VIH et sexualité : les repères actuels de prévention

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La prévention de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) associe le dépistage, le traitement des personnes vivant avec le VIH, la prophylaxie pré-exposition (PrEP), le traitement post-exposition (TPE), les préservatifs externes ou internes, la vaccination contre l’hépatite B et la mise à disposition de matériel d’injection à usage unique. Dans une consultation de prévention, l’évaluation porte sur les pratiques sexuelles, les sites anatomiques exposés, les expositions au sang, le statut virologique connu des partenaires et les moyens de prévention déjà utilisés.

Le traitement d’une personne vivant avec le VIH, la PrEP prise avant une exposition et le TPE instauré après une exposition récente répondent à des situations différentes. Les recommandations précisent leurs indications et leurs modalités de suivi.12

Indétectable = intransmissible : le traitement comme prévention

Le message « indétectable = intransmissible », souvent abrégé I=I, concerne la transmission sexuelle du VIH. Une personne vivant avec le VIH qui reçoit un traitement antirétroviral depuis au moins six mois et dont la charge virale est inférieure à 50 copies/mL, documentée dans les six derniers mois, ne transmet pas le VIH lors des rapports sexuels. Dans cette situation, un TPE n’est pas indiqué après une exposition sexuelle avec cette personne.23

Cette information dépend d’un suivi biologique régulier. Elle ne renseigne pas sur la prévention des autres infections sexuellement transmissibles, de l’hépatite C ou d’une grossesse. Le choix d’un préservatif, d’un dépistage ou d’une contraception reste lié aux pratiques et aux projets de chaque personne.

La PrEP : prévenir une exposition au VIH

La prophylaxie pré-exposition, ou PrEP, repose sur la prise d’un traitement antirétroviral avant une exposition au VIH par une personne dont la sérologie VIH est négative. En France, tout médecin peut la prescrire. La Haute Autorité de santé recommande de la proposer à toute personne exposée à un risque élevé d’acquisition du VIH, dans le cadre d’une décision partagée. Les indications les plus fréquentes comprennent les rapports anaux sans préservatif avec plusieurs partenaires, un partenaire vivant avec le VIH dont la charge virale n’est pas durablement indétectable et le partage de matériel d’injection.1

Avant l’initiation, une sérologie VIH datant de moins de quinze jours est requise. En cas d’exposition très récente ou de signes compatibles avec une primo-infection, une recherche de l’acide ribonucléique du VIH, ou ARN VIH, permet d’écarter une infection déjà acquise. Le bilan évalue la fonction rénale, le statut vis-à-vis des hépatites, les vaccinations et les autres infections sexuellement transmissibles. La grossesse et l’allaitement ne contre-indiquent pas la PrEP orale par ténofovir disoproxil fumarate et emtricitabine, qui s’administre alors en schéma continu. Le premier suivi a lieu un mois après l’initiation, puis tous les trois à six mois pour la PrEP orale ; le calendrier de la PrEP injectable est spécifique.1

PrEP orale en schéma continu

La PrEP orale associe le ténofovir disoproxil fumarate et l’emtricitabine, abrégés TDF/FTC. En schéma continu, la première prise comporte deux comprimés, puis un comprimé est pris chaque jour. Après la dernière exposition, la durée de poursuite dépend des pratiques : sept jours après un rapport vaginal réceptif, deux jours après un rapport anal. En cas d’hépatite B chronique, seule la prise continue est indiquée et l’arrêt doit être discuté avec le médecin qui suit la personne.1

PrEP orale en schéma discontinu

Le schéma discontinu est réservé aux hommes cisgenres et aux personnes trans ayant exclusivement des rapports anaux, en l’absence d’hépatite B chronique. Il commence par deux comprimés pris entre deux et vingt-quatre heures avant la première exposition. Un comprimé est ensuite pris vingt-quatre heures puis quarante-huit heures après la première prise. Lorsque les rapports se prolongent au-delà de vingt-quatre heures, un comprimé par jour est poursuivi jusqu’à quarante-huit heures après la dernière exposition. Ce schéma ne convient pas aux rapports vaginaux réceptifs.1

