L’infertilité et son traitement peuvent modifier la sexualité avant même l’entrée en assistance médicale à la procréation. La recherche d’une grossesse transforme parfois les rapports sexuels en actes programmés, centrés sur la pénétration vaginale et l’éjaculation. Le désir devient alors une obligation à une date précise, tandis que l’excitation, le plaisir ou l’orgasme passent au second plan. Les examens, les injections, les prélèvements, l’attente des résultats et les échecs successifs ajoutent une temporalité médicale à la vie intime.
L’évaluation sexologique recherche les difficultés qui peuvent réduire les chances de conception spontanée, celles qui résultent de l’infertilité et celles qui sont aggravées par le parcours d’AMP. Elle concerne la personne qui reçoit les traitements, le ou les partenaires et, lorsqu’il est distinct, le co-parent. Le vocabulaire s’adapte à la situation : organes présents, gamètes utilisés, personne qui portera la grossesse, identité de genre, pratiques sexuelles et organisation du projet parental. Une femme cisgenre, un homme trans ou une personne non binaire peuvent avoir des ovaires ou un utérus ; une personne qui produit des spermatozoïdes n’est pas nécessairement un homme.
Points clefs
- L’infertilité est habituellement définie par l’absence de grossesse après douze mois de rapports vaginaux réguliers sans contraception. Un bilan est proposé plus tôt après 35 ans ou en présence d’un facteur de risque.
- Le terme légal français est « assistance médicale à la procréation » ou AMP. « Procréation médicalement assistée » et PMA restent courants dans le langage usuel.
- La FIV est une technique d’AMP parmi d’autres. Elle associe stimulation ovarienne, ponction d’ovocytes, fécondation au laboratoire, culture embryonnaire puis transfert d’un embryon frais ou congelé.
- Les probabilités de naissance varient avec l’âge, la cause de l’infertilité, la technique et le nombre de transferts issus d’une ponction. Un taux par transfert ne correspond pas à la probabilité individuelle d’avoir un enfant.
- Le bilan explore simultanément les facteurs ovariens, tubaires, utérins, spermatiques et sexuels. Une infertilité inexpliquée reste un diagnostic d’exclusion ; elle ne constitue pas une infertilité « psychologique ».
- Le parcours peut réduire le désir, le plaisir, la spontanéité et la satisfaction sexuelle chez tous les partenaires. La sexualité doit être abordée avant, pendant et après l’AMP.
- La programmation des rapports peut susciter pression, évitement, difficulté d’érection ou d’éjaculation, sécheresse, douleur et culpabilité. L’absence de désir au moment imposé par le calendrier ne mesure ni l’amour ni l’investissement dans le projet parental.
- Certains protocoles hormonaux peuvent modifier directement la libido, l’humeur ou le confort génital. Les injections, la fatigue, les ovaires augmentés de volume, les traitements vaginaux et la peur de compromettre le résultat ont également un effet sur la sexualité.
- Le soin s’adresse aux femmes cisgenres, aux hommes trans, aux personnes non binaires et à toute personne concernée par son anatomie ou son rôle dans le projet. Le genre, l’orientation sexuelle et la structure relationnelle ne se déduisent jamais des gamètes ou des organes.
- Un trouble sexuel se traite avec l’accord de la personne. L’accès aux soins de fertilité ne doit jamais être conditionné à une pénétration, à une thérapie de couple ou à une conformité conjugale.
I – FERTILITÉ, INFERTILITÉ ET AMP : REPÈRES ACTUELS
Définir l’infertilité
L’Organisation mondiale de la Santé définit l’infertilité par l’absence de grossesse après au moins douze mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. Cette définition clinique suppose que les pratiques permettent la rencontre d’ovocytes et de spermatozoïdes. Elle ne convient pas aux projets nécessitant d’emblée un don de gamètes, aux personnes seules et aux relations dans lesquelles aucune conception spontanée n’est possible. Le recours à l’AMP peut alors relever d’un projet de parentalité sans traduire une pathologie de la fertilité.1
Le mot « stérilité », fréquent dans les textes anciens, suggère une impossibilité définitive. Le terme « infertilité » décrit mieux une probabilité réduite de conception, qui peut être spontanément réversible, traitable ou compensée par une technique d’AMP. La fécondabilité désigne la probabilité d’obtenir une grossesse au cours d’un cycle. Elle diminue avec l’âge ovarien et dépend également de la qualité spermatique, de la perméabilité tubaire, de l’ovulation, de l’utérus et de la fréquence des rapports permettant une fécondation.
Quand commencer le bilan ?
