Infections sexuellement transmissibles (IST) et sexualité

Cours du Dr Fatima YASSIR, modifié et mis à jour par Dr Arnaud ZELER
Note importante

Cet article reprend une retranscription initiale d’un cours magistral tenu à l’oral dans le cadre du Diplôme Inter Universitaire de Sexologie.

Il a été relu, corrigé et actualisé le 19 juillet 2026 par Dr Arnaud ZELER avec des recommandations récentes et des sources scientifiques citées dans le texte.

Le contenu intègre les données médicales et terminologiques actuelles.

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Infections sexuellement transmissibles et sexualité

Une infection sexuellement transmissible, ou IST, est une infection transmise principalement lors de contacts sexuels. Elle peut être bactérienne, virale ou parasitaire. Une IST peut rester asymptomatique, donner des manifestations localisées ou avoir des conséquences génitales, obstétricales, néonatales ou générales. Le dépistage, le traitement adapté et l’information des partenaires participent à limiter les complications et les transmissions.1

  • L’absence de symptôme ne permet pas d’écarter une IST.
  • Le dépistage s’organise selon les pratiques et les sites exposés : génital, urinaire, rectal, pharyngé ou oculaire selon la situation.
  • Une PCR, appellation usuelle d’un test d’amplification des acides nucléiques, recherche les bactéries ou protozoaires ciblés sur le prélèvement approprié.
  • Les préservatifs et les digues dentaires, la vaccination contre l’hépatite B et le HPV, le dépistage, le traitement des IST et la prévention du VIH se complètent.
  • Un diagnostic d’IST mérite un temps consacré aux symptômes, aux partenaires, à la prévention et au vécu sexuel.

Symptômes qui doivent faire évoquer une IST

Une consultation rapide est indiquée devant un écoulement urétral ou vaginal inhabituel, des brûlures urinaires, une douleur pelvienne, une douleur testiculaire, des lésions génitales, une éruption cutanée, des démangeaisons persistantes, un saignement après les rapports ou un saignement inhabituel. Une atteinte rectale peut associer douleur, prurit, ténesme, écoulement ou saignement ; une atteinte pharyngée est souvent asymptomatique. Ces signes peuvent avoir d’autres causes, mais ils justifient un examen clinique et des prélèvements adaptés.

Écoulements, brûlures et douleurs

Un écoulement urétral, une dysurie ou une méatite peuvent évoquer une urétrite, notamment liée au gonocoque, à Chlamydia trachomatis ou à Mycoplasma genitalium. Chez une personne ayant un vagin ou un col de l’utérus, les leucorrhées anormales, la cervicite, les douleurs pelviennes ou la dyspareunie nécessitent d’envisager une IST, une vaginose bactérienne, une candidose vulvovaginale ou une autre cause gynécologique.

Lésions génitales ou anales

Une vésicule, une érosion, une ulcération, une plaque, une verrue ou une tuméfaction génitale, anale ou orale demande une description clinique précise et, si nécessaire, un prélèvement. Les diagnostics incluent notamment l’herpès génital, la syphilis, la lymphogranulomatose vénérienne, les condylomes liés au papillomavirus humain et, plus rarement en France, le chancre mou ou la donovanose.

Prurit et manifestations extra-génitales

Un prurit pubien ou génital peut être lié à une gale ou une phtirose. Certaines IST se manifestent aussi hors de la région génitale : conjonctivite, douleur oculaire, éruption cutanée, atteinte palmo-plantaire, douleurs articulaires, fièvre ou symptômes généraux. Une atteinte oculaire aiguë, une douleur testiculaire intense, une douleur pelvienne avec fièvre, une éruption diffuse ou une altération de l’état général nécessitent une évaluation sans délai.

Diagnostic et dépistage

L’entretien précise les symptômes, les pratiques, les sites anatomiques exposés, les dates utiles, les traitements déjà reçus et les partenaires à informer. L’examen clinique est proposé lorsqu’il peut répondre à une question clinique. Il doit toujours être expliqué, consenti et réalisé dans des conditions respectueuses. Le choix des prélèvements suit les sites exposés et l’anatomie présente. Chez une personne sans symptôme, la stratégie de dépistage dépend de l’âge, des partenaires, des pratiques, d’une grossesse, d’un antécédent d’IST, d’une exposition récente ou d’un projet d’arrêt du préservatif.

