux éjaculateurs traversent la prostate et s’abouchent dans l’urètre prostatique. La prostate et les vésicules séminales assurent l’essentiel de la production du plasma séminal ; les glandes bulbo-urétrales y contribuent aussi.
L’épididyme assure la maturation, le transport et le stockage des spermatozoïdes. Les vésicules séminales sécrètent un liquide riche en fructose et en protéines. La prostate produit un liquide contenant notamment du citrate, du zinc et des enzymes dont l’antigène spécifique de la prostate, ou PSA. Les glandes bulbo-urétrales, souvent appelées glandes de Cowper, produisent une sécrétion muqueuse libérée pendant l’excitation sexuelle. Après une éjaculation récente, le liquide pré-éjaculatoire peut contenir des spermatozoïdes résiduels. Le retrait avant éjaculation ne constitue pas une méthode contraceptive fiable.
Fonction testiculaire
Le testicule a une fonction exocrine, la production des spermatozoïdes, et une fonction endocrine, principalement la production de testostérone. Dans les tubes séminifères, les cellules de Sertoli organisent la spermatogenèse, constituent la barrière hémato-testiculaire et sécrètent notamment l’inhibine B. Entre les tubes séminifères, les cellules de Leydig synthétisent la testostérone.
Axe hypothalamo-hypophyso-testiculaire
L’hypothalamus libère la gonadolibérine, ou GnRH, de manière pulsatile. L’antéhypophyse répond par la sécrétion de LH et de FSH. La LH stimule la stéroïdogenèse des cellules de Leydig. La FSH agit surtout sur les cellules de Sertoli. La testostérone et l’estradiol produit par aromatisation de la testostérone freinent la sécrétion de GnRH et de LH ; l’inhibine B participe au rétrocontrôle de la FSH. La concentration de testostérone à l’intérieur du testicule est beaucoup plus élevée que sa concentration sanguine et elle est nécessaire au déroulement de la spermatogenèse. 2
La testostérone circule principalement liée à la SHBG et à l’albumine. L’évaluation d’un hypogonadisme repose sur des symptômes compatibles, deux dosages matinaux de testostérone totale réalisés dans de bonnes conditions, puis, selon la situation, sur le dosage de LH, de FSH, de prolactine et l’estimation de la testostérone libre. Un traitement par testostérone exogène peut supprimer la sécrétion des gonadotrophines et altérer fortement la spermatogenèse ; ce point doit être discuté avant toute prescription lorsqu’un projet de fertilité est présent. 3
Chez les personnes trans ou non binaires concernées, un traitement féminisant associant œstrogènes et inhibition androgénique modifie la production de testostérone, la spermatogenèse, l’érection et l’éjaculation. La conservation de gamètes mérite d’être discutée avant un traitement susceptible d’altérer la fertilité lorsque ce sujet compte pour la personne. Le suivi clinique et hormonal tient compte du schéma thérapeutique et des objectifs de transition. 4
Érection
L’érection est une réponse neurovasculaire qui dépend de l’intégrité des corps caverneux, de l’endothélium vasculaire, des voies nerveuses périphériques et médullaires, ainsi que du contexte psychique et relationnel. Elle peut être réflexe, après stimulation génitale, ou psychogène, sous l’effet de stimulations visuelles, sensorielles ou imaginaires. Ces voies se rejoignent dans les circuits autonomes et somatiques qui commandent le pénis.
Mécanisme vasculaire
À l’état flaccide, l’activité sympathique maintient le tonus des fibres musculaires lisses des artères et des espaces sinusoïdes des corps caverneux. Pendant l’érection, le monoxyde d’azote, ou NO, est libéré par les nerfs non adrénergiques non cholinergiques et par l’endothélium. Le NO active la guanylate cyclase, augmente la concentration intracellulaire de guanosine monophosphate cyclique, ou GMPc, et abaisse la concentration intracellulaire de calcium. Les fibres musculaires lisses se relâchent, le débit artériel augmente et les espaces sinusoïdes se remplissent de sang. L’expansion des corps caverneux comprime les veines sous-albuginéales et réduit le drainage veineux : ce mécanisme veino-occlusif permet la rigidité.
La phosphodiestérase de type 5, ou PDE5, dégrade le GMP cyclique. Les inhibiteurs de la PDE5 prolongent donc le signal induit par le NO ; ils facilitent l’érection lorsqu’une stimulation sexuelle déclenche la voie physiologique. Ils ne provoquent pas une érection en l’absence de stimulation. Les nitrés constituent une contre-indication absolue en raison du risque d’hypotension sévère. 5
Contrôle nerveux
Les voies parasympathiques sacrées, issues principalement de S2 à S4, favorisent l’érection. Les voies sympathiques thoraco-lombaires, de T11 à L2, participent au maintien de la flaccidité et à la détumescence. Le nerf pudendal assure l’innervation somatique sensitive du pénis et commande les muscles ischio-caverneux et bulbo-spongieux. Une neuropathie diabétique, une lésion médullaire, une chirurgie pelvienne ou certains médicaments peuvent altérer une ou plusieurs de ces composantes.