Les recommandations françaises proposent un bilan après douze mois d’essais lorsque la personne qui produit les ovocytes a moins de 35 ans, et après six mois à partir de 35 ans. L’évaluation débute sans attendre en cas d’aménorrhée ou de cycles très irréguliers, d’endométriose connue ou suspectée, d’antécédent de grossesse extra-utérine, d’atteinte tubaire, de traitement gonadotoxique, d’anomalie testiculaire, de trouble de l’érection ou de l’éjaculation empêchant les rapports fécondants, de douleurs sexuelles ou d’impossibilité de pénétration vaginale.2
Une information précoce sur l’effet de l’âge aide à construire un projet reproductif réaliste. Elle ne transforme pas la fertilité en obligation et ne permet pas de prédire individuellement le délai de conception. Les applications, les courbes de température et les tests d’ovulation peuvent préciser la fenêtre fertile, mais leur usage intensif augmente parfois la pression et la programmation des rapports.
AMP, FIV et ICSI
L’AMP regroupe l’insémination intra-utérine, la fécondation in vitro conventionnelle, l’injection intracytoplasmique d’un spermatozoïde dans l’ovocyte ou ICSI, le transfert d’embryons congelés, l’accueil d’embryon et les techniques utilisant un don de gamètes. La FIV met les ovocytes et les spermatozoïdes en présence au laboratoire. L’ICSI ajoute une micro-injection d’un spermatozoïde dans chaque ovocyte mature ; elle répond notamment à certaines infertilités masculines ou à des antécédents de défaut de fécondation.

Depuis la loi de bioéthique de 2021, l’AMP est accessible en France aux couples formés d’un homme et d’une femme, aux couples de femmes et aux femmes non mariées. Le statut matrimonial et l’orientation sexuelle ne peuvent pas justifier une différence de traitement. Ces catégories reposent sur le sexe inscrit à l’état civil. Un homme trans enregistré comme homme ne peut donc pas accéder seul à l’AMP pour porter une grossesse, même s’il a conservé un utérus. Cette restriction juridique n’autorise aucun mégenrage ni différence de qualité dans les soins.34
Le prélèvement d’ovocytes en vue d’une AMP peut être réalisé jusqu’à la veille du 43e anniversaire, et le recueil de spermatozoïdes jusqu’à la veille du 60e anniversaire. L’insémination ou le transfert embryonnaire peuvent être réalisés jusqu’à la veille du 45e anniversaire de la personne qui porte la grossesse et jusqu’à la veille du 60e anniversaire de l’autre membre du couple. Les limites médicales peuvent être plus restrictives selon les risques et les chances de succès.5
L’Assurance maladie prend en charge au maximum six inséminations et quatre tentatives de FIV pour obtenir une grossesse. Le centre précise les règles de décompte des tentatives ainsi que les critères médicaux permettant de poursuivre, de différer ou d’arrêter le parcours. La prise en charge financière ne garantit ni la réalisation des quatre tentatives ni une naissance.6

Résultats actuels de l’AMP et de la FIV
En 2023, l’Agence de la biomédecine a recensé 164 670 tentatives d’AMP et environ 28 440 enfants nés à la suite d’une AMP réalisée cette année-là, soit 4 % des naissances en France. Pour les FIV conventionnelles avec les gamètes du couple, le taux d’accouchement était de 18,7 % par ponction hors cycles avec congélation de tous les embryons et de 25,8 % par transfert frais. Le transfert mono-embryonnaire représentait 82,8 % des transferts frais et le taux d’accouchements multiples avait diminué à 3,6 %.7


Un taux par transfert sélectionne les cycles ayant obtenu au moins un embryon transférable. Un taux par ponction inclut davantage d’échecs précoces, mais exclut parfois les naissances obtenues plus tard à partir des embryons congelés. Le pronostic individuel doit donc être présenté selon l’âge, la réserve ovarienne, la cause de l’infertilité, la technique utilisée et les transferts cumulés issus d’une même ponction.
II – LA CONSULTATION D’INFERTILITÉ ET D’AMP
Le premier entretien
Le premier entretien précise le projet parental, les personnes qui y participent, les gamètes envisagés, la personne qui portera la grossesse et les liens entre partenaire, co-parent et éventuel donneur. L’histoire médicale comprend la durée des essais lorsqu’ils permettent une conception, les grossesses antérieures, l’âge, les cycles, les antécédents médicaux, chirurgicaux et infectieux, les traitements, les expositions professionnelles, le tabac, le cannabis et l’alcool. Chaque personne concernée doit pouvoir parler avec les autres et, si elle le souhaite, au cours d’un temps individuel confidentiel. Un projet parental mené seul bénéficie du même niveau d’information et d’évaluation.
L’entretien sexuel décrit les pratiques réelles avec des mots simples. Lorsque le projet repose sur des rapports vaginaux, il précise leur fréquence, leur moment par rapport à l’ovulation, la présence d’une éjaculation intravaginale et l’existence d’une douleur. Il demande ensuite comment le calendrier fertile a modifié l’envie, l’initiative, l’excitation, la lubrification, l’érection, l’éjaculation, l’orgasme, le plaisir et la relation. Une dysfonction érectile, une difficulté d’éjaculation, une dyspareunie ou une douleur vulvaire, un trouble de la pénétration ou un évitement peuvent précéder le projet, apparaître pendant les essais ou s’aggraver avec les traitements.