En France, les prélèvements moléculaires sont couramment désignés comme des PCR. Dans les recommandations, la PCR appartient aux tests d’amplification des acides nucléiques. Un résultat positif identifie l’agent recherché sur un site donné ; il ne permet pas, à lui seul, de dater la contamination. Les sérologies complètent le bilan pour le VIH, la syphilis et les hépatites selon la situation. Les modalités pratiques du dépistage sans ordonnance, en laboratoire ou en CeGIDD sont précisées par l’Assurance Maladie.2

En 2024, les données françaises ont recensé 3,4 millions de personnes dépistées pour Chlamydia trachomatis, 3,7 millions pour la gonococcie et 3,7 millions pour la syphilis. Les diagnostics rapportés étaient d’environ 61 100 infections à Chlamydia trachomatis, 25 800 gonococcies et 6 500 syphilis. Ces chiffres reflètent à la fois la circulation des infections et l’augmentation de l’activité de dépistage.3

Prévention et prise en charge

La prévention associe les préservatifs externes ou internes et les digues dentaires selon les pratiques, la vaccination contre l’hépatite B et le HPV, le dépistage adapté, le traitement rapide des IST, l’information des partenaires et, pour le VIH, la prophylaxie pré-exposition ou le traitement post-exposition lorsqu’ils sont indiqués. Les méthodes de contraception non barrières ne protègent pas des IST. Le choix d’une stratégie de prévention tient compte des pratiques, de l’anatomie, du contexte relationnel et des préférences de chaque personne.4

Le traitement doit être spécifique de l’infection identifiée ou fortement suspectée. Les partenaires actuels peuvent nécessiter une information, un dépistage et parfois un traitement concomitant. Les détails diagnostiques et thérapeutiques figurent dans les chapitres consacrés au gonocoque, à Chlamydia trachomatis, à Mycoplasma genitalium, à la syphilis, à l’herpès, au HPV et aux autres IST. Une automédication antibiotique, antifongique ou antiparasitaire répétée peut retarder le diagnostic et exposer à des effets indésirables ou à une résistance aux traitements.

Retentissement sexuel, relationnel et reproductif

Une IST peut modifier le désir, l’excitation, le plaisir, l’image corporelle et la confiance sexuelle. La douleur, les lésions, les sécrétions, la crainte de transmettre l’infection ou d’en parler à un partenaire peuvent conduire à éviter les rapports ou à les vivre avec inquiétude. Le soin inclut un temps pour les symptômes, le traitement, la prévention, les partenaires et la reprise de la sexualité. L’objectif est de fournir une information exacte sans jugement, en respectant le rythme et les décisions de la personne.

Les IST peuvent aussi avoir des conséquences sur la fertilité, la grossesse et le nouveau-né. Les infections ascendantes à Chlamydia trachomatis ou au gonocoque peuvent être associées à une maladie inflammatoire pelvienne et à une infertilité tubaire. La syphilis et l’infection à VIH nécessitent une prise en charge spécifique pendant la grossesse. La vaccination HPV et le dépistage du cancer du col de l’utérus restent essentiels pour prévenir les cancers associés au HPV.

Quand consulter rapidement ?

  • Devant une douleur pelvienne aiguë, une douleur ou un gonflement testiculaire, une fièvre, une éruption diffuse, une atteinte oculaire, une ulcération importante ou une altération de l’état général.
  • Après une exposition au VIH récente, afin d’évaluer l’indication d’un traitement post-exposition dans les délais utiles.
  • En cas de grossesse, de symptômes chez un nouveau-né ou de suspicion de violence sexuelle, avec orientation médicale spécialisée lorsque nécessaire.
  • Lorsque les symptômes persistent après un traitement ou réapparaissent rapidement.

Livres utiles

Certains liens peuvent être des liens affiliés. L’achat est facultatif et n’est jamais nécessaire à une prise en charge médicale.

Références

  1. Santé publique France, Infections sexuellement transmissibles, mise à jour le 28 novembre 2024[]
  2. Assurance Maladie, Dépister les IST, 4 juin 2026[]
  3. Santé publique France, VIH et IST bactériennes en France. Bilan 2024[]
  4. Assurance Maladie, Prévenir les IST, 5 mars 2026[]

Un commentaire sur “Infections sexuellement transmissibles (IST) et sexualité

  1. dembele dit :

    Je suis ravi des cours

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