PrEP par cabotégravir à action prolongée

Depuis février 2026, le cabotégravir injectable à action prolongée est commercialisé en France sous le nom d’Apretude. Il est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie dans son indication depuis le 2 mars 2026. La Haute Autorité de santé le retient comme une alternative de deuxième intention lorsque la PrEP orale ne peut pas être utilisée, notamment en cas d’insuffisance rénale. Il est indiqué pour réduire le risque de transmission sexuelle du VIH chez les adultes et les adolescents d’au moins 35 kg exposés à un risque élevé.451

Le traitement comporte deux injections intramusculaires à un mois d’intervalle, puis une injection tous les deux mois. Avant l’initiation, une recherche d’ARN VIH est recommandée dans les sept jours précédents. Le suivi associe une recherche d’ARN VIH au premier mois, puis tous les deux mois jusqu’à la cinquième injection, au septième mois, puis tous les quatre mois.1

Le TPE : agir après une exposition récente

Le traitement post-exposition, ou TPE, relève d’une évaluation médicale urgente après une exposition sexuelle ou sanguine. Son indication dépend du type de rapport ou de contact sanguin, du délai écoulé et du statut VIH connu ou non de la personne source. Une pénétration anale ou vaginale avec une personne vivant avec le VIH dont la charge virale est détectable constitue habituellement une indication. Lorsque le statut VIH de la personne source est inconnu, la décision tient compte de la nature de l’exposition et des facteurs épidémiologiques documentés. Les rapports oro-génitaux ne justifient habituellement pas de TPE.2

Le TPE doit être commencé dès que possible, idéalement dans les quatre heures suivant l’exposition. Il n’est plus indiqué au-delà de quarante-huit heures. Les services hospitaliers, les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic et les centres de santé sexuelle d’approche communautaire peuvent le prescrire ; en dehors de leurs horaires, les services d’urgence l’initient. Le bilan biologique initial ne doit pas retarder le début du traitement.2

Lorsqu’il est indiqué, le TPE associe trois antirétroviraux pendant trente jours. Après chaque TPE prescrit hors exposition parentérale professionnelle, la consultation de suivi doit aborder l’indication d’une PrEP. Lorsqu’elle est indiquée, celle-ci peut débuter dès la fin du TPE.2

Prévention combinée et vie sexuelle

Le traitement antirétroviral efficace, la PrEP et le TPE ciblent la transmission du VIH. Les préservatifs externes ou internes, le dépistage régulier des infections sexuellement transmissibles, la vaccination contre l’hépatite B et les papillomavirus humains, ainsi que le matériel d’injection à usage unique répondent à d’autres risques. Les moyens de prévention sont choisis avec la personne en fonction de ses pratiques, de ses partenaires, de son projet de grossesse et de ses priorités.1

La peur de transmettre ou d’acquérir le VIH peut modifier l’usage des préservatifs, le désir, la manière d’envisager les rapports et la relation avec le ou les partenaires. I=I, la PrEP et le TPE permettent de situer le risque à partir de données objectives. Une difficulté sexuelle, une douleur ou un évitement persistant appellent une évaluation propre, y compris lorsque le risque infectieux est maîtrisé.

Références

  1. Haute Autorité de santé. Traitement préventif pré-exposition de l’infection par le VIH. Recommandation de bonne pratique, mise en ligne le 6 août 2024, validée le 6 février 2025. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3536524/fr/traitement-preventif-pre-exposition-de-l-infection-par-le-vih[][][][][][][][]
  2. Haute Autorité de santé. Traitement préventif post-exposition au VIH. Recommandation de bonne pratique, août 2024. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3536535/fr/traitement-preventif-post-exposition-au-vih[][][][][]
  3. ONUSIDA. Indétectable = intransmissible : santé publique et suppression de la charge virale du VIH, 2024. https://www.unaids.org/fr/resources/documents/2024/undetectable-untransmittable[]
  4. Service-Public.fr. La PrEP injectable, traitement préventif contre le VIH, arrive en France, 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18853[]
  5. Arrêté du 18 février 2026 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux assurés sociaux. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053580661[]

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