Un bilan simultané
Le bilan explore simultanément les fonctions nécessaires au projet. En présence d’ovaires, il évalue l’ovulation et, lorsqu’une AMP est envisagée, la réserve ovarienne. En présence d’un utérus ou de trompes impliqués dans la conception, il étudie la cavité utérine et la perméabilité tubaire selon l’indication. Lorsqu’une personne fournit les spermatozoïdes, l’évaluation associe interrogatoire, examen clinique proposé avec consentement et spermogramme. Les recommandations françaises prévoient un contrôle du spermogramme lorsqu’une anomalie est retrouvée au premier examen. Cette organisation anatomique évite d’assimiler une fonction reproductive à une identité de femme ou d’homme.
Le recueil de sperme est habituellement réalisé par masturbation au laboratoire après deux à sept jours d’abstinence sexuelle, selon les consignes du laboratoire. Il faut demander avant l’examen si la masturbation, l’éjaculation à la demande, l’environnement du laboratoire, le délai ou le recueil dans un contenant risquent de poser problème. Un échec de recueil ne prouve ni anéjaculation permanente ni infertilité ; un nouveau recueil ou une méthode spécialisée peut être organisé.8
Infertilité inexpliquée et mythes psychogènes
L’infertilité est dite inexpliquée lorsque l’interrogatoire, l’examen et les investigations recommandées n’identifient pas de cause. Ce diagnostic signifie que les méthodes disponibles n’ont pas retrouvé d’anomalie suffisante pour expliquer l’absence de grossesse. Il ne permet pas de conclure à une origine psychologique. Une grossesse survenant après l’arrêt des traitements ou dans une autre relation ne démontre pas davantage un blocage psychique antérieur.9
Les violences sexuelles peuvent avoir des conséquences durables sur la santé, le rapport au corps, la confiance, la douleur et la sexualité. Elles sont recherchées avec tact lorsqu’un élément clinique le justifie et lorsque la personne peut répondre dans un cadre confidentiel. Elles ne doivent jamais être présentées comme une cause de l’infertilité, de l’orientation sexuelle ou d’un échec de FIV. La détresse psychique mérite des soins pour elle-même ; elle ne doit pas devenir une faute attribuée à la personne qui ne parvient pas à concevoir.
III – VÉCU DE L’INFERTILITÉ ET DU PROJET PARENTAL
Identité, corps et estime de soi
L’annonce d’une infertilité peut atteindre l’image corporelle, l’estime de soi, l’identité de genre ou le sentiment de continuité familiale. Certaines personnes l’associent à leur féminité, leur masculinité ou leur capacité à devenir parent ; d’autres ne font aucun lien avec ces dimensions. Une personne peut exprimer sa souffrance, une autre chercher des solutions techniques, se taire, s’éloigner temporairement ou protéger son partenaire. Ces réactions renseignent sur une manière de faire face et ne mesurent ni l’intensité du désir d’enfant ni la qualité de la relation.
La cause médicale influence parfois le vécu. Une azoospermie peut être associée à un sentiment de perte de virilité ; une insuffisance ovarienne peut confronter brutalement au vieillissement reproductif ; l’endométriose associe infertilité, fatigue et douleurs sexuelles ; le recours à un don interroge la filiation génétique, la place de chaque parent et l’information future de l’enfant. Aucun de ces vécus n’est automatique.
Relations, couple et projet parental
Au sein d’une relation, chacun peut avoir une information, une temporalité et une limite différentes. La personne dont les gamètes ou les organes sont concernés peut se sentir responsable de l’infertilité. Le ou la partenaire peut culpabiliser de ne pas subir les gestes, hésiter à exprimer sa propre fatigue ou se sentir réduit à un rôle de soutien. Après un rapport programmé difficile, la personne qui n’a pas eu de désir, d’érection, de lubrification ou d’éjaculation peut craindre d’avoir « fait perdre une chance » au projet. Cette culpabilité augmente la pression lors de la tentative suivante.
Le diagnostic peut être gardé secret vis-à-vis de l’entourage, devenir un sujet de conflit ou renforcer la solidarité. Les soins donnent une place à chaque personne concernée sans désigner automatiquement l’une comme « le patient » et l’autre comme « le soutien ». Une consultation individuelle reste possible pour parler de sexualité, d’un doute sur le projet, d’une violence ou d’une difficulté qui ne peut pas être formulée devant les autres.