Une dysfonction érectile justifie une évaluation sexuelle, médicale et cardiovasculaire. Elle peut concerner toute personne ayant un pénis et des corps caverneux, indépendamment de son identité de genre. Le diabète, l’hypertension artérielle, le tabac, les dyslipidémies, l’obésité, les maladies neurologiques, les médicaments, l’hypogonadisme et les difficultés relationnelles peuvent se cumuler. Une plainte sexuelle ne doit jamais être réduite à une cause psychologique. Les dimensions organiques, relationnelles et psychiques sont évaluées ensemble.
Éjaculation et orgasme
L’éjaculation comprend deux temps. L’émission correspond à la progression des spermatozoïdes et des sécrétions des glandes annexes vers l’urètre prostatique. L’expulsion correspond à l’éjection du sperme par le méat urétral sous l’effet des contractions rythmiques de l’urètre et des muscles périnéaux. Pendant l’émission, la fermeture du col vésical limite le passage du sperme vers la vessie.
L’orgasme désigne une expérience de plaisir intense, brève et subjective, souvent accompagnée de contractions pelviennes, de manifestations végétatives et d’une modification transitoire de l’attention. Il survient habituellement en même temps que l’éjaculation, sans se confondre avec elle. Une éjaculation rétrograde peut préserver le ressenti orgasmique malgré l’absence ou la diminution marquée de l’éjaculat ; une anéjaculation, une lésion neurologique ou certains traitements peuvent modifier séparément l’éjaculation et l’orgasme.
La période réfractaire correspond à un délai variable pendant lequel il est difficile ou impossible d’obtenir une nouvelle érection ou un nouvel orgasme. Sa durée varie selon les personnes, l’âge, le contexte de stimulation, la fatigue, les substances, les médicaments et les maladies associées. Les variations de la réponse sexuelle n’ont pas de valeur pathologique en l’absence de souffrance, de difficulté relationnelle ou de symptôme associé.
Réponse sexuelle et repères cliniques

Le modèle de Masters et Johnson décrit une succession d’excitation, de plateau, d’orgasme et de résolution. Il conserve un intérêt descriptif pour l’interrogatoire clinique. En pratique clinique, la réponse sexuelle peut suivre des séquences variées : le désir peut précéder l’excitation, l’accompagner ou apparaître après des stimulations et un contexte relationnel favorable. L’érection, l’éjaculation, l’orgasme, le désir et la satisfaction doivent donc être interrogés séparément.
Un examen clinique est indiqué lorsqu’une plainte sexuelle chez une personne ayant un pénis, des testicules ou une prostate s’accompagne de douleur, de déformation pénienne, de lésion, de trouble urinaire, d’une baisse importante du désir avec signes d’hypogonadisme, d’une infertilité, d’une diminution de volume testiculaire, d’une gynécomastie, d’un trouble neurologique ou d’un effet indésirable médicamenteux plausible. L’interrogatoire précise l’anatomie présente, les traitements hormonaux et les interventions génitales ou pelviennes lorsqu’ils orientent la démarche. Avant sa réalisation, l’examen est expliqué et nécessite le consentement libre et éclairé de la personne ; il peut être interrompu à tout moment. Les modalités sont détaillées dans le cours sur l’examen clinique et paraclinique chez l’homme en sexologie. Les spécificités de la santé sexuelle des personnes trans et non binaires sont abordées dans un article dédié.
Les cours sur l’hypogonadisme et la sexualité, la dysfonction érectile, les troubles de l’éjaculation, les troubles de l’orgasme masculin et l’infertilité détaillent les démarches diagnostiques et thérapeutiques adaptées à chaque plainte.
Références
- Coleman E, et al. Standards of Care for the Health of Transgender and Gender Diverse People, Version 8. International Journal of Transgender Health. 2022;23(S1):S1-S259. https://doi.org/10.1080/26895269.2022.2100644[↩]
- Handelsman DJ. Androgen Physiology, Pharmacology, Use and Misuse. Endotext. Updated 2026. https://www.endotext.org/wp-content/uploads/pdfs/androgen-physiology-pharmacology-use-and-misuse.pdf[↩]
- European Association of Urology. EAU Guidelines on Sexual and Reproductive Health: Male Hypogonadism. 2026. https://uroweb.org/guidelines/sexual-and-reproductive-health/chapter/male-hypogonadism[↩]
- Hembree WC, et al. Endocrine Treatment of Gender-Dysphoric/Gender-Incongruent Persons: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline. Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism. 2017;102(11):3869-3903. https://doi.org/10.1210/jc.2017-01658[↩]
- European Association of Urology. EAU Guidelines on Sexual and Reproductive Health: Management of Erectile Dysfunction. 2026. https://uroweb.org/guidelines/sexual-and-reproductive-health/chapter/management-of-erectile-dysfunction[↩]
RESSOURCES DOCUMENTAIRES POUR ALLER PLUS LOIN
Manuel de sexologie clinique couvrant l’anatomie, la physiologie, les troubles sexuels, l’évaluation et les principales prises en charge.
Atlas anatomique de Frank Netter, référence iconographique pour comprendre les structures corporelles, dont le pelvis et les organes génitaux.
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bonjour. je cherche toujours l’origine biologique de la stimulation sexuelle et du plaisir, sans m’encombrer des boucles « psycho-corticales » (le fameux cognitif) qui évidemment mettent en jeu à terme stimulation et plaisir.
j’ai pas trouvé sur ce cours. -1