Personnes LGBTQIA+, dysphorie et soins de fertilité
Les couples composés de personnes du même genre, les personnes seules, les personnes trans ou non binaires et les projets utilisant un don rencontrent les contraintes communes de l’AMP : attente, examens intimes, injections, incertitude, retentissement professionnel et charge émotionnelle. S’y ajoutent parfois le mégenrage, des formulaires uniquement binaires, l’obligation répétée d’expliquer sa famille ou la crainte d’être évalué sur sa capacité à devenir parent. L’entretien utilise le prénom, les pronoms et les mots choisis par la personne pour parler de son corps. Il précise qui fournit les gamètes, qui porte la grossesse et qui sera parent, sans déduire ces rôles du genre ou de l’orientation sexuelle.
Chez une personne trans ou non binaire, un prélèvement de gamètes, une échographie endovaginale, un spermogramme ou la réapparition de cycles peuvent provoquer ou majorer une dysphorie. L’interruption éventuelle d’un traitement hormonal d’affirmation de genre se décide avec la personne et les équipes compétentes. Sa durée, ses bénéfices attendus et ses effets physiques ou psychiques doivent être expliqués. Les recommandations professionnelles demandent une prise en charge sans discrimination liée à l’identité de genre.10
Le recours à un donneur ou à une donneuse peut être prévu dès le début du projet. L’accompagnement porte alors sur la place génétique, gestationnelle, affective et juridique de chacun, ainsi que sur l’information future de l’enfant. Les repères de santé sexuelle pour les personnes trans et non binaires aident à préparer les examens et à réduire la dysphorie liée aux soins.
Échec, arrêt du traitement et grossesse obtenue
Chaque résultat négatif peut réactiver la perte du projet attendu. L’arrêt d’un parcours peut être décidé pour des raisons médicales, après épuisement des tentatives prises en charge, en raison de la charge physique ou psychique, d’un désaccord ou d’un choix personnel. Un entretien spécifique permet de reprendre les résultats, les possibilités restantes, l’adoption, un projet sans enfant et les besoins de soutien. Le deuil d’une grossesse ou d’une parentalité espérée n’obéit pas à un calendrier imposé.
La grossesse obtenue après AMP n’efface pas nécessairement l’anxiété, la crainte de la fausse couche ou les difficultés sexuelles apparues pendant le parcours. La reprise de la sexualité pendant la grossesse se discute selon les symptômes, les contre-indications obstétricales et le vécu de chacun. L’ESHRE recommande d’ouvrir l’accès au soutien psychosocial avant, pendant et après le traitement, y compris après une grossesse.11
IV – AMP, FIV ET SEXUALITÉ
Rapports programmés, pression et culpabilité
Les rapports programmés concentrent plusieurs attentes sur un même moment : être disponible, avoir envie, obtenir une érection ou une lubrification, permettre la pénétration, éjaculer dans le vagin et croire encore au résultat. Le calendrier peut être transmis par une application, un test d’ovulation ou une consigne médicale. Le rapport devient alors une tâche assortie d’un enjeu reproductif. Le désir sexuel dépend du contexte et peut apparaître au cours des échanges érotiques. Il répond mal à une obligation horaire.
Une tentative impossible ou interrompue peut provoquer honte, colère et culpabilité. La personne qui devait éjaculer peut se sentir responsable d’un cycle « perdu ». Celle qui attendait le rapport peut vivre le refus comme un désengagement du projet ou un rejet sexuel. Ces interprétations doivent être verbalisées rapidement. Le consentement reste nécessaire à chaque rapport, y compris pendant la fenêtre fertile. Le projet parental ne crée aucune obligation sexuelle.
La consultation peut proposer une organisation concrète : définir ensemble le nombre de tentatives acceptables pendant la fenêtre fertile, prévoir une possibilité de renoncer sans reproche, distinguer les rapports destinés à concevoir des moments intimes sans pénétration ni objectif reproductif et informer l’équipe lorsqu’une difficulté sexuelle empêche régulièrement les essais. Une insémination ou une FIV peut parfois soulager la pression liée aux rapports fécondants, tout en introduisant d’autres contraintes autour des examens, du recueil de sperme et des résultats.
La médicalisation de l’intime
Les techniques d’AMP mobilisent des actes habituellement liés à l’intimité : masturbation pour le recueil, pénétration instrumentale lors des échographies ou de la ponction, production de gamètes séparée du rapport sexuel, fécondation au laboratoire et transfert dans l’utérus. L’insémination avec sperme de donneur, anciennement appelée IAD, a parfois été décrite dans la littérature sexologique comme une « symbolique d’adultère ». Cette formule appartient à l’histoire des représentations de l’AMP avec don. Elle peut encore aider à comprendre une crainte ou une image exprimée spontanément par une personne, sans être appliquée à toutes les familles.
Willy Pasini a proposé en 1985 l’expression « narcose de l’érotisme » pour décrire l’effacement progressif du plaisir sous l’effet de la répétition des prescriptions, des examens et des rapports programmés. L’expression conserve une valeur clinique si elle sert à interroger le vécu réel, sans conclure que tout parcours d’AMP détériore la sexualité.12
La FIV étape par étape : effets possibles sur la sexualité

| Étape | Déroulement | Points sexologiques |
|---|---|---|
| Préparation | Information, bilan, choix de la technique et consentements. | Rechercher douleur, trouble de la pénétration, désir, excitation, érection, éjaculation, antécédent traumatique et contraintes du recueil. |
| Stimulation ovarienne | Injections hormonales et surveillance échographique et biologique pendant plusieurs jours. | Les injections, la fatigue, les ballonnements, les douleurs et les ovaires augmentés de volume peuvent réduire le confort. Les pratiques sont adaptées aux symptômes et aux consignes individualisées du centre. |
| Déclenchement et ponction | Déclenchement programmé de la maturation ovocytaire finale puis ponction transvaginale des ovocytes sous analgésie ou anesthésie. | Expliquer chaque geste, rechercher le consentement, anticiper la douleur et respecter la possibilité d’interrompre l’examen. Une abstinence temporaire peut être indiquée en cas de douleur, de saignement ou de risque d’hyperstimulation. |
| Recueil de sperme | Recueil par masturbation, le plus souvent le jour de la ponction. | Prévoir intimité, temps suffisant et absence de pression. Signaler avant le jour prévu toute difficulté d’érection, d’éjaculation ou de masturbation afin d’organiser une autre modalité ou une conservation préalable. |
| Fécondation et culture | FIV conventionnelle ou ICSI, puis culture des embryons pendant plusieurs jours. | L’attente peut majorer l’anxiété, les vérifications répétées et le sentiment de dépossession. L’information doit préciser les étapes et les possibilités d’arrêt du développement embryonnaire. |
| Transfert ou congélation | Transfert d’un embryon frais ou congélation des embryons en vue d’un transfert ultérieur. | Aucune règle générale n’impose l’abstinence sexuelle après tout transfert. Le centre adapte ses conseils à la douleur, au saignement, au risque d’hyperstimulation et au contexte obstétrical. |
| Attente du résultat | Dosage de la gonadotrophine chorionique humaine (hCG), puis échographie si le test est positif. | La peur de compromettre l’implantation peut conduire à éviter toute intimité. Les gestes tendres et les pratiques sans douleur peuvent être maintenus si les personnes le souhaitent et si aucune contre-indication médicale n’a été donnée. |
Traitements hormonaux, corps et libido
Les effets dépendent du protocole et des médicaments utilisés. Les gonadotrophines stimulent le développement de plusieurs follicules. Les injections, les céphalées, la tension abdominale et l’augmentation du volume ovarien peuvent rendre les mouvements ou la pénétration inconfortables. Des ovaires très augmentés de volume et le risque de torsion ou de rupture conduisent parfois l’équipe à limiter temporairement certains rapports. La consigne doit préciser la pratique concernée, la raison médicale et la durée prévue. Une douleur abdominale intense, une distension qui augmente rapidement, des vomissements, un essoufflement ou une diminution des urines imposent de contacter rapidement le centre afin de rechercher un syndrome d’hyperstimulation ovarienne.13
Certains protocoles utilisent un agoniste de l’hormone de libération des gonadotrophines, ou agoniste de la GnRH, afin de bloquer transitoirement le cycle spontané. La baisse des œstrogènes peut entraîner bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, douleur pendant les rapports, fatigue, variations de l’humeur et diminution de la libido. Tous les protocoles de FIV ne provoquent pas ce tableau.14
Le soutien par progestérone après la ponction ou le transfert peut s’accompagner de fatigue, tension mammaire et ballonnements. La voie vaginale peut provoquer des pertes, une irritation ou un inconfort local.15
La baisse de libido pendant une FIV résulte souvent de plusieurs facteurs simultanés : variations hormonales, douleur, fatigue, injections, examens répétés, peur d’une complication, charge mentale et crainte de compromettre l’implantation. Certaines personnes conservent ou retrouvent au contraire du désir. La consultation part de l’expérience rapportée et vérifie les symptômes gênants, leur chronologie, le médicament concerné et le retentissement sur la relation.
Un essai randomisé monocentrique publié en 2023 chez des patientes de 35 ans ou moins, sélectionnées pour un transfert d’embryon congelé, n’a pas observé d’effet défavorable d’un rapport protégé avant le transfert. Cette donnée ne s’applique pas aux transferts frais ni aux situations de douleur, de saignement, de risque d’hyperstimulation ou de grossesse spontanée concomitante.16
L’alitement systématique après le transfert n’améliore pas les chances de grossesse. Les activités quotidiennes reprennent habituellement selon les consignes du centre.17
Les troubles sexuels pouvant réduire les chances de conception spontanée
Une dysfonction érectile empêchant la pénétration, une anéjaculation, une éjaculation rétrograde ou avant la pénétration, une douleur génitale, une contraction involontaire du plancher pelvien ou une peur intense de la pénétration peuvent empêcher le dépôt de sperme dans le vagin. Une baisse de désir ou une faible fréquence de rapports peut réduire les occasions de conception sans constituer à elle seule une maladie. L’éjaculation prématurée n’empêche pas la fécondation lorsque l’éjaculation a lieu dans le vagin, mais elle peut limiter les rapports ou altérer la satisfaction.
Le terme historique de mariage non consommé décrit une absence persistante de pénétration vaginale au sein d’un couple qui la souhaite. Il peut recouvrir un trouble génito-pelvien avec douleur ou peur de la pénétration, une dysfonction érectile, une difficulté d’éjaculation, un évitement, un manque d’information ou une absence de désir partagé. L’examen n’est jamais imposé. La thérapie sexuelle, la prise en charge de la douleur et le parcours de fertilité peuvent être menés en parallèle selon les priorités exprimées.
Les troubles sexuels provoqués ou aggravés par l’infertilité
L’infertilité est associée à une diminution de la satisfaction sexuelle et à une augmentation des difficultés de désir, d’excitation, d’érection, d’orgasme et de douleur. Les estimations varient fortement selon les pays, les outils et les populations étudiées ; un pourcentage unique serait trompeur. La durée du parcours, les rapports programmés, l’endométriose, l’infertilité masculine, l’anxiété, la dépression, l’image corporelle et la qualité de la relation modulent le risque. Les difficultés d’un partenaire peuvent aussi retentir sur la sexualité de l’autre.18
La baisse du désir peut concerner la personne traitée, le ou les partenaires, ou alterner au fil du parcours. Les rapports centrés sur la fenêtre fertile réduisent parfois l’initiative spontanée et les pratiques sans pénétration. L’attention portée à l’ovulation, à l’érection ou à l’éjaculation favorise une position d’observateur : chacun surveille son corps et celui de l’autre au lieu de suivre ses sensations. Une difficulté ponctuelle acquiert alors une valeur disproportionnée parce qu’elle semble menacer la possibilité de grossesse.
Les annonces médicales peuvent aussi modifier l’image sexuelle. Une altération du spermogramme est parfois vécue comme une atteinte de la virilité ; une réserve ovarienne diminuée comme un vieillissement brutal ; une endométriose ou une chirurgie comme une perte de confiance dans le corps. Ces associations sont des représentations personnelles et sociales. Elles doivent être entendues sans relier la valeur, le genre ou le pouvoir de séduction d’une personne à sa fertilité.
La relation peut être traversée par des rythmes différents : l’un souhaite parler du traitement en permanence, l’autre a besoin de périodes sans AMP ; l’un recherche un rapprochement sexuel, l’autre protège un corps douloureux ou médicalisé. La culpabilité apparaît également lorsque les contraintes professionnelles, les dépenses, les injections ou les rendez-vous reposent surtout sur une personne. L’entretien aide à nommer cette répartition et à décider ce qui peut être partagé, délégué ou suspendu.
La consultation distingue les rapports destinés à concevoir et les moments sexuels sans objectif reproductif. Cette distinction restaure une marge de choix : décider qu’un rapport programmé sera strictement fonctionnel, conserver d’autres formes d’intimité, suspendre temporairement la pénétration ou retrouver des pratiques appréciées avant le parcours. Le rythme, les pratiques et la place de la sexualité sont définis par les personnes concernées.
V – RÔLE DU SEXOLOGUE ET DE L’ÉQUIPE D’AMP
Repérer sans imposer
Quelques questions directes suffisent pour ouvrir la discussion : « Comment les essais ou les traitements ont-ils modifié votre sexualité ? », « Les rapports programmés restent-ils possibles ? », « Vous arrive-t-il de vous sentir obligé ou coupable ? », « Existe-t-il une douleur, une difficulté de pénétration, d’érection, d’éjaculation ou d’orgasme ? », « Les traitements ont-ils modifié votre désir, votre humeur ou votre confort génital ? », « Le recueil de sperme vous inquiète-t-il ? », « Souhaitez-vous en parler seul, avec un partenaire, un co-parent ou pas aujourd’hui ? ».
L’International Index of Erectile Function (IIEF) peut aider à explorer la fonction érectile. Le Female Sexual Function Index (FSFI) explore plusieurs dimensions de la sexualité chez les femmes. Il peut compléter l’entretien lorsque ses questions correspondent à l’anatomie, aux pratiques et aux mots de la personne. Ces questionnaires sont des outils de repérage à interpréter avec l’histoire clinique.
Interventions sexologiques concrètes
La première intervention consiste souvent à autoriser une sexualité variable. Une baisse du désir pendant une stimulation, une pause après une ponction ou l’absence temporaire de pénétration peuvent être compatibles avec une relation satisfaisante. Le sexologue vérifie les interdictions données par le centre, leur indication et leur durée. Il corrige les restrictions que les personnes se sont imposées par peur de déplacer un embryon ou de provoquer un échec.
Lorsque les rapports fécondants restent indiqués, les personnes définissent à l’avance la conduite à tenir en cas d’absence d’envie, de douleur, de difficulté d’érection ou d’éjaculation. Elles peuvent limiter le nombre de tentatives, changer de moment, utiliser une aide adaptée ou prévenir l’équipe afin de discuter une autre stratégie reproductive. Un rapport interrompu ne donne lieu ni à une négociation insistante ni à un reproche.
En dehors des rapports destinés à concevoir, chacun peut préciser ce qui reste agréable : proximité physique, caresses, massage, masturbation partagée ou solitaire, sexualité orale, accessoires, pénétration ou absence de sexualité pendant un temps. Ces possibilités sont des propositions et jamais un programme à exécuter. L’objectif clinique est de rendre du choix, de réduire la douleur et de préserver une communication où chaque personne peut exprimer son envie, sa limite et son consentement.
Traiter les difficultés sexuelles
Une dysfonction érectile est évaluée sur les plans cardiovasculaire, métabolique, hormonal, médicamenteux, psychique et relationnel. Un inhibiteur de la phosphodiestérase de type 5, comme le sildénafil ou le tadalafil, peut faciliter les rapports ou le recueil lorsqu’il est indiqué et qu’aucune contre-indication n’est présente. La testostérone exogène inhibe la sécrétion des gonadotrophines et peut interrompre la production de spermatozoïdes. Elle est contre-indiquée chez une personne qui souhaite préserver sa fertilité.19
Les difficultés d’éjaculation nécessitent de préciser l’orgasme, l’émission de sperme, les médicaments, le diabète, les antécédents neurologiques ou chirurgicaux et le caractère situationnel. Selon la cause, la prise en charge peut associer adaptation médicamenteuse, traitement sexologique, vibrostimulation, électro-éjaculation ou prélèvement chirurgical de spermatozoïdes dans un centre spécialisé. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine ne constituent pas un traitement général des difficultés sexuelles liées à l’infertilité ; ils peuvent au contraire retarder l’orgasme et l’éjaculation ou diminuer le désir.
La douleur et les difficultés de pénétration sont explorées avant de proposer des exercices. La prise en charge peut associer traitement d’une cause gynécologique ou dermatologique, kinésithérapie du plancher pelvien, information anatomique, travail progressif d’exposition, thérapie sexuelle ou accompagnement psychologique. La pénétration n’est ni un test de motivation ni une condition préalable à l’AMP.
L’équipe explique les procédures avant leur réalisation, annonce les résultats avec un temps de questions et identifie les moments à risque : première ponction, absence d’embryon, fausse couche, échecs répétés, recours au don, désaccord entre les personnes concernées et arrêt des traitements. Le soutien courant relève de toute l’équipe. Une souffrance persistante, un épisode dépressif, une anxiété envahissante, une crise relationnelle, un traumatisme réactivé ou un trouble sexuel nécessitent une orientation vers le professionnel compétent.
L’accompagnement psychologique et sexologique vise la qualité de vie, la liberté de décision et la santé sexuelle. Il ne doit pas être présenté comme une méthode destinée à « faire marcher » la FIV. Chaque personne concernée peut accepter, différer ou refuser cet accompagnement sans que ce choix soit interprété comme un manque de motivation parentale.
Lorsque des gamètes ou un embryon issus d’un don sont utilisés, les entretiens abordent la place du donneur dans les représentations familiales, l’information de l’enfant et le droit d’accès aux données non identifiantes et à l’identité du donneur à la majorité. L’enfant n’a pas à réparer les sacrifices du parcours. Le suivi aide les futurs parents à construire un récit vrai, progressif et adapté à son âge.
CONCLUSION
L’infertilité associe une question reproductive, un parcours médical, une expérience corporelle et une vie intime. La consultation évalue les causes biologiques, les effets des traitements, la sexualité et les relations dans le même temps, sans chercher un responsable ni attribuer un échec à la psychologie. L’information sur les chances de succès, les gestes de FIV, les effets hormonaux, les alternatives et les limites du traitement permet des décisions partagées. La santé sexuelle reste un objectif pendant tout le parcours, pour une personne seule comme au sein d’un couple ou d’une autre organisation parentale, que le projet aboutisse à une grossesse, change de forme ou s’arrête.
Références
- World Health Organization. Guideline for the prevention, diagnosis and treatment of infertility. Geneva: WHO; 2025. https://www.who.int/publications/i/item/9789240115774[↩]
- Sonigo C, Robin G, Boitrelle F, et al. Prise en charge de première intention du couple infertile : mise à jour des RPC 2010 du CNGOF. Gynecol Obstet Fertil Senol. 2024;52:305-335. https://cngof.fr/app/uploads/2026/02/RPC-INFERTILITE-2022.pdf[↩]
- Article L. 2141-2 du Code de la santé publique. Version en vigueur depuis le 4 août 2021. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043895365[↩]
- Conseil constitutionnel. Décision n° 2022-1003 QPC du 8 juillet 2022, Accès à l’assistance médicale à la procréation. https://qpc360.conseil-constitutionnel.fr/acces-lassistance-medicale-procreation[↩]
- Décret n° 2021-1243 du 28 septembre 2021 fixant les conditions d’organisation et de prise en charge des parcours d’assistance médicale à la procréation. Journal officiel de la République française. 29 septembre 2021. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044111531[↩]
- Direction de l’information légale et administrative. Procréation médicalement assistée (PMA). Service-Public.fr. Mise à jour 2025. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31462[↩]
- Agence de la biomédecine. Rapport médical et scientifique 2023 : assistance médicale à la procréation. Saint-Denis La Plaine: Agence de la biomédecine; 2025. https://rams.agence-biomedecine.fr/2023/amp-dpi/principaux-chiffres-de-l-activite[↩]
- Huyghe E, Boitrelle F, Methorst C, et al. Recommandations de l’AFU et de la SALF concernant l’évaluation de l’homme infertile. Prog Urol. 2021;31:131-144. https://www.urofrance.org/recommandation/recommandations-de-lafu-et-de-la-salf-concernant-levaluation-de-lhomme-infertile/[↩]
- European Society of Human Reproduction and Embryology. Evidence-based guideline: unexplained infertility. Grimbergen: ESHRE; 2023. https://www.eshre.eu/Guidelines-and-Legal/Guidelines/Unexplained-infertility[↩]
- American Society for Reproductive Medicine. Fertility care and family building for LGBTQ+ individuals: a committee opinion. Fertil Steril. 2026. https://www.asrm.org/practice-guidance/practice-committee-documents/fertility-care-and-family-building-for-lgbtq-individuals-a-committee-opinion-2026/[↩]
- Gameiro S, Boivin J, Dancet E, et al. ESHRE guideline: routine psychosocial care in infertility and medically assisted reproduction—a guide for fertility staff. Hum Reprod. 2015;30:2476-2485. doi:10.1093/humrep/dev177. https://www.eshre.eu/Guidelines-and-Legal/Guidelines/Psychosocial-care-guideline.aspx[↩]
- Pasini W. Les sexes de l’homme. Paris: Seuil; 1985.[↩]
- European Medicines Agency. GONAL-f: European public assessment report and product information. Mise à jour 2025. https://www.ema.europa.eu/en/medicines/human/EPAR/gonal-f[↩]
- Electronic Medicines Compendium. Suprecur Injection / Buserelin 1 mg/ml solution for injection: Summary of Product Characteristics. Mise à jour 2025. https://www.medicines.org.uk/emc/product/11243/smpc[↩]
- Electronic Medicines Compendium. Lutigest 100 mg vaginal tablets: Patient Information Leaflet. Mise à jour 2025. https://www.medicines.org.uk/emc/product/3635/pil[↩]
- Huang J, Lu X, Xie Q, Lin J, Cai R, Kuang Y. Impact of sexual intercourse on frozen-thawed embryo transfer outcomes: a randomized controlled trial. Contracept Reprod Med. 2023;8:19. doi:10.1186/s40834-023-00218-y. https://doi.org/10.1186/s40834-023-00218-y[↩]
- Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine. Performing the embryo transfer: a guideline. Fertil Steril. 2017;107:882-896. https://www.asrm.org/practice-guidance/practice-committee-documents/performing-the-embryo-transfer-a-guideline-2017/[↩]
- Leeners B, Tschudin S, Wischmann T, Kalaitzopoulos DR. Sexual dysfunction and disorders as a consequence of infertility: a systematic review and meta-analysis. Hum Reprod Update. 2023;29:95-125. doi:10.1093/humupd/dmac030. https://academic.oup.com/humupd/article/29/1/95/6651121[↩]
- European Association of Urology. EAU Guidelines on Sexual and Reproductive Health: Male Infertility. Arnhem: EAU Guidelines Office; 2025. https://uroweb.org/guidelines/sexual-and-reproductive-health/chapter/male-infertility[↩]
RESSOURCES DOCUMENTAIRES POUR ALLER PLUS LOIN
Essai sur la fonction du couple, ses attentes affectives, sexuelles et sociales, et les transformations des liens conjugaux.
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